‹ L'Egypte et les Franciscains [microforme]Chapitre 31 sur 37 · TITRE · texte numérisé non relu

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Musulmans des Schismatiques et des Juifs.

Quelques exemples suffiront également pour prouver combien il a fallu de patience aux Gardiens des Saints-Lieux pour endurer ces Avantes, qui étaient de tous les jours.

Vers la même époque où Sélim fit la con:

quête de Jérusalem, nos Pères du Saint Cénacle étaient en butte aux plus odieuses vexations de la part des Juifs et des Musulmans. On portait contre eux, à Cunstantinople, les accusations les plus rilicules, comme celle d’avoir des dépôts d'armes.

avec la perspective d'appeler les Francs à leur secours, pour transformer leur couvent en citadelle, d’où, dominant la Ville, ils pourraient facilement s’en rendre maîtres et la livrer aux chrétiens! Souvent le Grand Turc les condarnnait sans même les entendre ; et finalement, après des Avantes intolérables, les Franciscains furent expulsés pour toujours de leur couvent, et l’auguste Sanctuaire fut converti en une mosquée Turque, comme il l’est encore aujourd’hui.

Les Grecs, de leur côté, essayèrent d’obtenir, ay très Saint Sépulcre et dans la

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Turcs avaient obtenu sur le mont Sion. Le Père Custode de Terre-Sainte avait fait, vers ce même temps, une restauration à la Coupole du Saint Sépulcre et à la Pierre de l’'Onction : les Grecs (schismatiques) accusèrent les Franciscains d’avoir volé cette Pierre, d’avoir volé le Tombeau de Notre- Seigneur ; et, accusation inouïe, d’avoir volé... Ze corps de la Sainte Vierge, après l'avoir vendu au Pape de Rome ! Ces choses doivent paraître invraisemblables à ceux qui les lisent ; et cependant, malgré son odieuse absurdité, cette accusation coûta aux Franciscains des sommes fabuleuses !

L'hospitalité même éxercée par les Franciscains était pour eux une occasion de nouvelles avanies de la part des Musulmans.

Un jour, au couvent de Jérusalem, un haut dignitaire Turc se présentait avec une grande suite pour prendre sun dîner, chez les Franciscains, ce qui occasionnait aux pauvres Religieux de grands embarras et des dépenses considérables. Vers le milieu du repas, un employé subalterne feint d’avoir yn message important à com-

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muniquer à Son Excellence. Il est admis auprès de sa personne et il lui dit :

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citerne dans laquelle un Religieux, à desséin, a laissé tomber un c#af /....” Or-

dre est donné sur champ d'arrêter ce Reli-

gieux, et de le jeter en prison, avec menaces de mort....Et c'est ainsi que cent ét mille fois les Turcs payèrent aux pauvres Franciscains une très dispendieuse hospitalité qu'ils étaient obligés de leur donner ! |

‘Une Avanie, avons-nous dit, était suivie d'autres Avanies.

Un jour, c'était un caloyer grec qui porta à deux reprises un cadavre dans le jardin de nos Pères à Bethléem, afin de les faire passer pour homicides. Et il y eut alors des avanies tellement nombreuses que l'on dut, en une seule année, recourir jusqu’à sept fois au Sultan lui-même contre les exactions de

ses subalternes.

Une autre fois c'est le Cadi (1) qui fait

(1) C'est le Juge, établi pour rendre la Justice ! Le Cadi et le Pacha, sont encore les deux plus hauts dignitaires Turcs de la ville de Jérusalem.

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renverser le four (où nous cuisons chaque jour plusieurs centaines de livres de pain pour nos pauvres), avec l’infirmerie de notre Couvent de Jérusalem qu'il disait être une forteresse capable de recevoir jusqu'à dix mille hommes. Il fait murer la porte du Çouvent, et les Religieux n'ont plus d'autre sortie que par la fenêtre.

Plus tard, un autre Cadi de Jérusalem persécute affreusement les chrétiens et renouvelle l’ancienne Loi qui fixe la couleur de leurs vêtements, leur défend & rester assis en presence d'un Musulman.... Loi odieuse et vexatoire qui, jusqu’à la dernière guerre de Crimée, était restée en vigueur dans bien des localités, comme dans les grandes villes d'Alep, de Damas.

Jusqu'à l’année 1756, c'est-à-dire pendant plus de cinq cents ans, les Franciscains avaient été en butte à une autre vexation vraiment intolérable, Jusque-là, ils n'avaient jamais eu le droit de faire les réparations nécessaires à leurs Couvents et autres Résidences. Ils faisaient bien de leur mieux, secrètement et de nuit, quelques réparetions à l’intérieur, mais à l'extérieur cela n'était

pas possible, Finalement ils obtinrent, à force d'instances et à des prix fabuleux, la . permission de faire les réparations les plus . urgentes aux terrasses des quatre Couvents de Judée, et du Sépulcre de la . Ste Vierge. | On était à l'époque de la grande Révolution. De nouvelles tribulations attendaient “les. Gardiens des Sanctuaires. En 1798, Bonaparte entre en Egypte ; et aussitôt 80 soldats Turcs sont mis de garde à notre : Couvent de Jérusalem, et l’on ameute les . Musulmans contre les chrétiens. Le Procureur- Général de Terre-Sainte et un autre ‘Religieux sont jetés en prison. La populace LL envahit l: Couvent et le met au pillage. Les LL Religieux qui veulent fuir sont pris et enfermés dans la Basilique du Saint Sépulcre pour y être br#lés vifs, si Bonaparte avance sur Jérusalem. Quand il arrive à Jaffa, tous les chrétiens sont enfermés avec eux, durant -deux mois et demi, dans la même église du Saint Sépulcre.. Un ordre de Constantinople délivre les schismatiques Arméniens et Grecs; mais les catholiques, Laïcs et Reli- : gieux, ne sont délivrés que moyennant une

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rançon de soixante mille piastres turques, à payer par les Franciscains.

L'Europe n'envoyait plus d’aumêônes. Nos Pères restés sans ressources se virent forcés d'emprunter sur gages. N'ayant plus de crédit, ils voyaient approcher l'heure où ils devraient quitter l'Orient, en abandonnant les Sanctuaires. La nourriture était rationée ét se bornait à un simple plat de fêves par jour. Dans cette extrémité, les Supérieurs permirent à tous les K::ligieux de retourner dans leur patrie, s'ils ne se sentaient pas assez de force pour : 1pporter vue privation si grande, Zous restèrent. \.1 divine Providence veillait sur eux : les secours arrivèrent (1).

Qu'il nous soit permi:, en terminant, de dire un mot de l

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