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LA SAINTE FAMILLE: FUITE EN EGYPTE

E premier et le plus précieux de nos souvenirs de l'Egypte, c’est celui de la Sainte Famille, fuyant la terre de Juda, devant la persécution du cruel Hérode, et séjournant ensuite dans l'antique terre des Pharaons, alors toute remplie d’affreuses idoles.

Le Lacie n nous pardonnera, dans son indulgence, de rappeler ici ce qui est resté dans notre mémoire de ce voyage douloureux et sur les détails duquel, avec le silence absolu de l’Evangile, nous n’avons qu’une simple Tradition et de pieuses Légendes,

Les Pères de l'Eglise, on le sait, et les Commentateurs de nos Saints Livres, ne sont pas d'accord, ni sur le lieu, ni sur l’époque du départ de la Sainte Famille, dans sa fuite en Egypte. Tes uns, et ils sont nombreux, s’appuyänt'sur le texte de saint Luc, la font partir de Nazareth: d’autres avec saint Augustin, la font partir immédiatement de Jérusalem.

Pour nous, avec la Tradition locale, nous adoptons humblement le sentiment de ce grand Docteur et nous invitons nos pieux Lecteurs à nous accompagner en esprit à l’église de la Présentation d’où nous suivrons la Sainte Famille, dans le chemin de l'exil. Si cn aimait mieux revénir à Bethléem, après la Purification, et mettre là l'apparition nocturne de l’ange à Joseph, ainsi que le représente le beau tableau, vrai chefd'œuvre de l’art, placé dans son sanctuaire, rien ne s’opposerait à cette pieuse croyance. Jérusa-" lem'et Bethléem se touchent et nous croirions toujours avec saint Augustin que c’est non de la Galilée, mais bien de la Judée, que la Sainte Famille ‘partit en exil pour la terre d'Egypte. Le récit de l'Evangile qui doit nous sanctifier partout, puisque c’est la Parole de vie, laisse dans notre âme une impression singulièrement! profonde, lofsqu'en le relisant on peut dire: c’est ici, ici même que se sont accomplies ces grandes choses !

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ici, ici hoses !

C'est donc #, près de l'emplacement du temple détruit, sur ce rocher béni, que le Vieillard Siméon prit dans ses bras le divin Enfant qu'il reconnut pour le Consolateur après lequel il soupirait depuis longtemps, et que bénissant Dieu, il entonna le sublime cantique : Munc dimittis... C'est 4? que le Père et la Mère de Jésus étaient dans l’admiration des choses merveilleuses que l'on disait de lui: ## que le saint Vieillard les bénit, relevant par ses louanges la grâce que Dieu leur avait faite, et qu’il dit à Marie sa Mère : ‘Cet Enfant que vous voyez est pour la ruine et la résurrection d’un grand nombre dans Israël, et Dieu l’a mis en ce monde pour être en butte à la contradiction. Et vous, Mère de cet Enfant, vous aurez le cœur percé d’un glaive / ” Et là où les autres ‘mères trouvent la plus douce joie: Marie ne trouva que la douleur, comme elle le révéla plus tard à sainte Mechtilde : “ Toute ma vie, à ces paroles, se changea en un océan de douleur.” Une douleur succèdera désormais à une autre douleur. Dieu nous ayant donné Marie comme modèle de la perfection, dit un grand Docteur de l'Eglise, il était nécessaire qu'il la comblât de tribulations afin que nous puissions admirer et pratiquer son héroïque patience !

Après le départ des Mages (et la Purification au Temple) un ange, continue le Saint Evangile,

un ange du Seigneur apparut, dans son sommeil, à Joseph et lui dit: Levez-vous, prenez -J’Enfant et sa Mère et fuyez en Egypte...... Admirez ici avec nous, pieux Lecteur, l’obéissance de Joseph. Quelle promptitude dans la volonté ! A la voix de l’ange, il se lève, prend l'Enfant et sa Mère. Et quelle soumission dans le jugement ! Il part, la nuit même, pour l'Egypte. Il part, sans préparatifs, sans provisions, pour un voyage long, difficile, semé de mille périls, dans la nuit, par des chemins inconnus et vers un pays idolâtre ! O bon saint Joseph, partant pour l'exil, avec cette admirable résignation à la volonté divine, soyez donc notre guide, dans cette vallée de larmes, et après cet exil de la terre, montrez-nous Jésus et Marie dans la véritable patrie, dans la Terre des Vivants !

Nos Saints Livres, avons-nous dit, gardent un silence absolu sur les détails de ce douloureux voyage. Nous n'avons que de pieuses conjectures, quelques pieuses traditions, de pieuses légendes. Le Docteur séraphique, avec son âme si tendre et si compatissante, fait la description de l’exil de la Sainte ‘‘amille, et son récit fait tant de bien à ceux qui le lisent. Comme une biche timide, dit un autre Docteur, en parlant de la sainte Vierge, frappée d’un dard acéré, porte sa blessure partout où elle va, ainsi Marie

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ni porte dans son cœur le glaive qui l’a transpercé nez à la prophétie du vieillard Siméon. Oui cette Que Mère si jeune, si tendre, si délicate, pressant Éis- dans ses bras son Enfant qui vient à peine 5 la de naître, comprend dès‘ lors que la prophétie end . de Siméon commence à se vérifier.

dans Quand le pèlerin suit l’ancienne voie romaine ypte. qui conduisait de Jérusalem à la plaine de Saron, pour et dont le tracé en plus d’un endroit est encore érils, très visible, il arrive après une distance de t vers soixante stades à l'antique bourgade d'Emmaüs artant où les deux disciples reconnurent leur divin

tion à | Maître à la fraction du pain: la Sainte Famille dans . a-t-elle passé par là, et y at-elle fait une première de la halte ? Ni la tradition, ni la légende ne nous en a véri- | disent rien, Après une marche d’une longueur

sensiblement égale à la première, l’on arrive à ardent un pauvre village musulman, nommé e/-Zafroun oulou- (le village du bon Larron) : il se trouve sur le

bord de la nouvelle route tarossable de Jérusalem à Jaffa. Les archéologues modernes voudraient l'identifier, ainsi que les ruines voisines d’une antique basilique romaine, avec l’ancienne Nico- | polis, ou l’'Emmaüs de la plaine. Ici nos illustres e une exilés s’arrêtèrent : c'était à l'entrée de la nuit. parlant Ils frappent timidement à la porte d’une pauvre acéré, maison, ou plutôt d’une caverne. C'était une caverne de voleurs: mais les voleurs étaient

absents. Une femme se présente et offre son pauvre logis aux étrangers qui l’acceptent. Cette femme était mère; elle aussi avait un petit enfant qui attirait l'attention par sa grande blan-. cheur : c'était la blancheur de la lèpre. Marie, Mère de Jésus, demanda un peu d’eau pour laver son Enfant, et lui donner un peu de rafraichissement, après les grandes fatigues de cette journée. La gardienne de la caverne, entre-temps, observe attentivement ses hôtes, et elle remarque, Dieu le permettant ainsi, quelque chose d’extraordinaire dans tout leur être : le Petit exilé avait particulièrement attiré son attention, et quand sa Mère a fini de le laver et de l’essuyer, elle

. prend cette même eau et elle en lave son propre enfant : la lèpre disparaît à l'instant même. Cet enfant grandit et fut associé, par son père aux autres brigands dont lui-même était le chef. Le petit Enfant exilé grandit aussi, et un jour ces enfants devenus grands se rencontreront dans une circonstance, la plus solennelle qui fut jamais. Ils se rencontreront, le Vendredi Saint, tous deux cloués sur une croix ! Dismas, c’est le nom du malfaiteur, s'adressant du haut de sa croix au Sauveur du monde sur le sommet du Calvaire lui. dira: ‘ Souvenez-vous de moi, Seigneur, quand vous serez entré dans votre royaume.” Et

. Jésus lui répondra : “ En vérité, je vous le dis,

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