ORNEMENT DE PORTE : MOSQUÉE DE SHAABAN
novembre 1348 à janvier 1349, enleva chaque jour des milliers de victimes. Cette épidémie de « mort noire » se répandit de Constantinople sur l'Italie, sur l'Espagne, sur la France, sur l’Allemagne; elle paraît être venue aux bords du Nil par la Chine, la Tartarie, la Mésopotamie et la Syrie. Ce n’était pas aux hommes seuls, c'était à tout ce qui avait vie, même aux plantes, que
DÉBRIS D'ÉDIFICE DU TEMPS DES MAMELOUKS, ENCASTRÉS DANS UNE'FONTAINE MODERNE.
s’attaquait le poison de cette maladie épouvantable. Les bubons se manifestèrent sur la plupart
des animaux domestiques, et aussi sur les lièvres; les cadavres d'innombrables poissons flottèrent à la surface du Nil: les dattes, sur les palmiers, se remplirent de vers et devinrent immangeables. En deux mois, on enterra 900,000 personnes à Fostât et au Caire : on dit que, dans ce temps de morts soudaines, certaines propriétés foncières changèrent sept où huit fois de maître par
héritage.
À lire la description que fait Makrizi du passage de cette épidémie, on ne se rappelle que trop la plaie épouvantable qui frappa le peuple de Pharaon, avant l’Exode des Juifs. Le même ange exterminateur, qui tua jadis les premiers-nés, vola de maison en maison sur les deux rives
du Nil : aussi croyons-nous que c’est ici, plus que partout ailleurs, l'occasion de montrer à nos
lecteurs le tableau où Alma Tadema représente une mère égyptienne et son fils mourant, pendant la dernière des plaies.
On comprend malaisément, après ces jours d’épouvante où les champs restèrent sans laboureurs, les maisons sans serviteurs, les altérés sans porteurs d’eau, ceux qui avaient besoin d'habits et de mobilier sans artisans; où chaque bien avait baissé de prix, que le sultan Hassan ait trouvé les moyens et la force nécessaires à édifier un temple qu'on vante, à raison, comme l'effort