LA CHANTEUSE FAVORITE DU SULTAN
construire des édifices de grand style. Sans parler de plusieurs autres temples, la belle mosquée qui porte son nom dans la rue el-Ghouriyèh, et la fontaine-école située vis-à-vis, lui doivent d'exister. Il fit établir de nouvelles citernes et de nouveaux caravansérails sur la route des pèlerins de la Mecque; il entoura de constructions la citadelle du Caire, et traça, au pied de la colline qu’elle domine, un grand jardin planté d'arbres et de fleurs apportés de Syrie à grands frais. — Son costume et son armure étaient du plus haut prix, le harnachement de ses chevaux de sang était à la fois brillant et d’un goût exquis : il ne mangeait que dans de la vaisselle d’or. Les fils du sultan Nâsir avaient déjà comblé de richesses Anfak, la chanteuse la plus belle et la plus célèbre de leur temps. Cette femme remarquable avait été la favorite de trois sultans l’un après l’autre, et les perles et les pierreries dont les frères royaux avaient orné son turban, représentaient une valeur de 100,000 dirhem.
Kansouëh el-Ghouri, lui aussi, avait la main ouverte pour les chanteurs et pour les chanteuses, comme pour les musiciens et pour les poètes. Les conteurs avaient toujours, dit-on, le libre
accès de sa personne. Aussi bien, quel temps et quelle contrée étaient plus propres à faire
naître dans leur imagination des créations toujours nouvelles que cette terre d'Égypte, où la
Lait