BARQUE DE PÊCHEURS SUR LE LAC D
ENZALÉU,
Et pourtant, après avoir été en rapport avec ces hommes simples et bizarres, on ne peu s'empêcher de songer à eux avec complaisance. Je les vois devant moi ces formes trapues qui, à Matariyëh, s’attroupaient avec l'étranger autour du grand feu de charbons; je vois devan moi. les figures élancées des femmes qui accompagnaient un mort en se lamentant, et il me
£ . se , semble que, nulle part dans toute l'Égypte, je n'ai rencontré race plus belle. Nulle part dans
les États du khédive on ne trouve visages plus mâles, traits où se reflète mieux le sentimen de la valeur personnelle, que ceux des descendants des Hyksos. On les appela d’abord Amou, comme tous les Asiatiques de race sémitique, au temps des Pharaons, et plus tard Biamites (Pi-amou). Encore au neuvième et au dixième siècle de notre ère, ils donnaient fort à faire aux califes Merwân IL et Mâmoun. Le nom de Malakiyin, qu'ils s'attribuent à eux-mêmes,
leur vient du temps où ils appartenaient à la chrétienté. Tandis que les autres Égyptiens se
Écvrre, I. 3?
ralliaient à la doctrine d'Eutychès, les simples Biamites restèrent fidèles à la croyance orthodoxe et s’appelèrent HMelkites, « royaux, ou sujets de César. » Ils demeurèrent insoumis aux Français; c’est depuis peu de temps, depuis quelques années seulement, que les autorités s’'aventurent à prendre leurs fils pour le service militaire. Vers l'Orient, la création du canal de Suez à donné au lac Menzaléh une limite nouvelle et, pour ainsi dire, tracée au cordeau.
Tournons-nous maintenant à l’ouest. Dans les environs de Damiette (Damyàt), à l'embouchure de l’ancienne branche Phatnitique, aujourd'hui bras de Damiette, nous trouvons une contrée plate et unie comme tout le Delta, mais qui pourtant présente beaucoup de traits particuliers. Et d’abord, l'Européen remarquera les champs de riz nettement tracés : on les cultive ici de préférence en septembre et en octobre. Cette espèce de céréales n'était pas tout à fait inconnue des Égyptiens, au temps des successeurs macédo-