CARRIÈRES DE TOURAH
du Caire, dans la chaîne du Mokattam, nous apprendraient qu'ici vivait jadis le plus bâtisseur de tous les peuples. Les architectes des Pharaons s’enfoncèrent profondément dans le ventre de ces montagnes en nummulite compacte de la vieille époque tertiaire, pour y trouver la pierre sans défaut dont ils avaient besoin, et il est évident que les couloirs, les chambres, les salles qu'ils y creusèrent, répondent au volume des pyramides : aussi bien, tous les matériaux employés, à l'exception des plaques de revêtement en granit, ont-ils été extraits de ces carrières. Tourah s'appelait en égyptien Toroue. Le mot rappela le son de Troja aux oreilles des Grecs : ils donnèrent à la localité le nom de Troie, et, comme ils y trouvèrent au travail des prisonniers de guerre asiatiques, ils imaginèrent incontinent que c’étaient là les descendants des Troyens que Ménélas avait laissés sur les bords du Nil, quand, au retour, il visita l'Égypte avec Hélène reconquise.
Aujourd'hui encore on extrait beaucoup de pierres des carrières antiques pour les constructions du Caire. Les blocs et les plaques ne sont plus transportés à destination par des masses
d'hommes attelés à des traîneaux posés sur des rouleaux mobiles, mais par des chevaux et des locomotives qui circulent sur des rails de fer; néanmoins, bien des choses encore nous rappellent les anciens temps, ne fût-ce, peut-être, que la forme des balances au moyen des-
quelles on pèse les matériaux.