‹ L'Égypte, son avenir agricole et financier; notes et documents sur laChapitre 16 sur 38 · MAXIMUM · texte numérisé non relu

MAXIMUM

« Moyenne b — 268 jours; ç =: 2"»,58; d == 3»42,

(c Le minimum d'eau qu'il était projeté de fournir aux (( canaux de Ménoufieh et de Cherkieh par les canaux h (( niveau élevé décrit dans mon rapport était de 300 mètres (( cubes par seconde ; et le canal de Béhéré, après avoir (( été agrandi, devait en porter une quantité additionnelle (( d'au moins 50 mètres cubes. Il fut démontré à cette « époque que ces quantités équivalaient à une alimen* (( tation journalière de 7 mètres cubes pour chaque feddan « cultivé et cultivable dans la basse Egypte ; et aussi que (( la moyenne de la quantité d'eau fournie pendant la « période des basses eaux serait augmentée jusqu'à con- « currence de 10 mètres cubes par feddan.

(( La quantité d'eau qui devra être pompée à la hauteur « arrêtée dans le tableau précédent devra être supputée (( de 200 mètres cubes par seconde, même si le canal de « Béhéré est agrandi d'après le plan décrit dans le rapport « de l'année passée.

« Ce système ne serait pas aussi coûteux que .le système « équivalent de machines à pomper ; et conséquemment, « dans le devis comparée actuel nous admettrons que le « canal de Béhéré sera grandi au coût capital de £. 370,500 « (9,262,500 francs), suivant détails donnés dans monrap- « port, et que les canaux de Ménoufieh et de Cherkieh « seront alimentés chacun à raison de 400"^ par seconde « à la hauteur voulue, au moyen de pompes situées aux « prises actuelles du barrage.

Force de chevaux nécessaire.

« Pour élever 100"' d'eau par seconde à une hauteur (( de 2"", 68, il faudra une force moyenne de 6,100 chevaux « indiqués ; les pompes centrifuges et toutes les autres « machines devront être de première qualité et du meil- « leur modèle. Telle sera doi^c la force moyenne déployée

(c par les machines motrices pendant la période donnée « des 268 jours que fonctionneront les pompes,

« Le plus grand degré de Félévation de l'eau résultant « des dix années d'observation étant en moyenne de 3",4;2, « il s'ensuit que les machines devront pouvoir déployer « en tout une force de 6,730 chevaux indiqués.

Devis du capital.

« Le coût d'une station à pompes complète, comme elle « est démontrée sur le dessin n° 18, sera comme suit :

« Machines à vapeur et « pompes 2.950.000 fr.

« Bâtiment. . . . . . . 820.000 »

« Tuyaux et vannes. . 160.000 »

« Rigoles, prises d'eau et « vannes 1 . 355 . 000 »

« Travatix divers . . . . 215.000 »

« Total. . 5.200.000 fr. (20.800 £.).

Devis du coût du maintien annuel.

(c Les machines comprises dans le devis qui précède « sont des machines à deux cylindres capables de fonc- « tionner sans interruption, et leur consommation moyenne (( de charbon est garantie de 2 1/2 L. h. s. à l'heure par « cheval indiqué. Sur ce pied-là, la consommation annuelle « de charbon pendant les dix dernières années aurait varié « de 43.570 tonneaux en 1869, lorsque les eaux du Nil « furent exceptionnellement défavorables, à 28,490 ton- « neaux en. 1871, lorsqu'il en fut tout le contraire. La « consommation moyenne, basée sur l'expérience de ces « dix années, peut être fixée ^à 36.610 tonneaux par an,

« et la somme annuelle nécessaire au fonctionnement de (( chaque série de pompes peut être répartie comme suit :

« 36.610 tonneaux de charbon à 60 fr . 2 . 196 . 600 fr.

« Frais divers 178.400 »

« Total. £. 95.000, ou 2.375.000 fr.

Résumé du devis.

<( Capital à placer.

(( Une station de pompes pour le canal

« deMénoufieh 5.200.000 fr.

« Une station de pompes pour le canal

« de Cherkieh 5.200.000 »

« Agrandissement du canal de Béhéré. 9 . 262 . 000 »

« £. 786.600, ou 19.652.000 fr.

Frais de maintien annuel.

« Une série de machines à pomper « pour le canal de Ménoufieh 2.375.000 fr.

w Une série de machines à pomper « pour le Cherkieh 2.375.000 »

« Fonds d'amortissement pour renou- « vellement 295.000 »

« £. 201.800, ou 5.045.000 fr.

« Le devis qui précède sur le coût de l'irrigation par « les pompes, entraînant la dépense d'une vingtaine de « millions de francs de capital outre des frais annuels « d'environ six millions est peu favorable en comparaison « du devis pour l'achèvement du barrage ; il est vrai que « le capital à dépenser y est estimé de 25 à 30 millions, . « mais il n'est sujet à aucun surcroît de frais annuels.

« En supposant donc que le taux d'intérêt fût de 10 p. 100, « le coût annuel de Tirrigation perfectionnée, au moyen ^ « du barrage et par les pompes, serait respectivement « comme suit :

Achèvement du barrage.

« Capital :

« 25.000.000 fr. à 10 p. 100 = 2.500.000 fr., 100.000 £.

« Machines à pompes et agrandisse- « ment du canal de Béhéré : Capital « 19.662.500 £. à 10 p. 100 1.966.250 fr.

« Coût annuel du maintien 5.045.000 »

£. 280.450, ou 7.011.250 fr.

« Le dernier projet est donc près de trois fois plus coû- « teux que le premier, et en même temps moins efficace.

« Si le barrage était achevé, il serait possible de fournir « une moyenne de 350 mètres cubes d'eau par seconde (( aux trois grands canaux, qui aboutissent au barrage, « outre la quantité écoulée dans le canal Ismaïlieh, tandis « que l'alimentation totale, si l'on adopte le projet àlter- « natif, n'est que de 250 mètres cubes (1).

« La comparaison serait encore plus défavorable si les « machines à pomper étaient distribuées dans le Delta « au lieu d'être concentrées, d'après les plans, dans deux « grands établissements près du barrage.

« S'il en était ainsi. Ton ne pourrait pas profiter de « la diminution de la chute causée par l'amoncellement « de l'eau en amont du barrage et par les profonds c( canaux actuels; et la somme dépensée, tant en capital

(1) On aurait pu ajouter avec raison que l'élévation du plan d'eau par le , barrage s'étendrait en raison de 0,08 sur 40 kilomètres, distance sur laquelle il serait loisible d'écoulep l'eaii sur les deux rives dans les artères qui s'y rencontrent, F- P»

RÉPARATlOiNS DU BARRAGE. 75

« qu'en maintien annuel de petites machines, serait beau- « coup plus grande.

« En prenant pour base les données fournies par des « travaux de ce genre en Egypte, on peut estimer que << le coût du moins avantageux de ces deux systèmes ce d'irrigation à Taide de pompes serait d'au moins « 15,000,000 de francs (£. 600,000) par an. »

Telles sont les conclusions du mémorable rapport de ringénieur Fowler. Nous avons dû le reproduire en entier àcause de l'étendue du sujet qu'il traite, de son importance et de son actualité, et surtout vu la notoriété qui s'attache à la haute compétence de cet éminent ingénieur, dont l'impartialité est incontestable et justement connue et appréciée. Elles sont, comme on l'a vu, en concordance avec celles émises par les deux rapports précédemment cités et surtout avec celles de la commission du canal de Suez qui, ainsi qu'elle avait pris soin de le faire remarquer, n'avait cependant que sommairement étudié la question; mais le rapprochement des chiffres de dépenses dans l'une et dans l'autre hypothèse lui démontrait toutefois une différence si notable qu'elle n'hésitait pas à indiquer sa préférence pour rélévation de l'eau par le système des barrages.

Les prévisions entrevues par M. Fowler à la fin de son rapport, relativement à l'augmentation des dépenses pour le cas où l'on établirait les installations des pompes sur plusieurs points, se trouvent vérifiées aujourd'hui par l'intéressante brochure qu'a publiée cette année au Caire le ministère des travaux publics et dont nous aurons l'occasion de citer plus loin quelques extraits.

Ainsi M. Fowler prévoyait, il y a bientôt dix ans, que rélévation de l'eau par deux grands établissements au

barrage même entraînerait une dépense annuelle de 7 millions de francs, et qu'elle serait notablement accrue si on adoptait le projet d'augmenter le nombre de ces installations en employant par conséquent de plus petites machines réparties sur plusieurs points différents.

Nous voyons la confirmation de ces prévisions sur le Mémoire des Travaux publics de 1883 qui fait ressortir une dépense de 8 millions de francs pour l'alimentation annuelle des canaux de la basse Egypte, et encore ce chiffre serait-il notablement augmenté si, au lieu d'amortir les 300,000 livres égyptiennes que Ton prévoit pour les travaux de terrassements à faire aux canaux (chiffre qui nous parait très bas) en 35 années, on l'amortissait en 10 ou 15 ans, ainsi que cela devrait être pour des travaux de ce genre, qui nécessitent chaque année un entretien continuel et qui, dans l'espace de 35 années, seront certainement refaits deux ou trois fois Néanmoins, en admettant même que les prévisions du ministère des travaux publics se réalisent, les chiffres auxquels il arrive et qu'il a adoptés dans sa savante et consciencieuse étude, sont en complet accord et corroborent les chiffres et prévisions de l'éminent ingénieur Fowler ; c'est donc un point acquis. Dès lors, ainsi que nous l'avons vu dans le rapport de M. Fowler, le projet d'élever l'eau par le barrage réparé n'occasionnerait au gouvernement sur le chiffre de dépense même de 25 millions (et en comptant l'intérêt de la somme au taux inusité aujourd'hui de 10 p. 100) que la somme annuelle de 2 millions et demi de francs, la manipulation et l'entretien d'un pareil ouvrage bien réparé étant pour ainsi dire nuls.

Tandis que, par le système d'élever l'eau au moyen de pompes, la dépense s'élèverait, selon l'exposé du ministère des travaux publics, au chiffre de 8 millions de francs, soit quatre fois plus.

REPARATIONS DU BARRAGE. 77

Nous ne rappellerons pas ici ce que nous avons déjà dit dans cet exposé sur les avantages de toutes sortes qu'offre le système des barrages sur celui des pompes ; il suffit de voir que le premier moyen améliorera la navigation à l'amont de la rivière en élevant Teau et, par ce fait, améliorera également l'irrigation sur tout le parcours et sur les deux rives du fleuve à la fois, et qu'en outre il assurerait aux canaux une distribution constante et réelle en rapport avec le plan d'eau établi ; qu'enfin il dispenserait le pays d'un tribut des plus onéreux, l'achat des machines et surtout du charbon.

Dans sa brochure sur les irrigations, S. E. Aly-Pacha- Moubarak, ministre des travaux publics, au sujet du barrage, élève quelques appréhensions, entre autres celles :

1** De voir d'immenses atterrissements se produire en amont (nous avons vu dans le rapport de M. Fowler comment il réfutait de pareilles craintes) ; 2° de voir des infiltrations se montrer sur une grande étendue par suite de l'élévation des eaux à 4", 50 (ce qui est moins que prouvé, .attendu que, d'abord, le même effet serait à redouter en remplissant Jes canaux au moyen do pompes, puisque le même niveau de plan d'eau devrait être obtenu pour parvenir à l'irrigation des terres). Nous pensons toutefois que, si cet effet se produisait, il disparaîtrait par la possibilité qu'on aurait d'écouler les eaux à Taval du fleuve dont le plan d'eau resterait à un niveau inférieur. Mais ces diverses craintes n'ont pas été formulées par le ministère comme étant un empêchement majeur à la réfection et à l'utilisation complète du barrage selon le projet conçu par Méhémet Ali, car, à la page 38, le ministère fait cette déclaration :

« Nous venons de présenter des objections très graves « contre l'œuvre du barrage, et on ne pourrait songer

« sérieusement à les lever que si Tœuvre elle-même était « bien établie. »

Ainsi donc le ministère reconnaît implicitement que, si Tœuvre du barrage pouvait être et était une fois bien établie, cet ouvrage répondrait aux besoins de Tirrigatioa et donnerait toute satisfaction.

Dans son impatience à satisfaire aux exigences du moment et entrevoyant non seulement de grandes dépenses immédiates, mais aussi des doutes sur Tefficacité des moyens proposés et entrevus jusqu'ici, ainsi que le temps considérable qu'il jugeait nécessaire à la réparation et mise en état du barrage, le ministère préféra, vu Ténorme richesse qui découlait pour le pays de pouvoir remplir vite les canaux, rejeter le rétablissement du barrage et adopter l'hypothèse d'élever l'eau par des pompes, moyen qui lui paraissait plus sûr et plus prompt.

Mais en cela nous croyons que le ministère pourra trouver dans les moyens que la science possède aujourd'hui pour ces sortes de travaux une solution qui satisferait parfaitement au programme qu'il s'est tracé, sans que le désir bien légitime d'obtenir cette satisfaction ne dépasse le délai qu'il aurait dû consentir à donner pour l'exécution du programme d'élever l'eau par des pompes, et sans que la dépense soit plus onéreuse pour le gouvernement, ainsi que nous le démontrerons plus loin; car si ce dernier (comme dans l'hypothèse d'une alimentation par des pompes) ne voulait pas se charger de la dépense de réfection du barrage (ce qui cependant serait de beaucoup préférable, vu la perpétuité de l'œuvre), bien certainement une Société pourrait parfaitement faire les avances nécessaires, la garantie de ces avances étant d'autant mieux assurée qu'elle reposerait sur l'immense résultat qu'en retirerait le pays en général et le gouvernement en particulier; car, sans adopter complètement les résultats

REPARATIONS DU BARRAGE. 79

optimistes et merveilleux que fait entrevoir le rapport de la commission égyptienne de 1837, on peut admettre sans erreur que les récoltes et revenus généraux du pays seraient considérablement accrus. Aussi croyons -nous entrevoir que le ministère des travaux publics qui, d'ailleurs, ainsi que nous venons de le relater, n'a pas de parti pris contre l'idée de l'emploi du barrage, reviendra à l'adoption ou tout au moins à l'examen nouveau et attentif du projet, avant de prendre la décision suprême de l'emploi des pompes qui lui réserverait plus d'un mécompte dans la distribution de l'eau à l'intérieur, car la plupart des canaux qui sont indiqués comme devant être remplis à Tétiage ne sont pas tous aptes à recevoir cette quantité d'eau; et il serait impossible, dans les faibles délais prévus pour l'installation des pompes, de les amener à la section voulue pour débiter dans tout leur parcours cette quantité théorique prévue dans la pratique.

Cette hypothèse est d'autant plus vraisemblable, qu'elle semble prévue dans la brochure du ministère qui a établi et déterminé un programme très judicieusement étudié pour le remaniement général des grands et des petits canaux, ainsi que des simples rigoles dans toute l'étendue du pays, besoin que nous-même avons également signalé dans cet exposé comme obligatoire et devant être fait préalablement à toutes choses.

Avec l'élévation de l'eau par des barrages, rien ne changerait quant à présent; la retenue d'eau qui serait opérée rétablirait en ces points et sur une longue distance le niveau du Nil comme il existe vers le mois de décembre environ, époque oh les canaux suffisent à l'alimentation du pays; il n'y aurait que quelques travaux à faire pour raccorder ceux des canaux qui se trouveraient éloignés du fleuve et ne pourraient être alimentés directement; car non seulement notre opinion est que l*on doit mettre en

bon état de fonctionnement le barrage actuel et Tutilisèr, mais nous sommes d'avis qu'il serait opportun d'en établir plusieurs dans chacun des bras du fleuve et près des grands canaux dont l'alimentation était projetée par des pompes, de telle sorte que la retenue à opérer, au lieu d'être en un seul point éloigné dans l'intérieur (hypothèse qui obligeait nécessairement à recourir à une grande altitude du plan d'eau dans le but d'assurer son écoulement et son arrivée jusqu'aux extrêmes limites des terrains cultivables), fût alors répartie en plusieurs retenues successives à une altitude moins élevée à chacun des barrages à créer.

Une étude approfondie de la question fera reconnaître le nombre de ces barrages, leur emplacement, ainsi que la hauteur de retenue à projeter pour chacun d'eux.

L'idée que nous émettons peut paraître hardie, mais elle n'a rien de téméraire ni d'irrationnel, parce que nous envisageons qu'aujourd'hui on peut construire des barrages à un prix relativement modique, si l'on se borne à utiliser l'ouvrage au seul but de la retenue. Il est toujours dangereux pour le régime d'un fleuve d'élever des^constructions plus ou moins grandioses au travers du courant pour servir comme appareil de retenue comme on l'a fait pour le barrage de Saïdieh dont nous reproduisons ci-joint une vue perspective. (PI. n° 3.)

Nous sommes, au contraire d'avis, que, pour un fleuve comme le Nil dont la croissance et la décroissance sont lentes et régulières et n'ont lieu qu'une fois l'an, il suffit d'obtenir une base solide pour y fixer pendant l'étiage un mode pratique léger et mobile, puis d'avoir toute facilité de faire disparaître au moment voulu les engiiis de 9'ete7iue, de façon que, pendant la période des hautes eaux, le fleuve ait le libre parcours de son lit, comme il l'avait avant l'exécution du barrage.

Un ouvrage ainsi conçu ne peut donc causer aucun

apport ni occasionner aucun affouillement s'il est suffisamment protégé préalablement à Taval par des enrochements contre la force du courant qu'occasionnera la chute de Teau lors de la période des basses eaux qui sera celle où la retenue fonctionnera.

Ainsi que nous venons de le narrer, on ne doit considérer un barrage qu'au point de vue de la base ; c'est là où gît l'importance de l'ouvrage; c'est donc à la confection du radier seul que doivent concourir tous les efforts et la surveillance, afin d'arriver à constituer un bloc monolithe bien homogène et à l'asseoir sur un terrain solide, bien résistant, quelle que soit la profondeur que les sondages feront reconnaître et qu'il faudra atteindre ; des moyens employés résultent ultérieurement le bon ou le mauvais état de Fouvrage. C^est précisément le cas qui s'est présenté au barrage de Saïdieh. Les ingénieurs avaient cru qu'ils pouvaient espérer qu'un grand fond se trouverait suffisamment protégé par un simple enrochement en pierres sèches et que le colmatage s'opérerait; mais le béton du radier posé sur ce rocher factice n'a pas fait corps ; aussi le résultat final leur a été défavorable, et ce gigantesque ouvrage, quoique construit avec de bons matériaux et d'un grandiose aspect, n'a-t-il pu jusqu'à présent remplir complètement le but pour lequel il était destiné.

Il faut qu'il soit réparé.

La faiblesse du barrage de Saïdieh résultant de l'imperfection de son radier, il est de toute nécessité d'y remédier; il faut aveugler les sources d'eau qui se frayent passage au travers dans la plus grande partie de son développement. Pour atteindre ce but, le seul moyen pratique, selon nous, consiste à employer un diaphragme étanche placé verticalement et descendu assez bas pour intercepter le passage de l'eau de l'amont à l'aval.

M. l'ingénieur Fowler conçoit également ce diaphragme

par un mur épais construit et descendu au moyen dé caissons en tôle et placé immédiatement à la crête aval du radier, c'est aussi le moyen proposé par plusieurs maisons de construction depuis douze ans. MM. Couvreux, Dussaud frères, Lavalley, etc. , tous concluaient à son emploi comme base principale avec des systèmes de retenue différents et un chiffre de dépenses plus élevé que celui établi par M. Fowler. Cependant, malgré le chiffre relativement modique comparé avec les autres devis, le projet de ce dernier a été encore trouvé trop élevé probablement par le gouvernement, puisque l'administration n'a pas jusqu'ici cru devoir l'adopter; tout au contraire, le ministère manifesterait l'intention d'adopter de préférence le système d'élever l'eau des irrigations par des pompes, malgré ce qu'il a de défectueux, d'incertain et de coûteux, comparé à celui des barrages, ainsi que l'a déclaré à l'unisson la conclusion des rapports si lucides et si savamment rédigés que nous avons reproduits ici.

On a vu quel est l'écart de la dépense entre l'hypothèse d'élever l'eau par les barrages d'avec celle de l'élever par des pompes; la proportion est de 1 à 4, sans compter les autres avantages.

Nous sommes heureux de constater que c'est également l'avis de M. le colonel Moncrief , dans l'intéressante brochure qu'il a publiée cette année sur les irrigations d'Egypte et sur la réparation du barrage du Nil.

Nous partageons nous-même les conclusions des illustres personnages qui ont rédigé les rapports sus-énoncés, et nous sommes d'avis que l'Egypte ne doit recourir pour ses irrigations qu'au seul moyen des barrages, d'abord et en premier lieu parce que ces ouvragespeuvent être exécutéiâ en entier avec les matériaux que possède le pays et au moyen des ouvriers indigènes (aux mains desquels la dépense resteifa), et ensuite pafce que, eu égard àlajoer-

pétuité des besoins, Télévatioa de Teau pour les irrigations pendant Tétiage doit être obtenue par des moyens dont la durée soit en rapport avec le but. Or, quoi de plus perpétuel que des barrages qui sont des œuvres de durée illimitée et dont l'entretien et les frais de fonctionnement sont presque nuls; et qu'y a-t-il de plus précaire, instable et coûteux que des machines à vapeur?

Malgré ces démonstrations si probantes, et avant d'entrer plus avant dans la description des détails relatifs à la réparation du barrage, nous croyons devoir reproduire l'opinion que le ministère a exprimée dans sa brochure, relativement à ce barrage.

Question du barrage.

Extrait de la brochure du Ministère des travaux publics, publiée en 1863

« A la solution des machines élévatoires établies à la « prise des canaux, beaucoup d'esprits opposent encore « aujourd'hui celle du grand barrage du Nil, à la tête du « Delta. Le ministre des travaux publics a le devoir de « dire pourquoi il l'écarté ; il ne saurait d'ailleurs de toute « façon, dans un aperçu général sur les irrigations de la « basse Egypte, s'abstenir de parler d'une œuvre aussi « grandiose dont l'achèvement a encore été sérieusement « envisagé parle gouvernement, il y a environ dix ans.

« Le barrage tel qu'il a été conçu par Mohamed- Ali et a ses ingénieurs devait relever le plan d'eau du Nil à « l'étiage d'une hauteur suffisante (4"^ à 4°", 80) pour assu- « rer l'alimentation de tous les canaux séfi de la basse « Egypte, au moyen de trois grandes branches princi- « pales dites raïahs : du Centre ou du Ménoufieh qui « existe, de l'Est qui n'a été que commencé, de l'Ouest

<* qui a été achevé sous Son Altesse Ismaïl-Pacha, mais Cl que les pompes de Béhéré ont pour but de remplacer « pour les raisons que nous avons dites.

« En supposant que cet ouvrage ne serait pas à refaire « pour pouvoir être utilisé à des charges d'eau aussi a fortes (1).

« Il a le très grave inconvénient d'affecter le régime (( du Nil d'une façon inadmissible, par les immenses « atterrissements qu'il ne manquerait pas de produire en « amont; et, à ce sujet, les ingénieurs sont d'accord pour « reconnaître qu'il est toujours grave de modifier aussi « profondément le régime d'un fleuve sujet à d'aussi « grandes crues et traversant un sol aussi meuble. De « plus, que l'on veuille bien considérer qu'il ne suffirait « pas d'avoir achevé le barrage (nous avons dit qu'il est « à refaire) pour l'utiliser; il faudrait, en effet, encore « remanier complètement la canalisation du pays, créer à « grands frais de grands canaux et de grands ouvrages « difficiles d'ailleurs à entretenir, faire des mouvements « de terre énormes pour joindre toutes les canalisations « existantes aux trois branches alimentaires.

(( Le pays serait mis ainsi à la merci d'un seul ouvrage, « ce qui n'est ni logique ni prudent, et on ne disposerait, « pour une irrigation de plus de 2 millions de feddans,que « d'un plan d'eau fixe; ce plan d'eau serait nuisible à « certaines parties du territoire par l'effet des infiltrations, « si on voulait le maintenir à une hauteur convenable

(1) Personne ne conteste que, pour servir à des charges d'eau de 4™ à 4^,50, le barrage devrait être refait; on dit souvent réparé, c'est un euphémisme, car est-ce réparer un ouvrage que d'en refaire les fondations ? Or tous les projets présentés admettent, avant tout travail, la nécessité d'établir une grande cloison étanche enfoncée dans le lit du fleuve, à une profondeur convenable, et devant porter l'ouvrage de retenue proprement dit, ouvrage nouveau auquel le barrage actuel resterait annexé, avec une certaine utilisation soit comme pont de passage, soit pour diminuer la retenue sur le nouvel ouvrage, soit enfin comme arrière-radier.

« pour répondre à tous les besoins ; et, inversement, on (( aurait manqué le but de rendre partout les arrosages « économiques, si pour éviter cet inconvénient, on abais- « sait le plan d'eau.

« Nous venons de présenter des objections très graves « contre Tœuvre du barrage et on. ne pourrait songer « sérieusement à les lever que si l'œuvre était bien « établie.

« Ce n'est pas le cas, avons-nous dit, et nous jugeons (( qu'au barrage qui est à refaire, il n'y a pas d'hésitation « à substituer l'alimentation des canaux par machines à « vapeur, lesquelles, il est juste de le dire, étaient bien (( loin d'être l'outil économique que nous connaissons, à (( l'époque où le barrage a été conçu.

« Le barrage tel qu'il est peut cependant servir, et le « ministère des travaux publics le fait entrer dans le pro- « gramme des travaux pour un but tout autre que celui « pour lequel il a été créé ; pour cet ouvrage, il est sans « doute possible de l'utiliser tel qu'il est avec des répara- « lions d'une valeur en proportion avec les services qu'on « veut lui demander. Il s'agit de se servir du barrage « comme d'un partiteur chargé à Tétiage, de distribuer « le débit du fleuve dans des proportions convenables « entre les deux branches de Rosette et de Damiette; celle- « ci tend à s'aff'amer constamment et elle serait sans « doute complètement à sec aujourd'hui sans les retenues « de 1", 50 à 2 mètres que l'on fait annuellement au bar- « rage de l'Ouest; il importe non seulement de la main- « tenir en eau, mais aussi de l'alimenter très largement « parce que c'est sur cette branche que se trouvent toutes « les prises d'eau du Delta, à l'exception d'une seule au « Bahr-Saïdi et naturellement celles des trois provinces de « l'Est. Il faut donc maintenir et assurer pour l'avenir les <f retenues qui se font actuellement au barrage de l'Ouest ;

« pour cela la réparation de Touvrage doit être entreprise « et comme son rôle doit se borner à servir avec des (( charges ne dépassant pas 2 mètres, cette réparation « paraît possible et pourrait sans doute se réaliser par un « exhaussement du radier; à ce travail, il faudrait joindre (( un nouveau système de portes convenablement établies. « Rien ne serait à faire au barrage de TEst qu'à Tentretenir « peut-être comme pont.

« Le ministère se propose d'entreprendre sans retard (K cette étude de l'utilisation du barrage comme partiteur ; « il la liera naturellement à celle de la régularisation du « lit du fleuve entre Ghiseh et le barrage, qui est néces- « saire pour le même but et qui intéresse aussi à la fois « la conservation du faubourg de Boulac au Caire et l'ali- « mentation des canaux des provinces de Callioub et de « Cherkieh. »

Ainsi donc, le ministère qui possède les moyens d'investigations les plus étendus et qui est constamment renseigné par ses agents sur la situation exacte des barrages, n'hésite pas à reconnaître qu'il n'a aucun doute sur la solidité de l'ouvrage ; il se prononce même pour l'utiliser en l'introduisant comme élément répartiteur du fleuve ; il donne par cela même un appoint nouveau à la confiance que nous avions de pouvoir réparer cet ouvrage, mais il croit devoir limiter la retenue d'eau à 2 mètres seulement, ne voulant pas, dit-il, adopter les projets proposés qui, sous le couvert de réparation du barrage, constituent par le fait un ouvrage nouveau et indépendant de celui qui existe. C'est à cette constatation qu'il faut sans doute attribuer l'ambiguité qui existe dans sa narration et qui semble, au premier abord, paradoxale; mais qui est, au contraire, fort lucide, lorsqu'il conclut à utiliser le barrage

HKPAHATIONS 1)1 BARRAGK. 87

dans son programme général des irrigations en adoptant pour base de ses conclusions : que le barrage dans Tétat où il se trouve actuellement, permettant une retenue de 2 mètres, offre toute sécurité pour l'avenir si l'on se borne h cette même retenue et à condition d'en relever le radier de 0",50 avec adjonction d'un système nouveau pour la retenue, travail qu'il estime à 400,000 liv. ég., soit 10,400,000 francs.

Nous partageons entièrement cette précieuse intention; il y a honneur et profit pour le pays à achever cette œuvre grandiose qui avait en vue un si vaste et bel avenir; il faut que le barrage soit mis en état de pouvoir lui-même remplir le but qui lui était assigné, sans que le moyen employé dissimule une relegation, comme le font les projets présentés jusqu'à présent ainsi que l'a remarqué le ministère.

Cependant, si nous approuvons l'idée de rejeter les projets en tant qu'ils n'utilisent pas spécialement le barrage actuel, nous partageons entièrement l'opinion de M. le colonel Moncrief et nous sommes d'avis que, moyennant quelques travaux que nous indiquons plus loin, on pourrait sinon retenir les 4'°,50 d'eau qui étaient jadis projetés (ce qui n'est plus nécessaire puisque nous proposons d'établir plusieurs barrages successifs à retenue réduite), mais au moins obtenir à Saïdieh une retenue de 3 mètres si elle est jugée nécessaire par la commission d'étude, ce qui sera facile puisque depuis dix ans le barrage retient jusqu'à 2 mètres d'eau à l'étiage et qu'un ouvrage qui résiste à une telle pression est certainement un ouvrage solide.

C'est donc par le fait à sa masse puissante qu'est due la résistance seule du barrage sous cette pression de 2 mètres ; les calculs démontrent qu'il pourrait même supporter plus, ^ais il serait imprudent de le tenter, sans avoir préalable-

ment rendu étanches les parties reposant sur enrochements dans les hauts-fonds qui se sont maintenus.

Dans la situation actuelle, on constate précisément que c'est par suite du passage de Teau à travers les blocs, que les apports ne se sont pas produits et quoique Teffet de la lame ne s'exerce pas avec autant de force qu'au sortir d'une vanne, et que par suite de son passage au travers de ces petits cubes d'enrochements, le jet soit divisé en une infinité de molécules, il serait à craindre que si Ton projetait une plus forte pression dans l'état actuel, on ne provoque alors l'entraînement des moellons eux-mêmes de la masse, ce qui indubitablement provoquerait la chute du pont ; mais cette démonstration amène en même temps à conclure que, si l'on projetait, comme nous l'avons déjà 1 énoncé, l'établissement d'un simple diaphragme isolateur | qui provoquerait les apports et le colmatage des parties du radier reposant sur les enrochements des grandes profondeurs, non seulement on serait parvenu sans aucun artifice, ni équivoque à rendre au barrage actuel la résistance nécessaire pour une retenue de 3 mètres, mais qu'une pareille consolidation rendrait au radier la résistance pour supporter au besoin la poussée de la retenue de 5 mètres jadis projetée lors de sa construction, surtout si l'on y comprenait également, ainsi que le ministère le désigne luimême, la surélévation du radier de 0"*,80 au moyen d'une chape de gros moellons taillés, ce qui viendrait encore ajouter au poids de la masse générale.

Il n'y aurait donc ultérieurement aucun doute ni crainte à avoir sur la résistance du barrage, une fois le radier mis en état d'étanchéité parfaite.

C'est à atteindre ce résultat que nous avons travaillé, et nous croyons être arrivé à une solution pratique et rationnelle, ainsi que nous avons l'honneur de l'exposer ci-après.

Descriptioii sommaire du projet.

On comprend généralement sous la désignation de barrage du Nil l'ouvrage de retenue qui est à Saïdieh lorsque, par le fait, il y a réellement deux barrages bien distincts quoique rapprochés.

L'un est établi en travers de la branche de Damiette.

L'autre en travers de la branche de Rosette, h l'intersection du fleuve.

Nous décrirons donc séparément chacune des deux branches dans l'exposé des travaux de réparations à projeter.

Nous rappellerons que le but principal est l'utilisation réelle des deux barrages, et que le seul moyen qui nous, est apparu pour y parvenir est sans contredit celui de descendre verticalement une paroi soit à l'amont, soit à l'aval du radier, pour servir de diaphragme de façon à séparer les couches de terrain et intercepter le passage de l'eau au travers d'icelles, et de provoquer par conséquent les apports (apports qui se produiront rapidement avec l'eau du Nil toujours chargée de limon).

Dès lors, les hauts-fonds seront comblés et les barrages en état complet de solidité.

Nous avons vu par l'exposé de M. Fowler qu'il admettait ce moyen comme le seul efficace, mais où nous différons avec lui, ainsi qu'avec les autres projets , c'est que tous placent le diaphragme isolateur à l'aval du radier et le conçoivent en outre d'une construction tellement importante que la moindre attention fait reconnaître que le travail projeté, au lieu d'être une simple consolidation, est au contraire un ouvrage complètement nouveau et indépendant de Tautre; mais, nous qui avons au contraire l'intention d'utiliser le barrage actuel, qui est ainsi qu'on

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l'a vu dans un état relativement satisfaisant, nous projetterons d'établir le diaphragme à Tamont du radier.

Deux moyens nous semblent également pratiques pour y parvenir :

L'un par le système des caissons en tôle,

L'autre par celui de pieux-palplanches en fer.

Si ce n'était la présence d'enrochements considérables qui tapissent en couche épaisse le lit du fleuve aux abords de l'ouvrage actuel, nous n'hésiterions pas à ne proposer que ce second moyen, tout nouveau il est vrai, mais qui nous a été inspiré pour la circonstance et qui réaliserait l'économie, la facilité ainsi que l'étanchéité; mais il est à craindre ici que la couche de pierre ne s'étende loin. Cependant, comme nous projetons de placer le diaphragme à l'amont et que les enrochements ont été plutôt effectués à l'aval, nous étudierons l'hypothèse de l'emploi des deux moyens, afin d'établir un parallèle entre les prix de revient de l'un et de l'autre.

Description du système des caissons en tôle.

Le système des caissons en tôle permet de traverser des terrains durs et rocheux, mais son emploi n'est pas sans difficultés; il offre en outre des inconvénients graves, sur tout pour un radier de barrage à cause de l'obligation où l'on est de fractionner en autant de parties distinctes qu'il y a de fois 25 ou 30 mètres dans la longueur développée du radier.

Chaque caisson laisse ainsi entre lui et le suivant une séparation obligatoire d'au moins un mètre de largeur ayant de chaque côté une paroi en tôle lisse; il y a donc par ce fait une solution de continuité fort dangereuse pour un ouvrage de retenue. (Voir PL n° 4.)

Cet inconvénient] grave n'avait pas échappé à la perspi-

>ES IRRIGATloi

^ or dément

BÉPAHATÏONS DU BARRAGK. 91

cacité vigilante de M. Fowler, puisqu'il siguale pour y parer remploi d'un tube en fer forgé à introduire au travers de Tes^ pace préalablement cuvelé et rempli d'un mortier mou, mais cependant consistant, et d'une prise assez rapide pour bien remplir le vide et réunir ainsi les caissons entre eux.

Cette disposition peut théoriquement paraître bonne, mais, en pratique, elle laisse certaines craintes se manifester sur la cerlitude d'obtenir un radier monolithe et bien homogène, comme doitl'êlre un radier de barrage, surtout pour le cas qui nous occupe, parce que les profondeurs à descendre atteindront non pas 18 mètres, mais peut-être jusqu'à 22 mètres dans certains endroits.

Description des pieux-palplanches en fer.

Ce système de pieux-palplanches concourt à donner satisfaction h toutes les hypothèses qui peuvent se présenter dans l'exécution des travaux de fondations : parleur forme spéciale, ils permettent de circonscrire tous les poly-

a a: a'* Joints en mortier.

gones possibles, quel que soit le périmètre à contourner, et d'obtenir en outre par leur enchevêtrement une étanchéité pour ainsi dire parfaite qui permettrait même d'exécuter à sec les travaux, sans crainte non seulement des infiltrations, mais aussi sans concevoir aucun doute sur la résistance puissante qu'offre une telle paroi de fer ou acier aussi bien à renfoncement vertical, qu'à la poussée

n DES IRRIGATIONS EN EGYPTE.

horizontale par la facilité que Ton aura toujours de pouvoir étrésillonner au fur et à mesure des besoins (1).

Le seul et principal inconvénient de ce système, nous l'avons dit, c'est qu'il ne peut facilement traverser des couches de roche.

En résumé, les deux systèmes ont chacun leur bon côté et leur défaut, mais cependant, dans le cas d'un barrage nouveau à construire, il nous semble que le système des pieux offrirait moins d'inconvénients, plus de sécurité et de rapidité dans l'exécution pour les terrains d'ail uvions qui constituent le sol de la basse Egypte. Nous allons décrire maintenant chacun des barrages en particulier.

Barrage de la branche de Damiette.

D'après tous les renseignements et constatations diverses, il appert que le radier de ce barrage n'a jamais donné lieu à aucune réfection, ni à aucun doute sur sa solidité qui a toujours été et est encore en bon état d'entretien; aussi pensons-nous que, tout en projetant une retenue de 3 mètres, de légers travaux suffiront pour lui assurer une résistance normale et permanente, savoir :

1° Surélévation du radier en gros moellons taillés de 0",50 de hauteur, à l'amont du radier, et ce jusqu'au milieu des arches seulement dans le double but de fortifier

(1) Voir les trois gravures planches 5, 6 et 7 représentant les phases successives relatives à l'emploi des pieux-palplanches pour Texécution des fondations.

La planche n° 5 représente le battage des pieux, leur mode d'enchevêtrement et le guide en fonte placé au fond de l'eau.

La planche n» 6 représente l'emplacement d'un ouvrage entièrement circonscrit par les pieux-palplanches, avec Fhypothèse d'exécuter les fouilles au moyen d'une drague et d'y couler le béton au moyen de caisses à fond articulé pour ensuite épuiser l'eau et faire le travail des maçonneries à sec (un des côtés du périmètre près de la rive est ménagé pour faire sortir la drague après les fouilles exécutées).

La planche n" 7 représente la coupe d'un ouvrage exécuté entièrement à sec.

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l'ouvrage et d'établir la forme nécessaire aux nouveaux engins de retenue, ainsi qu'une cuvette pour amortir la chute de Teau.

2° Application d'un nouveau système de retenue dont la description sera donnée plus loin.

3*" Suppression d'une écluse, faire la réparation de l'autre et les raccords aux murs de quai.

4" Travaux d'enrochements à l'aval du barrage pour parer à la surélévation projetée et éviter les affouillements.

Tels sont les seuls travaux que nous entrevoyons être nécessaires à ce barrage et que nous avons estimé devoir s'élever à la somme de deux millions.

Bapirage de la branche de Rosette.

L'examen de tous les documents relatifs à l'état des barrages de Saïdieh fait reconnaître que, seul, le barrage de Rosette a donné lieu à concevoir des craintes sur sa résistance; c'est ce qui, d'ailleurs, a empêché jusqu'ici d'imposer à l'ouvrage entier la retenue projetée de cinq mètres. Ce n'est même qu'avec les plus grandes hésitations et après divers tâtonnements successifs, que l'on est parvenu à obtenir une retenue de 2 mètres qui semble aujourd'hui acquise sans danger, mais qui cependant ne saurait être continuée sans une réparation spéciale au radier qui devient de plus en plus opportune.

M. Fowler a si bien décrit la situation que nous ne croyons pas devoir revenir à nouveau sur cette description; nous savons que ce qui a, jusqu'ici, empêché le barrage de Rosette de répondre aux besoins, c'est la partie du radier qui a été fondée sur enrochements dans les grandes profondeurs où l'on pensait voir s'effectuer le colmatage et les atterrissements. Cet elFet ne s'étant pas

produit, il en est résulté l'impossibilité matérielle d'obtenir la retenue projetée.

C'est donc, par le fait, à obtenir Tétanchéité de cette seule partie défectueuse du radier qu'il faudrait recourir pour mettre le barrage de Rosette eu état, puisque, au delà de cette partie construite sur enrochements, les atterrissements qui se sont effectués et maintenus démontrent que le radier est bon et qu'il a été bien construit; c'est pourquoi nous avons pu dire avec raison qu'un ouvrage qui résiste à 2 mètres de pression est un ouvrage dont l'ensemble est relativement satisfaisant.

Cependant, malgré le bon état indiscutable, nous projetterons par prudence d'étendre le diaphragme isolateur sur toute la longueur du radier, mais en lui donnant à la partie où lés terres se sont maintenues une profondeur et une largeur moindres, ainsi que l'indique et le recommande M. le colonel Moncrief.

Nous projetterons donc de placer le diaphragme ainsi que les appareils de retenue à l'amont du barrage, afin d'utiliser réellement l'ouvrage actuel et faire servir ainsi la largeur totale du radier au passage de l'eau après sa chute, afin de diminuer d'autant la force du courant et permettre par conséquent de réduire la masse des blocs d'enrochements à prévoir à l'aval du barrage par suite de la surélévation de 2 à 3 mètres. Le radier actuel n'ayant pas moins de 38 mètres de largeur, (il en aura 40 à 48 après la réparation projetée) aussi lorsque la lame aura parcouru la surface solide du radier, sa force destructrive sera-t-elle déjà en partie amortie quand elle rencontrera la ligne de défense des blocs qui seront établis en ce point Aussi ne croyonsnous pas nécessaire de prévoir, comme M. Fowler le prescrit, d'autre rangée de blocs au delà de la sortie immédiate du barrage ; tout au plus prévoirions-nous comme travail nouveau d^enrochement de placer un épi à l'amont de l'ou-

ÎIEPARATIONS Dl' IUHHA(;K. 9o

vrage de façon à diriger le courant du fleuve de telle sorte que, sans porter atteinte à la bonne tenue du fond de la partie aujourd'hui remplie et émergeant aux basses eaux, les dépôts s'effectuent plus vite dans les parties profondes dont nous avons en vue de hâter précisément le relèvement.

Placé à l'amont de l'ouvrage, le diaphragme fera l'office d'avant-radier; il s'étendra à l'ouvrage entier, y compris l'emplacement des deux écluses de rives; mais, ainsi que nous l'avons dit, avec des profondeurs différentes, savoir :

V Au droit des parties reposant sur enrochements et où se trouvent les grandes profondeurs d'eau, il sera descendu jusqu'à 2 mètres au minimum au-dessous de la dernière couche de moellons, profondeur que nous estimons devoir atteindre jusqu'à 20 mètres au-dessous du zéro du nilomètre et sur une largeur égale aux deux tiers de l'ouvrage, soit environ 300 mètres. {Voir les dessins, planche n° 7.)

2° Au delà de cette partie, le radier présentant un aspect solide, le diaphragme ne sera descendu qu'à la profondeur maxima de 7 mètres; nous ferions même la déclaration que cette protection, dans cette partie de l'ouvrage, n'est pas obligatoire, d'abord à cause de la conviction où nous sommes qu'elle est en bon état, et ensuite parce que l'exhaussement général du radier de 0°',50 avec de gros moellons taillés contribuera encore à augmenter sa solidité.

En dehors des dispositions à prendre pour constituer le diaphragme, celles à effectuer pour assurer le fonctionnement du barrage restent les mêmes; nous allons les détailler ci-après :

1** Construction d'un épi en pierres sèches à l'amont;

2** Surélévation du radier sur tout ou partie de la surface selon remplacement et le besoin, avec protection de la nouvelle arête du radier par un fort chaperon en tôle ou dalles en granit;

S"* Changement du système de retenue actuelle et sou remplacement par un système tout nouveau ;

4° Suppression d'une écluse et réparation de l'autre, ainsi que des abords et murs de quai ;

5° Augmentation des enrochements à l'aval et immédiatement après le radier du barrage.

Description des articles indiqués dans la nomenclature précédente (pi. 8, 9 et 10).

1° La construction d'un épi en pierres sèches à l'amont du barrage fera l'objet d'une étude toute spéciale, car nous ne l'entrevoyons utile que pour hâter les apports dans les parties profondes; mais elle n'est pas indispensable, quel que soit le mode employé pour la confection du diaphragme.

2° La surélévation du radier sera faite en moellons taillés de O'^jSO de hauteur verticale pour former une nouvelle chape ; elle sera disposée pour servir à l'emploi du nouveau système de retenue et régnera depuis l'amont jusqu'à l'extrémité de l'arrière-radier à l'aval mais seulement dans la partie des 300 mètres bâtie sur enrochements.

Elle s'arrêtera au milieu des arches du pont pour l'autre partie, à moins que l'examen nouveau du radier ne fasse reconnaître la nécessité de le protéger sur toute son étendue.

3° L'appareil de retenue que nous proposons d'établir est des plus simples et des plus ingénieux; il est connu généralement sous la dénomination de barrages à aiguilles. Il a le grand avantage pour l'Egypte de se rapprocher beaucoup du système des barrages mobiles employés en tout temps dans le pays; mais il est tellement modifié

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Auto.-Imp. A. Broise & Courtier, 43, rue de Dunkerque, Paris. O

que sa manœuvre est aujourd'hui des plus faciles et des plus efficaces; il a en outre la sanction de rexpériénce, car sa simplicité et sa facilité de manœuvre Font fait adop* ter depuis longtemps par les ponts et chaussées, et notamment sur la Seine où il rend de grands services.

Les aiguilles sont généralement appuyées sur des fermettes mobiles en fer qui sont reliées entre elles par des cornières que supportent un léger pont de service sur lequel roule un treuil; mais ici, comme il existe un pont, les fermettes seront remplacées par des corbeaux en fer articulés et fixés sur chacun des avant-becs des piles du barrage, ils seront reliés chacun à chacun par des poutrelles mobiles qui supporteront le petit pont de service et serviront en même temps de voie pour le chemin du treuil de manœuvre.

L'emploi des fermettes mobiles en fer a pour but d'éviter la construction de piles et de supprimer par conséquent tout obstacle permanent dans le lit du fleuve ; la construction est des plus simples tout en étant fort solide, ainsi qu'on va le voir par la description ci-après.

Les fermettes sont des châssis en fer ayant la forme d'un trapèze; de hauteur et largeur variables, et reliées par des croix de Saint- André, elles reposent à leur partie inférieure sur deux articulations fixées dans des coussinets fortement scellés dans le radier du barrage ; elles sont généralement espacées de mètre en mètre et maintenues verticalement au moyen de cornières en fer, percées de trous à leurs extrémités pour servir à les fixer dans les tourillons qui terminent le cadre supérieur des fermettes; il y a en outre une barre de fer rond au devant qui relie le tout ensemble. Les cornières sont utilisées ensuite comme rails pour un treuil roulant sur galets, lequel sert à lever les aiguilles.

Les fermettes ainsi réunies l'une à l'autre sont maintenues verticalement par de simples crampons scellés aux deux

4^ulées maçonnées sur chacune des rives, et dans Tune desquelles est ménagé un vide ou chambre pour recevoir les premières fermettes, lorsqu'on les abat pour* faire disparaître tous les engins de retenue.

De même que l'opération qui consiste à lever les fermettes s'effectue une à une ainsi que nous venons de le voir, de même elles s'abattent en procédant alors à l'opération inverse par l'enlèvement une à une des aiguilles et des cornières et du pont de service.

Les fermettes devenues libres se couchent d'elles-mêmes dan« le fond, les unes sur les autres, en s'étendant horizontalement sur le radier ; or, comme elles ont généralement 4 à 5 mètres de hauteur et qu'elles sont espacées entre elles de mètre en mètre, il y a obligation pour les premières près de la rive de ménager dans la culée une chambre de grandeur et de forme voulues pour les recevoir.

Tel est le type et le fonctionnement des fermettes ; il est fort simple comme on le voit. En outre, le poids d'une fermette est relativement léger : il atteint tout au plus une tonne de poids pour une fermette de 5 mètres de hauteur.

Il n'y a pas possibilité d'employer les fermettes au barrage de Saïdieh, puisque le radier est surmonté d'un pont qui est] surmonté lui-même par de nombreuses piles formant des arches de 5 mètres d'ouverture au plus ; mais comme, en définitive les fermettes n'ont pour but que de servir à supporter la butée des aiguilles de retenue, nous aurons ici pour y suppléer les piles du pont, qui constitueront il est vrai un barrage fixe au lieu d'un barrage mobile ; mais, le fait existant, il faut l'utiliser.

C'est pourquoi nous avons projeté de sceller à chacune des piles de forts corbeaux en fer (1), articulés près de leur

(1) Voir planche n» 10.

BARRAGE de SAIDIEH.

Application de -l'appareil a aiguilles avec le Ireuil et le pont de service .

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scellement; ils auront pour mission de supporter le léger pont de service obligatoire pour le système de retenue par aiguilles; car, en dehors des fermettes qui sont remplacées ici par les piles du pont, le système reste le même.

Le pont de service sera formé :

1° D'une tringle de fer rond qui a le triple but de relier les corbeaux de support entre eux; de servir de butée aux aiguilles lorsqu'elles sont en place pour relever le plan d'eau ; et ensuite de maintenir ces mêmes aiguilUes en suspension par un crochet qu'elles portent, lorsqu'on cesse la retenue ou que l'on veut simplement faire varier le niveau de l'eau.

2" De deux poutrelles en fer à T qui serviront au double but de relier le tout ensemble et de servir de rails au treuil de manœuvre des aiguilles.

3° Le tablier du pont mobile sera formé par des panneaux en planches légères, dont la largeur est celle de l'écartement des deux poutrelles seulement.

Les aiguilles qui servent à opérer la retenue, à l'instar des vannes et des poutrelles, sont tout simplement des petits chevrons carrés en bois de chêne ou de sapin, de lon^ gueur et grosseur variables, mais ayant généralement 4 ou 8 mètres de longueur sur 0"*,08 à 0™,10 de côté; la partie du haut est arrondie et terminée par une boucle rigide et armée un peu plus bas d'une tige de fer recourbée, formant crochet, avec talon saillant au-dessus du crochet; cette armature est fixée solidement sur Faiguille.

Du pont de service où on l'apporte, l'aiguille se place en la tenant d'une main par l'anneau qui la termine et en jetant l'extrémité inférieure en avant du courant ; elle s'enfonce alors et vient d'elle-même buter sur le radier où elle rencontre la saillie préalablement ménagée à cet effet ; le courant la maintient ensuite à la place qui lui est assignée; ses points d'appui sont donc par le bas à la saillie ménagée

iOO DES IRRIGATIONS EN EGYPTE.

au radier et par le haut siir la tringle ronde du pont de service.

On procède ainsi pour chacune des aiguilles et comme elles sont relativement légères il en résulte qu'un seal homme peut les mettre en place.

Pour les retirer, la manœuvre demande le déploiement d'un peu plus de force, mais la difficulté est tranchée par remploi du petit treuil auxiliaire mobile monté sur un chariot, roulant sur les cornières du léger pont de service dont nous avons parlé. Ce treuil porte une tige recourbée qui vient en s'abaissant prendre le talon en fer qui fait saillie sur l'aiguille et soulève cette dernière d'autant plus vite que la butée qui retient le pied a tout au plus 0'',12 à O'^flS de saillie; or, aussitôt que le pied a franchi ce léger obstacle, le courant l'entraîne, l'aiguillé glisse alors du treuil qui l'a levée et s'engage aussitôt sur la tringle de fer rond au moyen du crochet allongé dont elle est munie, et autour duquel elle pivote et reste suspendue; à ce moment, elle a l'inclinaison que lui imprime le courant et qui est par conséquent l'opposé de celle qu'elle avait lorsqu'elle lui était opposée.

Cette tringle de fer rond a donc ainsi la triple fonction :

1* De relier les fermettes entre elles ;

2^ De servir de butée aux aiguilles lorsqu'on le^ opposa au courant pour obtenir la retenue ; S*" et enfin, de supporter ces dernières lorsqu'on veut abaisser totalement ou partiellement le plan d'eau.

C'est donc dans le temps le plus court et sans efforts appréciables que l'on peut parvenir à mettre en place ainsi qu'à enlever les aiguilles, et faire disparaître toute trace des appareils de retenue pour laisser au fleuve le libre cours de son lit.

Dans le cas où, comme pour le Nil, il y a obligation de laisser écouler une grande quantité d'eau, le système de

fermeture par aiguilles a le précieux avantage de le permettre soit par le haut en fermant complètement la largeur du barrage, soit par lames verticales en laissant des intervalles libres de distance en distance selon le débit du fleuve, avantage qui permet également de faire disparaître toutes traces d'apports qui auraient pu momentanément se produire •

i" Nous projetons la réparation des murs de quai ainsi que la réparation d'une des deux écluses de rives seulement; Tautre écluse sera supprimée comme au barrage de Damiette, d'abord dans le but d'économiser la dépense de réparation, et ensuite parce qu'il semble superflu d'avoir une écluse sur chacune des rives du fleuve (partout en Europe où la navigation est bien plus active, il n'y a qu'une écluse à chacun des barrages).

En outre, parce que le sas ainsi désaffecté du service des éclusages serait utilisé sans frais appréciables à l'établissement de batteries, turbines, hélices ou roues hydrauliques pour employer cette force soit à alimenter un canal dont la fonction serait l'irrigation des terrains plus élevés, soit à tout autre usage.

La force dont on pourrait disposer rien qu'avec la largeur seule du sas de l'écluse, avec une retenue de 3 mètres seulement, serait de 400 chevaux; de 75 kilogrammètres ou 34 chevaux par mètre linéaire, ainsi qu'il ressort des calculs ci-après : . .

Le débit du Nil étant constant et donnant à l'étiage en amont du barrage environ 477"',918 à la seconde, d'après la formule de Prony (RlrzraVxAV), soit un cube de 41,292,445"* par 24 heures à répartir entre les deux branches, et pour la largeur seule du bief de l'écluse la moyenne de 10,193 litres à la seconde, donnant une force à utiliser suivant les hauteurs de retenue adoptées aux barrages à construire et que nous avons résumées au tableau ci-après. (Voir pages 104 et 106.)

5"* Les enrochements à prévoir à Taval seront construits en gros blocs maçonnés et coulés sur place dans toute la largeur de Touvrage.

Tels sont les travaux spéciaux que nous entrevoyons comme nécessaires et indispensables à la mise en état de la superstructure de Touvrage de Rosette; ils restent les mêmes par rapport au moyen qui sera adopté pour ceux de rinfrastructure ou diaphragme isolateur. C'est pourquoi nous les avons décrits séparément. La dépense pour Tensemble s'élèvera environ au chiffre de 8 millions de francs.

Nous allons maintenant examiner la dépense qu'entraînerait la confection du diaphragme soit au moyen des caissons, soit au moyen de pieux-palplanches.

Diapliragme par caissons en tôle.

Nous avons prescrit l'obligation de placer le diaphragme à l'amont sur toute la largeur du fleuve et à Tarête du radier de façon à servir d'avant-radier.

La masse du barrage représentant une résistance considérable, nous pensons qu'il n'est pas nécessaire de prévoir un mur vertical de 8 mètres d'épaisseur, mais que 4 mètres seraient suffisants pour les parties profondes de 20 mètres qui s'étendent environ sur 300 mètres (1), et sur le reste de la largeur où le fond affleure le radier, nous projetterons le mur de même épaisseur, mais sur 7 mètres seulement de profondeur.

La dépense nécessaire à l'exécution de ce travail est estimée au chiffre de 4,000,000 de francs.

Diaphragme par pieuz-palplanches.

Ce travail consiste à enfoncer perpendiculairement à la rive du fleuve, à l'avant du barrage, une rangée de pieux-

(1) Voir planche n» 7.

palplanches en fer chevauchant les uns dans les autres et formant à chacun des angles intérieurs un vide entre eux; après le battage, ce vide sera rempli d'étoupe ou de mortier à prise rapide pour établir un joint et rendre alors le diaphragme é tanche.

Particularités. — La présence d'enrochements considérables à Fendroit où il s'agit précisément d'employer ce système et la difficulté redoutable qu'offrent les enrochements à la mise en place des pieux, nous ont obligé, dans le cas présent, à tourner la difficulté : d'abord en profitant de la disposition que nous avons projetée de placer le diaphragme à l'amont (car il est évident que les enrochements jetés en rivière depuis nombre d'années l'ont été plutôt à l'aval qu'à l'amont), et ensuite, nous basant sur l'observation précédente, nous avons pensé qu'en plaçant la ligne des pieux à quelques mètres du pied du talus de l'enrochement actuel, on se trouverait dans une condition qui permettra de traverser facilement les quelques obstacles qui pourront se présenter, d'autant plus qu'au besoin on préparerait l'emplacement des pieux au moyen d'une petite tranchée faite par le secours d'un scaphandrier.

Do cette façon, nous avons la certitude de ne pas rencontrer d'obstacles que nous ne puissions vaincre. Cette disposition loin d'être un inconvénient est au contraire excellente : elle donnera au radier une force contingente considérable, en circonscrivant ainsi l'espace compris entre la ligne des pieux et le massif actuel du radier.

Le système des pieux enchevêtrés donnant à la paroi qu'ils forment une étanchéité complète, nous projetterions ici de remplir tout simplement l'intervalle compris entre la ligne des pieux et les talus des enrochements du radier au moyen de pierrailles ou de sable pur comme l'a fait, aux Indes, le génie anglais dans un cas analogue qu'a cité M. Fowler dans son rapport. On comblerait ainsi jusqu'à

Tableau des forces b

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