PROPRIÉTÉS BACTÉRICIDES
L’électrargol est un antiseptique puissant.
Charrin, V. Henri et Monnier-Vinard ont étudié l’action de l'argent colloïdal électrique sur le bacille pyocyanique.
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Ces auteurs ont semé une certaine quantité de culture de bacille pyocyanique, sur des tubes renfermant de la gélose.
Se basant sur ce fait que la mobilité de la fonction chromogène du bacille pyocyanique permet d'apprécier aisément sans le secours du microscope les changements subis par ce microbe, ils ont ajouté XX gouttes d’une solution d'argent à petits grains, c’est-à-dire d’électrargol et ont constaté que:
L'endroit formé par les cultures est très mince, translucide; la sécrétion pigmentaire est faible.
Dans une nouvelle série d’ensemencements pratiqués également sur des tubes de gélose, Charrin, V. Henri et Monnier- Vinard ont observé qu'il suffit d'additionner ces tubes de 1/50.000 d'électrargol pour les rendre absolument stériles.
Avec 1/100.000 d'argent colloïdal électrique, le bacille pyocyanique est atteint dans son activité de reproduction; il perd sa fonction chromogène; son fonctionnement et sa morphologie se modifient surtout si l’on augmente les doses,
D’après l'augmentation de ces doses, le bacille s’allonge, s’incurve, prend la forme sphérique avec éléments plus gros que ceux du staphylocoque.
Chirié et Monnier-Vinard constatent l'action éminemment bactéricide de l'argent colloïidal électrique; il suffit d'additionner les tubes de culture d'une solution colloïdale d’'argent telle que le milieu renferme 1/80.000 d'argent pour arrêter totalement le développement du pneumocoque; au-dessous de cette dose l’évolution est ralentie, modifiée.
In-vitro, l'activité anti-microbienne est plusieurs milliers de fois plus grande que celle des sels de mercure. La puissance antiseptique est variable suivant les agents microbiens étudiés.
Enfin Mlle Cernovodeanu et M. Victor Henri ont étudié l’action de l’électrargol sur les microbes suivants: bactéridie charbonneuse, bacille d'Eberth, coli-bacille, phléole, staphylocoque doré et blanc, bacille de la dysenterie (Plexner).
I suffit de 1/50.000 d'argent, colloïdal environ pour en-
traver le développement de ce bacille.
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Mais ces différentes espèces microbiennes sont très inégalement sensibles à l'argent colloïdal.
Le bacille d'Eberth est complètement arrêté dans son développement par des doses qui permettent encore un développement très notable du coli-bacille.
La bactéridie charbonneuse et le staphylocoque ont une sensibilité intermédiaire entre celles du bacille d'Eberth et celle du coli-bacille.
Si les doses employées sont insuffisantes pour arrêter tout développement, on observe néanmoins la pauvreté de la culture, des modifications physiologiques et morphologiques importantes du microbe: le pneumocoque perd la propriété de prendre le Gram.
Maintenant que nous connaissons les propriétés bactéricides de l'argent colloïdal électrique, nous allons aborder les problèmes posés par l'étude de l’action de l’électrargol sur l’homme et les animaux: ces problèmes sont très complexes et très variés.
1° Action de l’électrargol sur le sang.
A. — Action et effet de l’électrargol sur le pouvoir phagocytaire.
L'étude que M. E. Bossan et H. Marcelet viennent de faire sur ce sujet se divise en deux parties:
Dans une première partie, ils étudient le pouvoir phagocytaire du sang de cobayes sains sur les microbes suivants: streptocoque, staphylocoque, coli-bacille, charbon, bacille de Lœæffler, bacille d'Eberth, paratyphique A. de Brion, paratyphique B. de Schottmuller, bacillus enteritidis de Goert-
ÉARTAGES
ner; puis une injection d’électrargol correspondant à celle normale de 10 centimètres cubes chez un homme de poids moyen est faite dans le tissu musculaire, douze heures, vingtquatre heures, soixante-douze heures après, etc. Ces expérimentateurs étudient dans les mêmes conditions le pouvoir phagocytaire des cobayes ainsi traités.
Dans la deuxième partie les mêmes expériences sont recommencées, mais avec du sang humain.
MM. Bossan et H. Marcelet sont arrivés ainsi à montrer:
19 Quelle est l’action mesurable de l’électrargol sur la défense de l'organisme, vis-à-vis des microbes étudiés; 20 Quelle en est la durée.
Cette étude nous renseigne exactement dans quels cas la médication par l’électrargol est active, si elle n’est pas spécifique dans certaines infections et quand on doit renouveler ces injections.
Voici la technique employée:
Avec une pipette capillaire munie d'une tétine en caoutchouc et marquée au crayon sur la tige, on aspire un volume de sang, un volume de solution de citrate de soude de sang, un volume de solution de citrate de soude à 1 pour 109 dans une sclution physiologique de sel et un volume d'une culture de vingt-quatre heures en bouillon.
On mêle ensemble les trois volumes égaux de sang, de suspension bactérienne et de citrate de soude en les soufflant sur une lamelle propre et en les aspirant à plusieurs reprises. Le mélange terminé, une portion suffisante à l'étude est aspirée dans le tube capillaire de la pipette et l'orifice du tube scellé à la lampe. Cela fait, la pipette est placée pendant vingt minutes dans l’étuve à 37 degrés.
Après ce laps de temps, on brise l'extrémité de la pipette, on mêle soigneusement le contenu, comme déjà on l'a fait de façon à avoir un échantillon moyen et on fait pour chaque cas quatre préparations, fixées et colorées.
Les préparations ainsi obtenues sont examinées à l’objecif à immersion. On compte le nombre de microbes phago-
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