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LE PALAIS DE L’ÉLECTRICITÉ ET LE CHATEAU D’EAU

PALAIS DE L’ÉLECTRICITÉ

Avant d’entreprendre l’étude des multiples applications de l’électricité que l'Exposition de 1900 offrira aux yeux éblouis de ses visiteurs, il était indispensable de parler du palais que M. l’architecte Hénard vient d’édifier pour abriter les nombreuses machines et les innombrables appareils qui vont y être réunis.

Le Palais de l'Électricité, gigantesque construction métallique dominant les édifices voisins, s'élève parallèlement à l’ancien palais des Machines de l'Exposition de 1889. Il occupe, avec ses annexes, toute la largeur du Champ de Mars, c’est-à-dire 420 mètres, sur une profondeur de 80 mètres. Le Château d’Eau, qui lui est adossé, lui forme une majestueuse entrée, complétant cet ensemble architectural du plus artistique effet.

Entièrement construit en fer et en verre, le palais proprement dit a une façade de 158 mètres et atteint une hauteur de 71 mètres à son point culminant (PL X).

La base du Palais de l’Électricité étant cachée par le Château d’Eau placé en avant-corps, le rez-de-chaussée se trouve pour ainsi dire en sous-sol; l’on arrive au premier étage par deux superbes rampes, partant des jardins du Champ de Mars et contournant les bassins ; elles donnent directement accès dans un élégant portique de plain-pied avec le premier étage. Ce premier étage comprend une immense salle d’exposition, dite salon d’honneur du Palais de l’Électricité, une salle hexagonale dont on dit des merveilles et deux grandes galeries principales occupant toute la largeur du Palais et mettant ce dernier en communication avec les palais de l’Agriculture et la salle des Fêtes par quatre autres galeries transversales.

La façade en zinc repoussé et ajouré se compose de neuf travées revêtues de vitraux et de céramiques transparentes aux couleurs variées. La ligne de toiture est surmontée d’une crête à jour formant frise qui, le jour, apparaît comme une fine dentelle et, le soir, est brillamment illuminée et vient heureusement compléter la décoration lumineuse du Château d’Eau, décor magique, qui sera une véritable apothéose de la lumière électrique.

La toiture, de la forme d'un immense arc de cercle tréflé constitué parla réunion de petits arcs de cercle accolés les uns aux autres et soutenus par des piliers qui vont graduellement en diminuant de hauteur de chaque côté, donnent à l’ensemble une forme elliptique des plus gracieuses.

La travée centrale, qui se prolonge jusqu’à la salle des Fêtes, est dominée par un cartouche portant la date de 1900 et est surmontée d’une statue allégorique symbolisant le génie de l’Électricité. Debout sur un char traîné par un Dragon et par un Pégase, ce génie tient une électrode de chaque main ; le soir, une étincelle de .1 mètre de longueur jaillit constamment entre ces électrodes. Une immense étoile aux multiples rayons est placée derrière la statue ^Pl. VI).

La façade comporte, en outre, à la hauteur de la quatrième travée, de part et d’autre du motif central (PL VL, un motif secondaire (PL VII) et enfin, à chaque bout, un motif d’extrémité (Pl. VIII).

PI. VI (p. 72 bis)

Vve Ch. DUNOD, Éditeur, Paris.

PALAIS DE L’ÉLECTRICITÉ

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