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INTERRUPTEURS AUTOMATIQUES

Les interrupteurs automatiques étaient fort nombreux à l’Exposition de 1900, aussi nous contenterons-nous d’en décrire quelques-uns seulement à titre d’exemple.

Interrupteur automatique pour ascenseurs sur distribution à cinq fils. — Les moteurs

d’ascenseurs sont excités sur 110 volts et ont l’induit monté sur 440 volts. Pour éviter des accidents, il faut que les trois fils du montage soient coupés simultanément, lorsque l’un quelconque des trois plombs vient à fondre.

L’appareil delà Compagnie française d' Appareillage électrique (fig. 48) et qui remplit ces conditions se compose d’un interrupteur tripolaire, dans lequel le levier de contact est mobile autour d’un axe. Deux ressorts tendent à maintenir ce levier à la rupture, mais un doigt horizontal fixé sur le socle permet l'enclenchement du levier et son maintien au contact. Sur ce doigt repose une traverse en cuivre.

Au-dessus de l'interrupteur sont placés trois coupe-circuits unipolaires indépendants les uns des autres, et, sous le plomb de chacun de ces trois coupecircuits, se trouve engagée une poulie en porcelaine fixée à l’extrémité d’un levier muni d’un contrepoids; le plomb maintient ainsi le levier dans la position verticale.

Fig. 48. — Interrupteur pour moteurs d’ascenseurs dans les distributions à cinq fils de la Compagnie française d’Appareillage électrique.

APPAREILLAGE

Si l'un des plombs vient à fondre, le levier correspondant frappe sur la traverse qui repose sur le doigt d’enclenchement ; celui-ci s’abaisse, dégage le levier de contact; la rupture brusque de l’interrupteur se produit aussitôt, et le courant est ainsi coupé sur les trois (ils, lors delà rupture de l’un quelconque des plombs. Cet appareil fonctionne dans bon nombre d'installations d’ascenseurs électriques, à Paris.

Interrupteur automatique à maximum. — Cet appareil (fig. 49), exposé par la maison Schuchert (Nuremberg), peut servir également d’interrupteur à levier, est relié au levier à main, de telle sorte que le premier ayant ouvert le circuit, il est impossible de le renclenclîer avant d’avoir préalablement ouvert le circuit au moyen du levier. A cet effet, l’interrupteur à main seul est muni d'une poignée; toute fausse manœuvre est donc impossible. Pour renclenclîer, il suffit d’ouvrir, puis de refermer une seule fois l'interrupteur à main. Indépendamment du conlact principal constitué par des ressorts en cuivre, il en existe un autre en charbon cuivré disposé dans le champ d’une bobine puissante qui sert de souffleur magnétique. L’action de la bobine est renforcée par l’adjonction d’une bobine dérivée, qui ne fonctionne qu’à l'instant de la rupture du circuit par l’interrupteur automatique, et qui peut, dès lors, être très fortement chargée. Le contact principal se trouve, il est vrai, en dehors du champ extincteur, mais un puissant contact en cuivre, disposé à l’intérieur de ce champ, sert au passage du courant au moment de la rupture. Un cliquet empêche d’ouvrir le circuit au moyen de l'interrupteur à levier, qui serait facilement détruit par l’étincelle de rupture.

En cas d’urgence, on peut cependant interrompre à la main le courant principal avec l’interrupteur automatique au moyen d’une poignée isolante fixée à l’armature de l’électro-aimant. L’appareil est très sensible, car la pression de rupture agissant sur le déclic de l’armature, est considérablement réduite par un levier réducteur à bascule, de telle sorte que le frottement d’ouverture est négligeable devant la force attractive de l’électro-aimant. Au moyen d’une vis qui se déplace sur une échelle graduée, l’interrupteur automatique peut se régler à tout instant pour une intensité quelconque jusqu’à 2 000 ampères.

Interrupteur automatique à inversion de la Société alsacienne de constructions mécaniques.

— Lorsqu’une usine d’électricité fonctionne avec un certain nombre d’unités accouplées en quantité, il peut arriver qu’une des unités ralentisse, s’arrête ou subisse une avarie ; à ce moment, cette unité, au lieu de produire du courant, en absorbe et peut parfois établir un court-circuit sur les barres communes.

Si toutes les unités sont munies d’interrupteurs à maxima, l'interrupteur de l’unité en question ne déclenchera avant les autres que dans des cas tout spéciaux ; il ne déclenchera en tout cas que si le courant inverse que cette unité reçoit atteint une valeur supérieure au courant normal qu’elle doit débiter. Dans un pareil cas, les autres unités éprouvent une surcharge

L’ÉLECTRICITÉ A L’EXPOSITION notable, parce qu’elles ont à fournir non seulement le courant fourni précédemment avec le concours de l'unité en défaut, mais encore celui que cette unité absorbe. Dans la plupart des cas, les interrupteurs à maxima des machines restant en service déclencheront, et toute l’installation pourra passer rapidement de la charge complète à l’arrêt complet, sans autre raison qu'une fausse manœuvre ou un ralentissement momentané de l’une des unités.

L’interrupteur à minima coupe le courant lorsqu’il s'approche de zéro ; l’unité en défaut devrait donc être coupée en passant par zéro si ce genre d’appareil automatique était employé. Mais l'inversion se fait parfois si rapidement qu'elle est produite avant que cet interrupteur ait pu déclencher. Le courant inversé le tient alors fermé. D’autre part, les interrupteurs à maxima déclenchent, en général, lorsque la charge se réduit à un dixième environ, c'est-à-dire avant que le courant soit réellement tombé à zéro, de sorte qu'ils coupent les génératrices d'une installation avant que la consommai ion de courant n'ait complètement cessé.

L’interrupteur à inversion évite ces inconvénients; il ne coupe le courant que lorsqu’il prend une légère valeur en sens inverse. Il laisse donc les machines en service tant qu'elles débitent si peu que ce soit, mais les met hors circuit aussitôt qu elles reçoivent du courant au lieu d'en fournir.

L’appareil se compose d’un interrupteur à main, maintenu en position fermée par un déclic et tendant à s'ouvrir sous l'action d'un ressort. Le déclic est commandé par un électro à fd lin commandé par un relai polarisé.

Ce relai bute à droite ou à gauche suivant le sens du courant qui le traverse et envoie du courant dans l’électro à fil fin du déclic lorsque, sous l’influence du courant inversé, il vient buter à gauche.

Le courant fourni au relai et à l’éleclro est simplement obtenu par le shuntage d’une des barres de cuivre du tableau ou de l’un des conducteurs qui relient la dynamo au tableau.

By-pass automatique pour système série. — L'appareil a pour but d’isoler une partie du circuit qui troublerait le service général, en absorbant une tension exagérée. Le by-pass de la

Compagnie l'Industrie électrique , de Genève (fuj. 50), se compose : d'un interrupteur à enclenchement commandé par un électro-aimant à armature libre. L’électro-aimant est excité par une dérivation qui, de même que l’interrupteur, est branchée sur les extrémités de la partie du circuit à protéger. Une résistance plus ou moins grande permet de régler la limite de tension qu’il importe de ne pas atteindre. Si cette limite est dépassée, en cas de rupture accidentelle du circuit par exemple, l’électro-aimant fait jouer le déclenchement de l'interrupteur, et la boucle est alors mise en court-circuit automatiquement.

Chaque moteur est pourvu de ce by-pass automatique, comme aussi chaque boucle de ligne; toute rupture du circuit est ainsi localisée et ne compromet pas le service général.

Le by-pass peut aussi servir d’interrupteur supplémentaire, permettant le démontage des appareils pour leur entretien.

Les génératrices n’en sont ordinairement pas pourvues, parce qu'elles sont surveillées par un personnel compétent : en lieu et place on dispose alors une bride ou une fiche permettant de courl-circuiter à la main en cas de besoin.

Déclencheur automatique de vitesse pour système série. — Cet appareil a pour but de mettre en court-circuit tout moteur dont la vitesse dépasserait la valeur maxima assignée, et de parer aux conséquences d’un accident au régulateur de vitesse. Le déclenchement s’opère au premier choc donné par une petite masse mobile fixée à l’extrémité de l'arbre du moteur à protéger. Un ressort antagoniste maintient cette masse contre un butoir ; mais, lorsque la force centrifuge dépasse la force du ressort, la masse s’écarte et heurte la détente de l’interrupteur. Une fois mis en court-circuit, le moteur s’arrête nécessairement en un temps très court.

APPAREILLAGE

Déclencheur automatique par inversion pour système série. — Cet appareil a pour but de mettre en court-circuit, dans une distribution en série, un générateur dont le sens de rotation viendrait à changer de signe (fig. 51).

Il s'emploie pour chaque génératrice, qu'il protège contre les conséquences d'une rupture d’un accouplement, ou un arrêt du service qui la commande.

Une génératrice qui cesse d’être actionnée et qui est cependant encore un circuit, tend en effet à fonctionner en moteur en inversant son sens de rotation, et peut alors prendre une grande vitesse.

Le déclencheur par inversion, tout en parant à cet inconvénient, permet au surveillant de l’usine d’arrêter une unité par la simple fermeture de la turbine et du moteur.

Lorsque le couple moteur devient alors plus faible que celui de la génératrice, qui est constant à toutes les vitesses, l'arrêt se produit, suivi du renversement du sens de rotation et, au premier tour inverse, le déclencheur par inversion fonctionne et met la génératrice en court-circuit. Ce n’est qu’après cela, le groupe étant complètement arrêté, que le surveillant passe au tableau pour isoler complètement la machine par la manœuvre de l'interrupteur.

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