‹ L'Électricité à l'Exposition de 1900 (volume 2)Chapitre 215 sur 222 · EXEMPLES D’INSTALLATIONS · texte numérisé non relu

EXEMPLES D’INSTALLATIONS

En dehors des installations spéciales au service de l’Exposition et que nous décrivons plus loin, il y avait peu d’exemples d’installations de transport d’énergie. Nous n’avons remarqué, à ce point de vue, que la description, avec dessins et graphiques, des Usines de la Vézère , et les Installations suisses .

Société des Forces motrices et Usines électriques de la Vézère. — La Société des Fonces motrices et Usixes électhiques de la Vézère a exposé un tableau donnant quelques détails de l’installation de l’usine qu’elle installe sur la Vézère au lieu dit le Saut-du-Saumon (Corrèze) et indiquant le mode d’établissement de la ligne aérienne de transport d'énergie électrique alors en construction pour relier cette usine à la ville de Limoges, distante de 75 km.

Usine. — En aval de l’usine sont construits deux bâtiments destinés à recevoir les transformateurs et à servir de logement au directeur de l’exploitation.

Les eaux de la Vézère sont amenées à l’usine par un canal de dérivation à ciel ouvert construit à flanc de coteau dans le rocher granitique : la longueur du canal est d’environ 1 200 m, et la chute utile est de 43 m.

L’usine est aménagée pour recevoir sept turbines à axe horizontal de 600 chevaux, actionnant des alternateurs devant fournir du courant triphasé, et deux turbines de 100 chevaux commandant deux dynamos à courant continu, destinées a produire le courant nécessaire à l'excitation des alternateurs et à l’éclairage de l’usine.

Le courant est produit par les alternateurs sous la forme de courant triphasé à la tension de 8 000 volts (tension composée) à la fréquence de 50 périodes par seconde. Une partie de la production de l’usine destinée à être envoyée à Limoges est amenée à des transformateurs qui élèvent sa tension à 20 000 volts, tension adoptée en ligne.

Ligne de transport. — La ligne, dont le développement atteint 75 km, est prévue pour une tension de 20 000 volts et une puissance de 750 kw à recueillir à Limoges.

TRANSPORT DE L' E N EDDIE ELECTRIQUE

A la station réceptrice do Limoges, des transformateurs ramènent cette tension à 3000 volls et envoient directement l’énergie dans le réseau de distribution. Toutefois l’installation a été prévue dans des conditions telles que, malgré la distance, on puisse accoupler les machines électriques de l’usine à vapeur de Limoges avec celles de l’usine du Saut-du-Saumon, alin d’alimenter le réseau de distribution simultanément par les deux usines marchant en parallèle.

Ku égard aux conditions particulières dans lesquelles se trouve la ligne, vu sa longueur et la tension adoptée, la Société a dû étudier un dispositif d’équipement des poteaux donnant toute facilité pour la pose et l’entretien de la ligne, en même temps qu’il assurait la sécurité de l’exploitation. De plus, ce dispositif devait être susceptible de subir certaines modifications permettant d’intercaler dans la ligne les appareils de sécurité reconnus nécessaires, sans qu’on fut obligé de changer l’aspect et la composition des ossatures prévues.

Equipement des poteaux. — Les conducteurs, formés chacun d’un câble en cuivre de 30 mm2 de section, sont disposés symétriquement par rapport aux poteaux, aux trois sommets d’un triangle équilatéral de 1 m de côté. Ils reposent sur des isolateurs en porcelaine à triple cloche en forme d’ombrelle ayant 24 cm de diamètre à la base. Les tiges métalliques scellées dans ces isolateurs sont fixées sur une ossature en forme de T renversé, dont la branche verticale appliquée contre le poteau est maintenue par deux boulons. Un isolateur est fixé sur l’extrémité delà branche verticale; les deux autres sont supportés par la branche horizontale.

Mesures de sécurité. — La partie inférieure de cette ossature porte deux bras parallèles à la direction de la ligne, destinés à recevoir deux fils de fer tendus perpendiculairement à la ligne et disposés à 50 cm de chaque côté du poteau. Ces fils de fer constituent un filet partiel destiné à assurer la mise à la terre des fils de la ligne en cas de rupture de l’un d’eux. ■

De plus, des montants verticaux placés aux extrémités de la traverse de support des cloches inférieures s’opposent à la chute des conducteurs sur le sol, dans le cas où une ligature venant à céder, ils échapperaient des isolateurs.

Toute la charpente métallique formant paratonnerre pour le poteau est mise à la terre par un fil de fer de G mm relié à une plaque de métal de 0,25 m2 noyée de 1 m dans le sol.

Dans la traversée des lieux habités et au droit des maisons rencontrées sur les routes, le dispositif de protection est complété par l’adjonction d’un filet continu tendu sous la ligne. Ce filet, mis à la terre à ses extrémités par l’intermédiaire des armatures sur lesquelles il s’attache, se compose de fils de fer disposés en forme de cuve et réunis transversalement par des fils, de même diamètre. Us sont fixés à leurs extrémités sur la traverse inférieure de l’armature.

Chaque poteau porte en outre une garde en ronce artificielle à 2m au-dessus du sol; de plus, il est muni d’un écriteau avertissant le public du danger qu’il y a de toucher aux fils, même quand ils sont à terre.

Parafoudres. — A l’entrée et à la sortie de chaque village et dans le parcours, à des distances d’environ 2 km, sont prévus des parafoudres reliés successivement aux trois conducteurs de la ligne.

Ces parafoudres, du type Siemens, sont montés sur des isolateurs du même type que ceux de la ligne et situés à une hauteur permettant aux parties sous tension de rester hors des atteintes des passants. Ces parafoudres sont placés au sommet des poteaux, et le type courant n’a été modifié que par l’adjonction à la partie supérieure d’une pièce spéciale en forme de T. Sur la branche du T parallèle à la ligne sont fixées les cloches supportant le parafoudre : l’un des pôles estrelié à l’un des fils de la ligne, l’autre est relié à l’armature métallique et mis ainsi en communication avec le sol.

Les plaques de terre des poteaux portant des parafoudres sont noyées dans une couche de charbon de bois pour assurer une bonne mise à la terre.

Interrupteurs. — Afin de permettre l’isolement complet d’un tronçon de ligne en cas d’accident, et pour faciliter le contrôle, la ligne est divisée en sections d’environ 5 km par des postes d’interrupteurs.

Ces appareils, montés sur des isolateurs du même type que ceux de la ligne, sont disposés

de telle sorte que l’interruption se fasse rapidement et que l’extinction de l’arc s’effectue d'une manière sûre. Un modèle de ces interrupteurs, dont le bâti a dû être modifié, comme l’indique le tableau, pour permettre de l’intercaler dans la ligne aérienne, était exposé par la Compagnik Générale d’Électrictté de Creil, chargée de leur construction.

De part et d’autre des interrupteurs, la ligne est arrêtée et les poteaux, espacés de 2,5 m qui encadrent ces appareils, portent des cloches d'arrêt. Les conducteurs sont fixés sur ces isolateurs par l’intermédiaire de colliers spéciaux en bronze, qui sont reliés par un fil souple aux phases de l’interrupteur.

L’appareil repose sur deux pièces en bois disposées parallèlement à la direction de laligne et boulonnés sur les branches inférieures des armatures fixées sur les poteaux. 11 se manœuvre du sol à l’aide d’un levier disposé à poste fixe. Ce levier, parfaitement isolé des parties sous tension, permet de couper les trois phases simultanément. La poignée de ce levier est enfermée dans une boîte métallique mise à la terre. Cette boîte fixée au poteau et soigneusement fermée, est disposée de telle sorte qu’on ne puisse manœuvrer le levier qu’après que la porte a été ouverte.

Installations suisses. — La Suisse a eu l’heureuse idée de remplir le salon d’honneur qui lui était réservé, au premier étage du Palais de f Electricité, en y réunissant une magnifique collection de dessins à grande échelle montrant, sous une forme instructive et frappante, les progrès et la diversité des installations électriques de ce pays. M. le professeur F. Prasil, de l’Ecole polytechnique, s’était chargé de la direction des travaux relatifs aux installations hydrauliques. M. le professeur Stadola, de ce qui est relatif aux usines à vapeur, et le professeur Wysslixg de la partie électrique, ainsi que les dispositions de l’Exposition en particulier. M. E. Mayer, architecte à Paris, sut donner à l’ensemble un cadre décoratif très frappant.

Les établissements suivants étaient représentés sur 14 grands panneaux :

Usines électriques des villes de Zurich, Genève, Rheinfelden (pour la partie suisse), Uagueneck, Rathausen, la Kander, Berne et le chemin de fer électrique Berthoud-Thoune ; Installation électrique du chemin de fer de la Jungfrau; usine électrique des Clées près Yverdon ; usine électrique de Combe-Garot et autre de la Chaux-de-Fonds et du Locle; usine électrique W aser-Hôngg.

Autour de chaque ou de plusieurs coupes principales, coloriées et exécutées à grande échelle, des usines en question, avec tous leurs détails de construction, étaient groupés les plans explicatifs ayant trait aux divisions et à la répartition, les plans des conduites dressés sur une échelle uniforme, les schémas de distribution, ainsi que de nombreuses vues, considérablement agrandies par la photographie. On a voulu par là fournir une reproduction aussi complète et harmonique que possible des stations typiques. On avait joint un certain nombre de vues d’autres usines connexes, ainsi que des reliefs d’installations hydrauliques pour forces motrices, telles que les turbines et générateurs électriques de la ville de Genève.

Une carte Dufour delà Suisse, établie au point de vue électrique par M. le professeur Wyssi.ing, occupant le centre, avait pour but d’illustrerTextension que cette industrie a prise en Suisse.

L’ensemble couvrait environ 250 m2 de la superficie murale employée et comprenait à peu près 250 dessins et agrandissements photographiques. Les maisons suivantes y avaient participé et en partagèrent les frais en commun avec le Commissariat général, tandis que la ville de Genève avait pris elle même à sa charge l’établissement de ses propres reliefs:

Bell et Cie, Kriens; Brown, Boveri et Cie, Baden ; Compagnie de l’Industrie électrique, Genève; Escher Wyss et Cie, Zurich; Sulzer frères, Winterthur; Fabrique de locomotives, Winterlhur; Fabrique de machines, Oerlikon ; Picard-Pictet et Cie, Genève; Rieter et Cie,

TRANSPORT DE L’ÉNERRIE ÉLECTRIQUE

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