‹ L'Électricité à l'Exposition de 1900 (volume 2)Chapitre 218 sur 222 · DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DANS L'EXPOSITION · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DANS L'EXPOSITION

Tableau de distribution à courants alternatifs. — Ce tableau, construit parla Société industrielle des Téléphones, était combiné en vue d’éviter d’une manière absolue la mise en parallèle des alternateurs. Cette opération n’est, en effet, possible que pour des groupes de machines à peu près identiques et remplissant certaines conditions spéciales. Aussi les dispositions suivantes avaient-elles été arrêtées pour la distribution à partir de ce tableau :

La surface à desservir avait été divisée en régions à chacune desquelles était affectée une ligne spéciale, (iliaque ligne a été, par prudence, établie en double, c’est-à-dire composée de deux câbles identiques, donton pût, à la rigueur, assurer seul le service pour. un certain temps. 11 comprenait vingt circuits d’arrivée de machines et dix-huit circuits dedépart formés de neuf lignes doubles. A chaque ligne était affecté un groupe de deux ou même parfois trois machines, dont chacune pouvait desservir soit un seul câble, soit les deux ensemble si la puissance le permettait.

Le tableau comportait les appareils interrupteurs et commutateurs propres à assurer ce groupement, et les instruments de mesure destinés au contrôle de la marche. Comme pour le courant continu, aucun appareil de réglage n’y figurait.

Canalisation de distribution des courants alternatifs. — Cette canalisation a été faite exclusivement en câbles isolés au jute, armés et sous plomb. Partant du tableau, elle portait l’énergie électrique jusqu’aux parties les plus reculées de l'Exposition. Indépendamment des boîtes de jonction et de branchement, de types courants, il avait été demandé aux constructeurs de fournir des boîtes accessibles, de types peu usités dans les canalisations urbaines, mais qu’on avait cru devoir être utiles dans une exposition. C’étaient, spécialement, des boîtes de coupure et des boîtes d’interv-ersion.

Les premières permettaient de mettre hors circuit des parties avariées de câble, limitant ainsi au minimum les régions privées de service à la suite d’un accident. Les secondes destinées à permettre au besoin l’alimentation complète du réseau malgré un accident survenu à l'un des deux câbles principaux parallèles de chaque ligne, en reportant toute la charge sur l’autre.

L’expérience a prouvé la grande utilité de ces dispositifs, dont l’usage a été assez fréquent. En effet, dans une exposition aussi importante, la voirie ne peut être réellement établie dans son état définitif qu’après la cessation des arrivages, c’est-à-dire, en fait, après l’ouverture. Or, du fait des remaniements de pavage, d’empierrements rechargés et roulés au cylindre à vapeur, etc., les canalisations sont extrêmement exposées. D’assez nombreuses réparations ont été ainsi nécessitées, qui, grâce aux précautions prises, doublement des lignes et pose des boites spéciales, n’ont pas troublé l’exploitation d’une manière notable.

Transformateurs. — Le courant de haute tension était ramené à la tension d’emploi 110 ou 220 volts, au moyen de transformateurs fournis par les constructeurs des dynamos à courant alternatif. Les demandes à eux faites l’avaient été avant que les projets d'éclairage eussent été arrêtés dans leur détail, et bien avant que les demandes d’abonnement aient pu permettre une appréciation exacte de la quantité nécessaire. Toutefois les prévisions se sont trouvées assez exactes, comme on le voit ci-dessous :

Nombre. Paissance totale.

Transformateurs reçus . 298 6 150kw.

— utilisés . 246 ."5 310 kw.

Les 216 transformateurs utilisés l’ont été à raison de 140 pour le service public et 106 pour des demandes particulières. Les appareils de service public étaient répartis dans io postes principaux et 8 kiosques, distribués sur toute la surface de l’Exposition. Chaque poste comportait deux compartiments : l’un, réservé à tout ce qui était à haute tension et aux transformateurs, n’était accessible qu'aux seuls agents du service de l’Administration; l’autre était destiné au

départ des circuits des différents entrepreneurs d'éclairage public. Malgré l’existence d'afliclies signalant le danger de mort, il a été difficile de défendre l’accès des transformateurs; pendant les premiers mois, les portes en étaient fréquemment forcées. Néanmoins, aucun accident de personne n'est survenu dans aucune installation.

Éclairage électrique. — L’éclairage électrique comprenait l’éclairage publicet l’éclairage privé.

Éclairage public. — L’éclairage public comprenait:

1° L’éclairage journalier, normal, des voies de circulation ;

2° L’éclairage de certains locaux d’affectation publique, tels que les bureaux de poste, etc.;

3° Les illuminations d'un certain nombre de bâtiments ;

4° Enfin un certain nombre de lampes de secours et de surveillance, alimentées sur des sources étrangères à l’Exposition, étayant fonctionné de nuit ou pendant les heures d’arrêt des machines.

Pour l’alimentation de nombreux foyers électriques exigés par ces différents services, on a employé partout des canalisations soit souterraines, soit invisibles, afin de conserver à l’Exposition son caractère décoratif, auquel des lignes aériennes apparentes auraient porté une grave atteinte.

L’ensemble de ces foyers d’éclairage public représente un total d’environ 3 302 lampes à arc et 39333 incandescentes, dont l’alimentation simultanée exigeait une puissance de 3 549 kilowatts, représentant G 300 chevaux-vapeur indiquée. Mais, s'il s’en faut de beaucoup que ce chiffre représente le maximum auquel on ait eu à faire face, il faut y ajouter encore la consommation du Château d’Eau, celle des nombreux particuliers abonnés, enfin ce qui était requis par un certain nombre de moteurs qui restaient en fonction le soir.

Éclairages privés. — Il était â prévoir que la plupart des concessionnaires préféreraient la lumière électrique â toute autre, mais il était à peu près impossible a priori d'apprécier la quantité probable sur laquelle porteraient les demandes. Aussi, tout en se réservant de fournir sur ses propres ressources là où il ne serait pas possible de faire autrement, l’Administration de l'Exposition engagea, dès 1898, des pourparlers avec les Compagnies électriques coucessionnaires de la Ville de Paris. Celles-ci avaient des canalisations posées tout autour des terrains occupés par l'Exposition et pouvaient facilement, et sans grandes dépenses, y pénétrer. De plus, elles avaient de puissants moyens de production dans des usines, où les conditions d’exploitation étaient infiniment plus favorables que celles de l'Exposition.

Le secteur de la rive gauche et le secteur des Champs-Elysées ont donc fourni l'éclairage électrique aux établissements privés de l'Exposition, et ont immobilisé, dans ce but, le matériel suivant :

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