‹ L'Électricité à l'Exposition de 1900Chapitre 69 sur 123 · JJ · texte numérisé non relu

JJ

8t: ‘‘ ‘.'Si

/■étant l’effort d’arrachement mesuré en H et exprimé en grammes et S étant la section en cm2 de l’échantillon.

§ = 0,4 7 mi, n étant le nombre de spires par centimètre de la bobine M et i étant l’intensité du courant en ampères. Toute la précision dépend du dressage plus ou moins parfait des surfaces en contact A.

Pour une force magnétisante J donnée, l’effort est, en effet, minimum quand le flux est uniforme en A et l’on voit que l’on peut trouver pour /", et, par conséquent, pour a, des valeurs d’autant plus élevées que le dressage des surfaces est moins parfait et le contact en A moins intime.

Comme c’est le cas qui peut se présenter le plus fréquemment, il faut s’attendre à trouver souvent des perméabilités un peu trop fortes.

Perméamètre de torsion, modèle J. Carpentier. — Cet instrument, construit et exposé par M. J. Carpentier, est destiné à la mesure rapide de la perméabilité des échantillons de fer.

Comme le montre la figure 231, il se compose essentiellement d'un anneau de fer doux C, dont la section transversale abc-ci est très grande par rapport à celle de l’échantillon à essayer.

L’anneau est coupé de façon à laisser subsister en D et E deux entrefers de même largeur l. En D, l'entrefer est rempli par une cale en bronze, tandis qu’en E il est occupé par une petite aiguille aimantée f, dont deux butées limitent les déplacements.

Cette aiguille est suspendue par des fils de torsion R qu’on manœuvre en agissant sur un bouton moletté F.

L’aiguille porte un index permettant d’apprécier son orientation. Elle se déplace dans de l'huile, celle-ci servant à rendre les oscillations apériodiques. Toute cette partie de l’appareil est montée dans un tube T qui se place en E perpendiculairement au plan de l’anneau C. L’échantillon, de dimensions données, est figuré en AB. 11 se place suivant un diamètre AB perpendiculaire à l’axe DE des entrefers et se trouve entouré d’une bobine magnétisante M.

Pour mettre cet échantillon en position, on l’enfile dans la bobine en le faisant passer par les trous A', B', percés dans l’anneau.

Quand on excite la bobine M, il se développe un flux qui traverse le barreau AB et les deux demi-anneaux.

Les flux dans ces demi-anneaux sont égaux à cause de l’égalité des entrefers D, E et valent chacun la moitié du flux total dans l’échantillon.

Le flux qui traverse l’entrefer E tend à orienter l’aiguille / parallèlement à lui. On donne aux fils R une torsion suffisante pour ramener l’aiguille dans une direction r perpendiculaire à celle du flux. Cette torsion mesure la valeur de ce dernier et elle lui est proportionnelle.

L’appareil est complété par une boîte de résistance à manettes figurée en R' et qui comprend, en outre, un inverseur I et un ampèremètre F. Ce dernier a une graduation en ampères qui sert à vérifier son étalonnage et porte, de plus, une graduation en gauss, tracée en fonction de l’intensité du courant et du nombre de spires de la bobine M.

Pour tenir compte de la portion de force magnétisante § nécessaire à l’aimantation de l’anneau C, force qui est constante pour une induction il!) donnée, il faut faire subir une correction aux lectures i de l’ampèremètre. 11 est également nécessaire de tenir compte de l’influence de l’iiystérésis.

A cet effet, la tête de torsion F porte deux index diamétraux i, i', mobiles simultanément devant les deux graduations tracées sur le tambour T.

INSTRUMENTS DE MESURES MAGNÉTIQUES

L’une des graduations fait connaître directement les valeurs de 93 et l’autre celle de la constante C qu’il faut, pour chaque valeur de 93, retrancher des lectures .7.

D’autre part, le tambour T peut tourner sur lui-même à frottement dur, afin de permettre le déplacement des zéros de ses graduations.

Voici comment on procède à une mesure :

L’échantillon étant mis en place, on fait passer un courant dans la bobine M et on règle sa valeur au moyen de la boîte de résistances 11', de manière à amener l’ampèremètre à une valeur approximative S de la force magnétisante choisie. On tourne la tête F jusqu’à ce que l’aiguille f arrive à son repère r, dans une position perpendiculaire à celle du (lux en F. On amène le zéro de la graduation 93 du tambour sous l’index f et on inverse le courant.

Il suffit alors de tordre les fds R de suspension de l’aiguille f jusqu’à ce que l’index de celle-ci revienne devant son repère r. Pendant celte opération, on a soin de ne plus loucher au tambour T.

Fig 231. — Perméamctre de torsion J. Carpentier.

L’index i fait connaître directement la valeur de 93, tandis que l’index ï indique la correction C qu’il faut retrancher de la lecture $ sur l’ampèremètre. La perméabilité correspondant à la force magnétisante^ — C, employée réellement pour l'échantillon seul, est alors :

On peut tracer une courbe des valeurs de g, en répétant l’expérience un certain nombre de fois avec des valeurs de éF — C convenablement choisies.

L’échantillon, ajusté à frottement doux dans l’anneau C, peut être cylindrique ou de forme prismatique ; le courant magnétisant est fourni par une pile constante ou par quelques accumulateurs.

En pratique, la bobine M porte deux enroulements, de chacun 730 spires, qui peuvent être groupés en série ou en parallèle. Le diamètre moyen de l’anneau C est d’environ 15 cm.

Un épaulement e, soudé au tube T', sert à amener l’ensemble de l’aiguille /'et de ses accessoires dans une position bien déterminée lorsqu'on le met en place dans l’ouverture E.

L'appareil est livré avec le barreau type qui, étudié par le constructeur, a servi à étalonner le perméamèlre.

11 y a lieu de noter que l’aiguille f, restant toujours, grâce aux butées, à peu près perpendiculaire à la direction du flux, n’en subit pour ainsi dire pas 1 influence. Son aimantation propre reste donc très longtemps constante; d’ailleurs, si elle variait, il serait facile de déterminer la correction qu’il faudrait faire subir aux mesures. Il suffirait, en effet, de faire un essai avec le barreau étalon dont le constructeur fournit la courbe des perméabilités.

L’ÉLECTRICITE A L’EXPOSITION

Balance magnétique du Bois. — Cet instrument, dont les figures 232 et 233 montrent une vue d’ensemble et un croquis théorique, est construit et exposé par la maison Siemens etHalske.

Il se compose de deux gros blocs en acier C, C', dont les parties supérieures ont même section et sont parfaitement dressées.

Fig. 232. — Balance magnétique du Bois.

L’échantillon AB, entouré d’une bobine magnétisante M, réunit des deux blocs qu’il traverse.

Afin que le contact soit intime entre le barreau et les blocs, le barreau est serré entre deux demi-cônes en fer, qu’on visse]enlre celui-ci et les blocs au moyen d’une clé.

Au-dessus des blocs C, C', se trouve une masse DE en acier coulé, montée sur couteaux I. Le côté E est plus lourd que le côté D, afin d’obtenir l’équilibre de ce système de fléau malgré la légère excentration des couleaux I supportés par la traverse H.

Fig. 233. — Détails de la balance magnétique du Bois.

En regard des parties supérieures des blocs C, C', le fléau se termine par des épanouissements bien dressés et de même section que les blocs.

A la partie supérieure du fléau, on voit line tige le long de laquelle on peut déplacer le contrepoids G, dont l’index est mobile devant les divisions d’une règle graduée ab.

Les surfaces en regard des blocs C, C' et des épanouissements du fléau ne doivent jamais venir au contact. Il reste toujours entre ces parties un entrefer, dont l’épaisseur est de 1 mm du côté où le fléau est incliné.

Une cale de 1 mm d’épaisseur sert à vérifier cette condition.

Pour régler la balance, on place la cale en e, puis on appuie en E sur le fléau, de manière à la serrer. On agit enfin sur la vis V, jusqu’à ce qu’elle vienne toucher la butée f.

INSTRUMENTS DE MESURES MAGNÉTIQUES 13-143

On opère de même du côté D, en transportant la cale en e' et en agissant sur la vis V' après avoir appuyé en D.

Le contrepoids O étant au zéro de sa graduation et la bobine M n'étant pas excitée, on amène la balance à l’équilibre en réglant la position du petit contrepoids V".

Pour faire une mesure, on excite la bobine M avec un courant d'intensité connue. L’équilibre est détruit et on le ramène en déplaçant convenablement le contrepoids G.

La valeur de 33 est proportionnelle à \/d, d étant la distance du poids G au zéro de l’échelle ab.

Les flux en ee' sont égaux ; si, cependant, le fléau s’infléchit du côté e quand on excite la bobine, cela tient à ce que l’excentrage des couteaux I rend inégaux les moments des couples.

L’échelle des indications peut être étendue, en ajoutant au poids G des rondelles de masse connue, visibles en bas de la ligure 235, à côté de la cale de réglage.

Les échantillons sont cylindriques ou prismatiques. Dans les deux cas, leur section doit être de 49 mm2 (diamètre du cylindre, 7,9 mm; côté du carré, 7 mm).

Pour corriger les erreurs dues à l’hystérésis des blocs CG' et du fléau DE, on porte les abscisses, dans le tracé des résultats, à partir d’une courbe située au-dessus de l’axe des x.

Cette courbe, dressée pour chaque instrument, est fournie par le constructeur.

Dans l’instrument exposé et dont la longueur est d’environ 50 cm, des boulons placés à proximité des couteaux permettent d’immobiliser le fléau pendant le transport. Les blocs sont indépendants du support du fléau et peuvent recevoir un petit déplacement au moyen de vis.

Ce déplacement a pour objet de les amener exactement à l’aplomb des épanouissements du fléau et d’éviter ainsi des efforts autres que ceux dirigés suivant la verticale. Un jeu de clés de serrage et des cônes pour barres cylindriques et carrées accompagnent cet instrument qui, fournissant des résultats exacts à 1 0/0 près, est véritablement remarquable de précision, malgré sa simplicité.

Perméamètre du Dr Hubert Kath. — Le principe sur lequel est basé cet instrument (/?(/. 234) a été indiqué en 1886 par M. Marcel Deprez. En Allemagne, le Dr Kopsel a également employé le même principe qui consiste à renverser la destination du galvanomètre Deprezd’Arsonval.

Fio. 234. — Perméamètre Hubert Kath.

Le Dr Hubert Kath a donné à l’instrument que construit la maison Siemens et Ilalske les dispositions de détail qu’il présente maintenant.

Comme le montre la figure 233, cet instrument se compose essentiellement d’un galvanomètre à cadre mobile, dont l’aimant est remplacé par un circuit magnétique excité par une bobine M.

L’échantillon, qui a la forme d’un barreau cylindrique AB, pénètre dans les trous percés à travers deux gros blocs de fer G, D. Ces blocs viennent embrasser le cadre mobile M et la réluctance de l’entrefer est diminuée par la présence du noyau de fer E.

Le barreau, bien ajusté, entre à frottement doux dans les ouvertures des blocs et des vis de pression p, p le maintiennent en place.

On fait passer dans le cadre mobile et par les ressorts spiraux antagonistes un courant d’intensité constante fourni par une pile S de trois éléments à liquide immobilisé, courant qu’un milliampèremètre i permet de mesurer.

Cela fait, si on excite la bobine M, le cadre est dévié proportionnellement au flux dans l’entrefer, c'est-à-dire au flux développé dans le barreau.

Pour éliminer l’effet dûau flux propre des blocs C, D, ceux-ci sont recouverts de bobines M', M", montées en série avec la bobine M et qui sont reliées de manière à diminuer le flux total exactement d’une quantité égale au flux dû aux blocs eux-mèmes.

Quand les bobines M, M', M" sont excitées et que le barreau AB est enlevé, le cadre m , bien qu’étant traversé par un courant, ne doit pas dévier. Cette constatation indique que les bobines compensatrices M', M" produisent exactement leur effet.

Un rhéostat r à trois manettes permet de régler avec précision l’intensité du courant dans le cadre.

Les manettes du rhéostat r, visibles à droite de la figure 233, agissent respectivement sur des centaines, dizaines et unités de résistance ; le réglage de l’intensité du courant dans le cadre peut donc être Irès précis.

A gauche de la figure, on aperçoit un autre rhéostat B servant à régler l’intensité du courant magnétisant fourni par quelques accumulateurs S. Un inverseur Z, placé dans le circuit des bobines M, M', M", permet d’éliminer les effets dus à l’hystérésis.

Pour connaître l’intensité i qu’il faut donner au courant qui traverse le cadre mobile m, on divise un coefficient (gravé sur le cadran du perméamètre) par la section du barreau essayé.

Le coefficient est variable d’un instrument à l’autre, mais il est toujours assez voisin de 0,0086. Si la section du barreau est de 1 cm-, par exemple, l’intensité i devra être de 0,0086 ampère.

Afin d’éviter tout calcul dans la détermination de la force magnétisante, la longueur active ab du barreau est exactement de 12,56 cm = 47rcm. D’autre part, la bobine M a 1000 spires, de telle sorte que la force magnétisante 3 vaut 100 fois l’intensité en ampères du courant I circulant dans les bobines M, M', M'.

Avec deux accumulateurs, la force magnétisante peut atteindre 150 gauss ; elle est doublée au besoin par l’emploi de quatre accumulateurs.

INSTRUMENTS RE MESURES MAGNETIQUES

I ît-l 45

La résistance totale des trois bobines M, M', M" est de 2, GG obms environ. Pour faire un essai, on mesure la section du barreau à étudier, aiin de déterminer l'intensité du courant constant à faire circuler dans le cadre mobile m, et on règle ce courant. On excite les bobines M, M', M" et on s’assure que l'aiguille Q que porte le cadre ne dévie pas.

On met l'échantillon en place, puis on fait varier l'intensité du courant I dans les bobines M, M', M". Ceci s’obtient en amenant la manette du rhéostat R successivement sur chaque plot. Pour chaque position de R, on note l'intensité du courant et la déviation de l'aiguille Q. On recommence finalement l'opération après avoir inversé le courant magnétisant.

Les valeurs obtenues servent à tracer la courbe de i)i> en fonction de courbe dite boucle d’hystérésis. L’échantillon cylindrique peut être remplacé par un autre, formé de tôles de fer, dont on superpose le nombre voulu pour avoir une section équivalente ou à peu près. La section de chaque tôle est mesurée séparément au palmer et l’intensité du courant dans le cadre mobile est réglée d’après la section totale trouvée pour l’échantillon.

Perméamètre à spirale de bismuth. — Avant de décrire cet instrument, exposé par MM. Hartmann et Braun, il est nécessaire de dire quelques mots de la spirale de bismuth, que représente la figure 23G.

Fjg. 236. — Spirale de bismuth du perméamètre Hartmann et Braun.

Cet instrument est formé d’un fil fin isolé en bismuth chimiquement pur, roulé en forme de spirale plate et protégé par deux petits disques de mica collés sur les faces de la bobine. Le diamètre de cette dernière est de 18 mm et son épaisseur est seulement de 1 mm.

La spirale de bismuth a ses extrémités reliées aux deux bornes placées sur le manche qui lui sert de support.

Grâce à ses faibles dimensions, la bobine peut être introduite dans l’entrefer d’une dynamo quelconque dont l'inducteur et l’induit sont traversés par des courants, l’induit étant naturellement immobilisé.

Quand la spirale de bismuth est traversée par un flux de force magnétique, sa résistance varie et la variation relative de cette résistance donne une mesure du flux, lorsque l’instrument a été convenablement étalonné.

La variation relative de résistance est d’environ 5 0/0 par 1000 gauss. Elle est exactement indiquée par une courbe (fig. 237) livrée par le constructeur en même temps que la spirale.

Pour mesurer la variation relative de la résistance de la spirale, on fait usage d’un pont schématiquement représenté sur la figure 238.

Il se compose de deux fils calibrés, le long desquels peuvent se déplacer des curseurs S,. S2,S3, mobiles devant des règles divisées.

En E est une résistance exactement égale à celle de la spirale de bismuth, cette résistance étant celle qui correspond à la température la plus basse à laquelle on s’en servira.

Entre A et B se trouve une bobine de 1 ohm.

La pile du pont se branche entre les points marqués « Batt », le galvanomètre entre ceux marqués « Galv » et la spirale entre les curseurs S,, S3.

La spirale de bismuth étant hors de tout champ magnétique, on met le curseur S, au zéro de son échelle et le curseur S2 devant le chiffre qui correspond à la température de la spirale. Les divisions de la règle relative au curseur S2 sont tracées en rouge.

On déplace le curseur S3 jusqu'à ce que le galvanomètre reste au zéro.

Fig. 237. — Courbe des flux en fonction de la variation de résistance relative de la spirale de bismuth.

Les curseurs S2, S3 restant à leur place, on soumet la spirale aux llux à mesurer et on constate que, pour ramener le galvanomètre au zéro, il faut déplacer le curseur S, jusqu’en C, par exemple.

La distance OC exprime la variation relative de la résistance de la spirale. Il reste à porter celte valeur en ordonnées sur la courbe ( fig . 237) pour que l’abscisse du point correspondant fasse connaître le tlux qui traversait le lil de bismuth.

Fig. 238. — Schéma des connexions du pont double employé pour mesurer la variation de résistance

de la spirale de bismuth.

Le perméamèlre Hartmann et Braun est représenté figure 239. Il se compose d’un cadre en fer de grande section, dont les côtés les plus longs sont légèrement courbés.

Ce cadre, qui rappelle beaucoup celui de l'instrument d’Hopkinson, porte deux trous à travers lesquels on passe à frottement doux l’échantillon à expérimenter.

Celui-ci, comme on peut le voir en haut de la figure sur la coupe du cadre, est en deux morceaux séparés par la bobine en fil de bismuth dont l’épaisseur est de I mm.

Afin que la distance des deux parties de l’échantillon soit toujours la même, la bobine de bismuth est protégée par des disques en laiton et des ressorts en boudin font appuyer les morceaux de l'échantillon contre ces disques.

Une bobine magnétisante entoure le barreau ainsi que la spirale.

Quand on excite cette bobine, la résistance du bismuth varie et on mesure celte variation comme il a été dit ci-dessus.

Connaissant l'intensité du courant d'excitation, le nombre de spires de la bobine magnéti-

INSTRUMENTS DE MESURES MAGNÉTIQUES

sanie et la variation relative de résistance de la spirale, il est facile d’obtenir les valeurs de 93 en fonction de cf, •

La figure 240 montre l’aspect d’ensemble de l’instrument complet.

Le cadre en fer est placé au milieu d'une planchette de 1,10 m delong.

En avant et en arrière cette planchette se trouvent les fils calibrés du pont; S(, S2, S3 sont les trois curseurs.

Fig. 239. — Perméamèlre Hartmann et Braun.

A droite, on aperçoit le galvanomètre apériodique et la clé T à deux contacts successifs servant aux mesures de résistance.

A gauche, on remarque l’ampèremètre destiné à mesurer l’intensité du courant magnétisant, courant qu’on peut interrompre en S.

Fig. 240. — Instrument complet pour la détermination des qualités magnétiques du fer.

Ce courant, fourni par quelques accumulateurs, arrive aux bornes K, la pile du pont étant reliée aux bornes k.

Les indications fournies par cet instrument sont très exactes et la manipulation en est fort simple.

Il y a lieu dénoter que les essais doivent être cependant exécutés rapidement afin d'éviter tout échauiïement de la bobine de bismuth dont la température Serait alors inconnue. Si ce fait se produisait pendant les expériences, les résultats seraient naturellement erronés, puisque la

variation relative (le résistance ne serait plus exclusivement due à l’action du flux sur le bismuth.

La longueur de la bobine magnétisante, mesurée entre les faces internes du cadre, est exactement de 15,56 cm.

Le diamètre du barreau à essayer est de 1 cm ; les faces en contact avec la spirale de bismuth doivent être soigneusement dressées.

HYSTÉRÉSIMÈTRE

Hystérésimètre Blondel-Carpentier. — Un seul de ces instruments figurait à l’Exposition : c’était celui de MM. Blondel-Carpentier, construit et exposé par M. J. Carpentier {fy. 541).

Cet instrument est basé sur le principe suivant : pour aimanter une masse de fer, il faut dépenser une certaine'qu antité d’énergie ; s’il n’y avait pas d’hystérésis, celte énergie se retrouverait entièrement à la désaimantation; mais, par suite de l’hystérésis, une partie de l’énergie est absorbée et se retrouve sous forme de chaleur. Il s’ensuit que la mesure de l’énergie dépensée, lorsqu’on fait passer le fer par un cycle magnétique déterminé, peut servir à la mesure de l’hystérésis. Lorsqu’une masse de fer est soumise à l’action d’une force magnétisante telle que l’induction passe alternativement d’une valeur positive à la même valeur négative, la dépense d’énergie causée par l’hystérésis est donnée, pour chaque cycle et par centimètre cube de fer, en fonction de l’induction maximum atteinte 95, par la formule de Sleinmetz :

La connaissance du coefficient rç suffit à caractériser le fer essayé et la détermination de l’hystérésis peut être ramenée à une seule mesure pour une grandeur connue de 95. Pour comparer simplement des qualités de fer différentes, il suffit de faire les mesures avec une valeur constante de 95.

L’hystérésimètre Blondel-Carpentier permet d’effectuer la mesure d’une autre manière : si on place un cylindre de fer doux dans un ebamp magnétique, son axe étant perpendiculaire aux lignes de force et si on fait tourner le champ autour de l’axe, on voit le cylindre tourner. Grâce à l’hystérésis, l’aimantation persiste dans le cylindre, dans la direction où elle se trouvait tout d’abord. La résistance au déplacement des lignes de force peut être mesurée et elle donne ainsi un moyen de déterminer la valeur de fhystérésis.

Dans l’hystérésimètre Blondel-Carpentier, l’échantillon de fer à essayer est mis sous forme d’anneaux plats qui sont placés sur un support en laiton s’adaptant sur un arbre vertical. Cet arbre repose à sa partie inférieure dans une crapaudine et sa partie supérieure pivote dans une cbape fixée au milieu de la glace servant de couvercle à l’instrument. Cet ensemble est porté par la platine supérieure et forme un ensemble rigide, de sorte que les anneaux de fer peuvent tourner avec l’arbre, mais ils sont ramenés constamment à la même position par un ressort hélicoïdal. Pour éviter les oscillations gênantes pendant que l’on effectue une mesure, le tube qui porte la crapaudine et qui contient l’arbre et le ressort est rempli de valvoline épaisse dont la viscosité est suffisante pour amortir les oscillations.

INSTRUMENTS DE MESURES MAGNÉTIQUES

La position du fer est indiquée par un index qui se fixe à frottement sur l’arbre, au-dessus du porte-objet. Un cercle divisé, solidaire de la glace, permet de repérer la position de l’index et, comme ce cercle tourne avec la glace, on peut placer le zéro de la graduation où cela est nécessaire.

Le champ magnétique est produit par un aimant en fer à cheval, à branches verticales, reposant sur une crapaudine et guidé, dans le haut, par trois galets qui appuient sur la circonférence d’un disque solidement attaché à l’aimant. Cette disposition permet de faire coïncider rigoureusement l’axe de rotation de l’aimant avec l’axe géométrique des anneaux de fer et assure l’aimantation uniforme de ces derniers. Le pivot inférieur est surmonté d’un petit disque sur lequel vient appuyer un galet en cuir, commandé par un boulon moletté et une manivelle.

L’aimant a été choisi de manière à produire une induction maximum d’environ 10 000 gauss.

Pour effectuer un essai, on découpe l’échantillon de fer en forme d’anneaux de 55 mm de diamètre extérieur et de 38 mm de diamètre intérieur. On en superpose un nombre suffisant pour obtenir une épaisseur de 4 mm. Les disques ainsi obtenus, bien recuits, sont placés sur le support destiné à les recevoir où ils sont maintenus par des taquets; le tout est ensuite monté sur l'arbre et une goupille rend la position du support invariable. On place ensuite l’index, puis la glace et l’instrument est alors prêt à fonctionner.

On fait ensuite tourner l’aimant à l’aide de la manivelle. Pendant cette rotation, la réaction due aux pertes hystérétiques exerce un couple sur les disques de fer dont l'ensemble tend à être entraîné dans le sens du mouvement. En tordant un ressort en boudin, on ramène les disques à leur position première et c’est la mesure de cette torsion qui fait connaître l'hystérésis relative des échantillons. L'aimantation changeant constamment de sens avec la position de l’aimant, on mesure ainsi l 'hystérésis tournante , c’est-à-dire celle qui existe dans les induits de machines à courant continu. L'hystérésis ainsi mesurée est appelée tournante par opposition à l’hystérésis alternative à laquelle est soumise le noyau d’un transformateur.

Lorsque l’équilibre est obtenu, c’est-à-dire lorsque le couple de torsion du ressort fait équilibre au couple exercé par l’aimant, l’essai est terminé. En désignant par Y le volume du fer essayé, par ic le couple du ressort exprimé en ergs par radian, par 0 le double de l’angle de déviation, c’est-à-dire la lecture faite sur le cercle divisé exprimée en radians, et par n le nombre de tours de l’aimant par seconde, on a :

il suffit donc de multiplier la lecture par un coefficient numérique, déterminé une fois pour toutes, pour obtenir directement la perte en ergs par centimètre cube du fer essayé, à la valeur de 53 donnée par l’aimant.

L’étalonnage de cet instrument se fait généralement au moyen d’un échantillon étudié préalablement par la méthode balistique ; on peut aussi déterminer le couple du ressort par la méthode des oscillations.

Avec l’hystérésimètre Blondel-Carpentier, les qualités hystérétiques des fers peuvent être appréciées à 5 0/0 près; or, les méthodes balistiques donnent rarement plus de précision et les opérations de mesure sont plus pénibles.

INSTRUMENTS DIVERS ET APPAREILS ACCESSOIRES POUR INSTALLATIONS DE MESURE ÉLECTRIQUE

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