INDUCTION É L E C T H 0 - D Y N A M I (J U K
introduit à l'intérieur des hélices destinées à produire l'induction, soit qu'on se serve de courants inducteurs, soit des décharges électriques, soit de l'action des aimants.
Quand on opère avec des décharges électriques ordinaires, l'introduction d'un corps solide de fer dans l une des hélices de l'inducteur différentiel (instrument dont se servit M. Dove pour faire des expériences) affaiblit l'action physiologique, calorifique et de tension, autrement dit, électroscopique, de la décharge; mais en augmente l'effet d'aimantation.
Quand on emploie des courants voltatqnes dans l'induction, la présence d'un solide de fer dans l'une des hélices augmente indistinctement tous les effets électroscopiques et d'aimantation.
L'introduction d'un faisceau de fils de fer agit comme celle de la masse solide avec les courants vollaïques, c'est-à-dire qu'elle nuymente tous les effets quand on se sert des décharges électriques, sauf l'effet calorifique, qu'elle diminue.
Enfin, quand, pour aimanter le fer, au lieu d'employer des courants ou des décharges électriques, on se sert d'un aimant, <»n n'augmente pas l'action du courant d'induction en divisant le fer en fils ; de môme qu'elle ne diminue pas non plus quand on entoure ces fils d'une enveloppe conductrice.
11 résulte de l'étude de tous les faits énoncés par M. Dove que la diversité d'effets observée dans les courants d'induction provient d'une différence dans leur durée, et non d'une différence dans leur énergie, et que l'enveloppe métallique qui entoure un faisceau de fils ou la surface unie d'un cylindre massif, sur lequel se développent aussi des courants d'induction, n'affaiblit pas, mais ralentit seulement l'action de celte force.
Enfin nous dirons que M. Dove a fait une étude spéciale des courants qui développent un autre courant induit dans le conducteur même qu'ils parcourent : il leur a donné le nom de contremrants pour les distinguer des juxta-contants qui ont lieu dans les circuits parallèles au circuit inducteur.
Théorie de C induction. — « Sans recourir à des notions et à des calculs aussi profonds que Wcber et Neumann, dit M. de la i. 19
Rive, j'estime qu'on peut considérer l' induction comme le résultat de la décomposition par influence de l'électricité naturelle de chaque particule du conducteur induit par les électricités déjà séparées de chaque particule correspondante de l'inducteur. Pour cela il faut admettre que la propagation du courant se fait par une série de décompositions et de recompositions des électricités des molécules successives.
« Soit donc AB (flg. 136) un conducteur traversé par un courant dans la direction de A en B ; les particules successives dont il se compose ont leur électricité naturelle décomposée, les — tournés du côté de A, où est le pôle positif de l'appareil, et les 4tournés vers B. où est le pôle négatif. Les électricités, dès qu elle?
lia. I7>G.
ont été séparées, se combinent de particule à particule, savoir : la négative de a avec la positive du pôle A, la négative de b avec la positive de a, et ainsi de suite jusqu'à la positive de h, qui se combine avec la négative du pôle B. Cette recomposition, qui est instantanée, est immédiatement suivie d'une nouvelle décomposition, et celle-ci d une recomposition, et ainsi de suite. Cette succession de décompositions et de recompositions est tellement rapide, qu'il y a toujours, ainsi que l'expérience le démontre, une tension électrique dans chaque particule du conducteur, de sorte qu'on peut regarder que l'état dans lequel il est représenté dans la figure loti, que nous appellerons état de polarisation, est à peu près permanent.
« Soil maintenant un second conducteur A'B (fig. iôO) semblable au premier, aussi rapproché que possible de lui, tout en èlant isolé par de la soie ou de la cire ; au moment où Ton fait passer un courant dans ABci où l'on polarise par conséquent ses particules, on produit dans A'B une polarisation moléculaire opposée, le 4- de chaque particule étant vis-à-vis du — de chaque particule de AB et le — devant le -K 11 en résulte que si, au moment où AB est envahi par un courant, les deux extrémités de A'B sont réunies par un conducteur, tel que le fil d'un galvanomètre, le -4- de la molécule a' se combine, à travers ce conducteur, avec le — de la molécule h', et produit ainsi un courant instantané dirigé de A' à B' dans le conducteur, de B à A' dans le fil A'B lui-môme, c est-à-dire en sens contraire du courant inducteur. De môme, si, au lieu d'être réunies par un conducteur, les extrémités A' et B' communiquent avec les deux plateaux d'un condensateur, A' lui donne une charge d'électricité positive et B' . une de négative. Dès que a' a perdu son électricité positive et h' sa négative, la négative de a' se trouve dissimulée par la positive de 6', et ainsi de suite jusqu'à la négative de g\ qui est dissimulée par la positive de h' ; ces électricités ne se neutralisent pas, parce qu'elles sont retenues par les électricités opposées des particules de AB; mais, au moment où le courant cesse de passer par ABy alors si les deux extrémités de A'B' sont unies par un conducteur, l'électricité négative de a' se réunit avec la positive de h\ et en môme temps les électricités contraires de chacune des particules a'b'dd'e'f et se combinent, et il en résulte un courant qui va dans le conducteur de B' en A' et de A' en B' dans le fil A'B lui-môme. Ainsi A'B est traversé, dans ce cas, par un courant dirigé dans le môme sens que le courant inducteur. L'état de tension électrique dans lequel se trouve le fil A'B' pendant que le courant traverse AB est celui que Faraday avait appelé électro-tonique; et la cessation de cet état produit le second courant d'induction, tandis que sa création avait produit le premier. On conçoit, d'après la théorie qui précède, que la tension électrique des molécules extrêmes sera d'autant plus forte que le fil induit sera plus long; car, s'il est court, les deux électricités
accumulées à ses deux extrémités se réuniront plus facilement à travers le fil lui-même; d'un autre côté, pour produire un fort courant, il faut qu'il soit bon conducteur, afin que la décomposition des électricités naturelles de chacune de ses particules et leur recomposition se fassent plus facilement, et par conséquent plus vite et en plus grande proportion. Au fond, dans la théorie que nous venons de donner, la production des deux courants instantanés d'induction est tout à fait semblable à ce qui se passe dans la charge et la décharge par cascade de plusieurs bouteilles de Leyde consécutives, dont l'armure intérieure de chacune communique avec l'extérieure de la précédente. »
Quoique les pages de ce livre ne soient peut-être pas un endroit bien convenable pour discuter la valeur des opinions d'un auteur, nous ne pouvons nous dispenser néanmoins de faire quelques ré- . flexions sur la théorie que nous venons de transcrire, et d'exposer le plus brièvement possible celle que nous a suggérée une étude approfondie de cette matière. Nous n'avons pas voulu donner seule la théorie de M. de la Rive, parce que ses explications nous semblent au moins obscures, et que nous croyons ce sujet trop intéressant pour ne pas nous efforcer de l'éclaircir. Nous ne pouvions pas davantage nous contenter de donner la nôtre seulement, air, tout arrêtées que soient nos convictions, nous avons pour but de présenter les faits fondamentaux de l'électricité, et de les expliquer de la manière la plus généralement admise. En exposant les deux théories à la fois, il ne peut résulter d'autre inconvénient que celui d'avoir occupé un moment de plus l'attention de nos lecteurs.
Nous admettons avec M. de la Rive que la propagation du courant se fait dans le fil AB ^fig. par une série de décompositions et île recompositions des électricités des molécules qui produit Yètat de polarisation presque peimanent. Nous admettons mi>si la polarisation moléculaire opposée, qui se produit sur le fil A li'; mais nous ne crayons pas que le courant contraire au prinmii e ou inducteur soit reflet de la combinaison à travers un conducteur de l'électricité de la première molécule a' avec l'élec-
tricité — de la dernière h'; nous pensons qu'il résulte simplement du mouvement produit dans chaque molécule dans la direction de
à A', au moment de la première décomposition dans l'inducteur AB ; en un mot, que la polarisation n'est pas presque mais tout à fait permanente dans le conducteur induit, et qu'il n'y a pas de décompositions et recompositions successives, ce qui constitue le courant dynamique.
Si Ton veut bien faire attention que, dans le fil induit, il n'y a pas d'action électro-motrice qui provoque ces décompositions et recompositions ; que l'état de polarisation n'est produit que par l'influence que dissimule l'électricité en état de tension; que. plusieurs causes, comme les milieux interposés entre les deux conducteurs, influent sur l'action de l'induction et la retardent, el que l'électricité de la pile, ou l'action électro-motrice, doit avoir rencontré plus de résistance et avoir été par conséquent plus lente dans la première décomposition des électricités naturelles de chaque molécule que dans les recompositions et décompositions suivantes, on n'aura pas trop de violence à se faire pour supposer que l'électricité, dans le conducteur induit, ne puisse pas suivre les mouvements rapides qui ont lieu dans chaque molécule du fil inducteur, et reste dans l'état de polarisation où la laisse la première décomposition, c'est-à-dire dans un véritable état de tension électrique, mais sans les propriétés de l'électricité dynamique ou en mouvement. Celte hypothèse explique l'état électro-tonique, que l'on conçoit avec moins de difficulté en le comparant à un phénomène optique : celui d'un espace ou ligne parcourue avec une grande rapidité par un point lumineux; chaque point de cette ligne est lumineux et cesse de l'être, et cependant notre rétine ne perçoit pas l'impression de ce changement, à cause de la vitesse avec laquelle il a lieu.
Une fois expliqués le courant induit, contraire au primaire ou inducteur, et l'état électro-tonique ou électro-statique, comme nous proposerions de le nommer, il est facile de se rendre compte de quelle manière a lieu le courant induit qui se dirige dans le môme sens quand on rompt le circuit inducteur. Non comme l'explique M. de la Rive, parce qu'il se produirait un
courant en sens contraire de celui qui doit résulter et que donne l'expérience, à moins de recourir à la destruclion de l'électricité H- de a' et à celle — de h!; élimination qui nous semble au moins obscure. A notre avis, aussitôt que cesse l'action électro-motrice de la pile, la polarisation, n'existant plus sur le fil inducteur AB, ne doit plus exister non plus dans le fil A'B?t les électricités de leurs molécules se recomposent de nouveau, et il y a dans chacune d'elles un mouvement dont la somme constitue un courant qui va de A' à B',car c'est cette direction que prend l'électricité positive, contraire à celle qu'elle avait prise dans la polarisation, et dans le môme sens que le courant inducteur.
Ayant exposé ces théories du cas le plus général et le plus simple de l'induction, de celui qui est regardé comme fondamental il est inutile d'entrer dans les mômes détails relativement aux courants produits par les aimants et autres pareils, car ils ne sont que des cas particuliers qui se rapportent à la môme théorie.