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expériences qu'il entreprit dans ce sens n'aboutirent pas, et il laissa à de plus heureux que lui la gloire d'achever sa découverte.
Ce fut Faraday, l'illustre physicien anglais, qui,
en 1 852, s'aperçut qu'un fil, parcouru par un courant électrique et approché brusquement d'un autre fil h l'état naturel,' développe dans ce dernier un courant instantané d'clcctricilé. Tel fut le premier phénomène d'induction. Faraday l'éludia avec soin, et il en déduisit tous les autres.
Si le fil, parcouru par le courant, au lieu de s'approcher du fil naturel, s'en éloigne, le rcsullat est le même ; mais si les liU restent immobiles à côté l'un du l'autre, rien ne se produit. De même l'expérimenlateur peut ne pas faire mouvoir les (ils ; il peut simplement lancer ou retirer brusquement le courant électrique,
et, par, suite de ce seul Tait, le fil naturel est encon traTersé par un couraot instantané d'électricité. Enfin, ce qui est Irès-curicui, en approchant ou en éloignant d'un (il naturel non plus un lil traversé par un courant, mais un morceau de fer aimanté, on produira les mêmes effets. Ces courants instantanés sont appelés courantt mduitSy et ils sont révélés par un galvanomètre ou une boussole ordinaire.
Ainsi, par une simple acliun mécanique, en faisant mouvoir un fil électrisé'ou un nimant dans le voisinage d'an {!l naturel, on produit dani celui-ci un courant induit d'une très-courte durée, mat!
qui peut devenir très-énergique, selon la vitesse dn mouvement du fil électrisé. Il n'est donc plus besoin de pile pour produire un courant électrique. Tels sont les grands faits découverts par Faraday, telle est la conséquence la plus immédiate qui se tire des phénomènes. L'illustre auteur ne se borna pas à découvrir ces faits, il en trouva les lois principales, et fit presque entièrement connaître l'induction. Ce qui frappa le plus les physiciens, ce fut d'apprendre qu'un morceau d'acier aimanté agissait exacietnent comme un fil traversé par un Courant éleelriquc. Ampère assimila alors les aimants aux courants, et prononça cette supposition d'une extrême hardiesse: «Les aimants sont des corps t^aTe^
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ses d'une manière permanente par des courants électriques. D
Voilà donc deux séries de faits, séparés jusqu'à ce jour, les phénomènes magnétiques, et les phénomènes électriques, maintenant rapprochés et confondus. Nous avions vu d'abord des faits qui semblaient n'avoir au- (îun rapport les uris avec le^; autres ; nous avions été trompés par' la dissemblance des effets au point d'en conclure lu dissemblance des causes. Mais par une étude plus approfondie, nous avons reconnu notre erreur, et Ampère a pu proclamer cette vérité : « Une môme cause peut produire des effets très-différents entre eux. » Ainsi marche la science : à chaque pas, elle renverse et détruit une erreur. On a d*abord entassé des faits pêle-mêle, sans ordre et comme si chacun d'eux était dû à une cause spéciale ; puis, du milieu de ce fouillis de choses, par l'étude sérieuse des unes et des autres, des nouvelles et des anciennes, des utiles et des inutiles,* on a vu se dégager lentement la splendide vérité. Alors tout a été éclairé d'un jour nouveau ; les faits se sont groupés avec ordre en se rapprochant mutuellement , et on a pu avec une joie infinie contempler la sublime simplicité de la science.
Le grand travail de notre génération est d'éclairer et d'alfirmer ce qu'avaient découvert nos pères. Déjà, dans une autre partie des sciences luit un ^our éclatant : on a proclamé l'identité des causes de la chaleur et de la lumière. Ces deux effets d'une même cause, agissant d'une manière différente, sur des organes également différents, avaient d'abord aussi été séparés : on les réunit aujourd'hui, et la photographie a été l'une des
conséquences pratiques de cette découverte. Un jour viendra probablement où l'on rapprochera de même l'électricité de la chaleur et de la lumière ; et ces trois causes seront confondues, et témoigneront par leur réunion que l'homme avance de plus en plus dans la connais^nce des secrets de la nature.
Le génie d'Ampère a ouvert la voie en réunissant Télcctricitè et le magnétisme. De ce grand fait sont déjà sorties de grandes conclusions. Qui peut prévoir de quelle importance sera la réalisation complète de nos espérances? Mais à quelque distance que nous soyons .encore de ce but envié, il est bon de répéter souvent, et jusqu'à la conviction de tous, que ce sont les idées théoriques qui conduisent aux grandes inventions, et que,, seules, elles peuvent enrichir la science de vérités générales.
Toutes les applications de l'induction, par exemple, •découlent de Thypothèse théorique d'Ampère sur les aimants. Sans cette hypothèse, les phénomènes découverts par Faraday eussent été stériles et encombreraient l'étude de Télectricité. Un morceau de fer est aimanté d'une manière passagère par un courant électrique, et c'est là le principe de la télégraphie. Un morceau d'acier, au contraire, aimanté par un courant électrique, conserve son aimantation ; il emmagasine, pour ainsi dire, l'électricité, et peut ensuite la manifester à un moment donné; il devient un réservoir qui parait inépuisable et capable de produire des courants électriques, tout seul, sans piles, sans générateur apparent : ainsi, dans une machine à vapeur, le volant, qui paraît être au premier abord une cause de dépense inu-
,g lilc de force, est, au contraire, un vaste réservoir de Irayail, et permet à la machine de fonctionner régulièrement, même lorsque la force motrice est épuisée. C'est en cela que consistent la valeur pratique de Vidée d'Ampère et le principe sur lequel sont fondés les appareils d'induction.