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LES MOTEURS SÉRIE ET LES MOTEURS A RÉPULSION

Malgré ces artifices, trop compliqués d'ailleurs, le démarrage est toujours difficile et parfois incertain ; le moteur à courant alternatif simple, puissant et pratique, restait à trouver, et le problème avait une haute importance; particulièrement^ il serait fort avantageux de pouvoir employer pour la traction le courant monophasé qui n'exige qu'un seul fil aérien, quand on utilise les rails comme conducteurs de retour.

Dans ces dernières années, plusieurs ingénieurs se sont attaqués, non sans succès, à cette intéressante question, et l'on possède aujourd'hui des appareils qui fonctionnent d'une manière satisfaisante.

Depuis longtemps, on a remarqué qu'un moteur série à courant continu peut être, en principe, alimenté par un courant alternatif simple. Nous avons vu, en effet, que si l'on vient à changer simultanément le courant dans l'inducteur et dans l'induit d'un tel moteur, ce moteur continue à tourner dans le même sens ; l'organe mobile est toujours soumis à un couple pulsatoire qui dépend du carré de Pin-

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tensifé et dont le signe reste invariable quand l'intensité se renverse.

Mais, en fait, les phénomènes d'hystérésis, les courants de Foucault et la self-induction empêcheraient l'appareil de fonctionner s'il n'était construit d'une manière spéciale. Il convient, tout d'abord, de feuilleter l'inducteur comme l'induit lui-même ; mais, Si l'on réduit ainsi suffisamment les courants de Foucault, on n'améliore pas la commutation qui est extrêmement mauvaise dèô que la puissance devient un peu considérable. Aussi, pendant assez longtemps, les moteurs de ce genre ne reçurent-ils que des applications modestes : ils servaient, par exemple, à faire mouvoir des ascenseurs ; la facilité avec laquelle ils démarrent les rendaient assez propres à cet usage.

Mais, dès que l'on veut obtenir une valeur un peu élevée du facteur de puissance, on est obligé de diminuer beaucoup l'entrefer et la réaction de l'induit devient considérable. D'autre part, dans le bobinage de l'iiaduit que les balais mfettent en court-circuit, des forces électromotrices alternatives, engendrées par la variation du flux de l'inducteur, viennent encore augmenter la difficulté de la commutation. Pour remédier à ces graves inconvénients, on peut songer à divers artifices. On disposera, par exemple, sur l'inducteur un enroulement compensateur transversal, capable de produire un flux opposé au flux propre de l'induit, et, d'autre part, on introduira des résistances entre le collecteur et l'induit pour diminuer les variations d'intensité en court-circuit.

Dès 1901, M. Marius Latour avait indiqué un autre

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procédé, élégant et ingénieux, pour supprimer les forces électromotrices nuisibles; ce procédé consiste à employer un enroulement auxiliaire qui produit un champ décalé à. angle droit par rapport au champ principal.

Un précieux avantage des moteurs série est de pouvoir, assez aisément, fonctionner aussi bien avec du courant continu qu'avec du courant alternatif; pour certains tramways, l'on peut ainsi passer commodément d'une distribution avantageuse, hors la ville, aune distribution, plus prudente, à l'intérieur de la ville même.

Il existe encore d'autres moteurs à courants monophasés reposant sur un principe différent; on les appelle les moteurs à répulsion. Entre les pôles d'un inducteur excité par, le courant alternatif, on dispose un induit analogue à celui d'une dynamo ordinaire dont les balais sont mis en court-circuit.

Si les balais étaient calés sur la ligne neutre ou sur la ligne des pôles, l'induit resterait, on le voit aisément, immobile; mais, si leur axe est incliné d'une trentaine de degrés par rapport à l'axe d'enroulement de l'inducteur, un couple prend naissance à cause des actions électromagnétiques qu'exerce le champ sur les courants induits dans l'anneau mobile. Au synchronisme, ce moteur à répulsion a une commutation parfaite, parce que le flux tourne alors avec la même vitesse que l'induit. A l'Exposition de 1889, M. Elihu Thomson avait déjà présenté un appareil de ce genre, mais qui, à cause de son rendement très médiocre, n'avait guère attiré l'atten-

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