L*ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
tribuer commodément de grandes quantités de lumière n'a d'ailleurs pas été étrangère à la création des besoins qu'elle permettait de satisfaire ; ainsi, une fois de plus, par le jeu des actions et des réactions, les organes et la fonction se développaient solidairement,
On a publié, au sujet des exigences toujours croissantes de l'œil humain, d'intéressantes statistiques ; dans une très belle conférence, faite il y a déjà de nombreuses années, l'un des Maîtres de la physique, M. Mascart, cite en particulier quelques faits très curieux.
En 1785, le roi Louis XVI donnait, dans la salle des Glaces du palais de Versailles, une grande fête; d'après les comptes qui ont été retrouvés, l'on employa 1800 chandelles de cire et cette quantité correspondait environ à deux dixièmes de bougies par mètre cube; les gazettes d'alors relatèrent comme un événement prodigieux cette orgie de lumière et il se trouva sans doute bien des personnes pour blâmer un tel luxe. Un siècle à peu près s'écoule et, pour un noble personnage qui vient rendre visite à la France, la salle des Glaces se rouvre: en 1873, on offre au shah de Perse une réception et l'on allume 4.0Q0 bougies correspondant à plus de quatre dixièmes de bougies par mètre cube; les journaux qui rendirent compte de la soirée ne font aucune remarque particulière sur l'éclairage qui parut évidemment très normal. Cinq ans plus tard, en 1878, au moment de l'Exposition universelle, on crut devoir, pour une nouvelle fête au même endroit, doubler encore l'éclairage qui,
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que Ton croyait très solidement établis, mais un examen attentif fut beaucoup plus favorable et l'œuvre édifiée par les Kirchhoff, les §tephan, les Boltzmann, qui avait paru un instant compromise, est, au contraire, désormais consolidée par de nouveaux travaux dus à MM. Pringsheim et Lummer, Wien, Rubens, Ch,-Ed. Guillaume, Le Chatélier, Fery, etc. Pour comprendre les perfectionnements apportés par les recherches récentes dans la production de la lumière électrique, il est nécessaire d'avoir présents à l'esprit quelques principes essentiels que nous rappellerons brièvement.
Un corps lumineux est un corps qui communique à l'éther environnant des vibrations plus ou moins complexes, mais quelques-unes d'entré elles doivent être capables d'impressionner notre œil et ont, par conséquent, des longueurs d'onde comprises entre 0,8 et 0f*,4. Ce corps rayonne ainsi autour de lui une certaine puissance qui doit nécessairement trouver son origine en quelque endroit.
Le plus souvent ce sera une source calorifique qui fournira â la substance rayonnante l'énergie qu'elle émet; il s'agit alors d'un phénomène d'incandescence et l'on se trouve en présence d'un rayonnement thermique proprement dit.
Dans d'autres cas, le corps subira des modifications chimiques, tel le phosphore qui s'oxyde, ou recevra un apport d'énergie électrique, tel le gaz lumineux du tube de Geissler, illuminé par une décharge électrique, et l'on dira que l'on a affaire à une source luminescente.
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