Trois minutes après, Tom rapportait la chose
il y avait la plus grande probabilité qu’elles eurent Georges Sand pour héroïne. L’existence de ces caricatures semble donc être un fait acquis; il reste seulement à savoir si Musset en fut l’inspirateur.
Une très grande quantité de caricatures érotiques furent, vers cette époque, suscitées par la chronique scandaleuse de la vie de Napoléon III et de celle de l’Impératrice Eugénie, toutefois la plupart du temps elles présentaient un caractère de pamphlet politique, ou tout au moins elles cherchaient à se réclamer de ce prétexte.
Une histoire objectivement raisonnée, a depuis longtemps montré que, comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire, Napoléon III n’était certes pas le monstre de perversité et de débauche sous l’aspect duquel des contemporains l’ont travesti, mais cependant qu’il a contribué puissamment à laisser s’accréditer sur son compte une semblable légende. Il est certain qu’il avait une mentalité identique à celle de son entourage et on sait, comme l’a du reste raconté la Princesse Mathilde (pourtant à lui très dévouée) qu’il eut, en même temps, jusqu’à trois maîtresses. Et on peut voir jusqu’à quel point il s’inquiétait peu que les potins de la cour prissent pour cette cible son libertinage, par ce récit, fait par la princesse Mathilde à un confident, d’un entretien qu’eut Napoléon III avec la belle comtesse Walewska.
„Je sais que l’Empereur est très imprudent, qu’il ne se gêne guère, et que l’année dernière, à Compiègne, comme nous étions tous en chemin de fer, dans le wagon impérial, divisé en deux compartiments, Madame Harnelin et moi avons été témoin des entraînements amoureux de sa Majesté pour Marianne Walewska. Madame Mamelin et moi étions assises contre la porte battante qui sépare les deux compartiments. L’Empereur était seul d’un côté avec Marianne, l’Impératrice, Walewski, tout le monde enfin, se trouvait dans l’autre compartiment, la porte battait par le mouvement même du wagon et nous a permis de voir mon très cher cousin à cheval sur les genoux de Marianne, l’embrassant sur la bouche, et plongeant une main dans son sein.“
De semblables potins couraient également sur le compte de l’Impératrice, d’aucuns prétendaient même que l’Empereur, en lui étant infidèle ne faisait que la payer de retour, et qu’il aurait même eu du mal à lui rendre toute la monnaie de sa pièce.
Dieu!... que vous avez les mains froides!