CHAPITRE V
La pratique de l’élevage dans les établissements de l'Etat et chez les particuliers
À. — Etablissements de l'Etat
La saison de monte dans le haras lui-même s’étend du 1° février jusqu’au 15 juillet; dans les dépôts d’étalons, elle commence le 1°” mars seulement et se termine le 1* juillet. A l’ouverture de cette saison, un projet a été préparé d'avance par le Directeur du Haras, et confirmé par le Ministre de l’Agriculture ; on prévoit, pour chaque étalon, selon ses qualités individuelles, le nombre des juments qu’il pourra saillir, et lorsque les demandes de saillies dépassent ce nombre, on détermine par avance, nominativement, les juments qui seront admises au service de l’étalon ; la méthode de monte pratiquée au haras et dans les dépôts est la monte en main, réalisée avec les précautions d’usage.
Les montes ont lieu le matin vers 8 heures. Le règlement prévoit seulement une monte par étalon et par jour. Exceptionnellement, il peut y avoir une monte d’après-midi.
Au printemps, les juments sont envoyées en troupeau au pâturage. Pour reconnaître celles qui sont en chaleur, on utilise comme boute-en-train, un vieil étalon qu’un cavalier spécialiste conduit, chaque après-midi à travers le troupeau. Le cavalier note les juments qui paraissent en chaleur, les examine de nouveau le lendemain, et si elles semblent alors dans les mêmes dispositions physiologiques, elles sont présentées à l’étalon qui leur est destiné.
Pour éviter toute erreur, on tient les registres suivants :
a) Registre pour l’épreuve et la saillie des juments mères.
b) Registre pour les épreuves de juments déjà couvertes.
c) Registre des juments en chaleur.
d) Registre pour l’activité des étalons « pipinéri ».
Après une première saillie, les juments sont laissées tranquilles pendant 9 ou 10 jours ; elles sont ensuite présentées à l’étalon, selon les règles habituelles.
INSÉMINATION ARTIFICIELLE
L’insémination artificielle peut être employée dans des buts divers : pour combattre certaines causes de stérilité, pour prévenir diverses maladies contagieuses, susceptibles d’être transmises par le coït, notamment la dourine, très fréquente dans notre pays.
En Bulgarie cette méthode est encore peu répandue. Elle a été utilisée pour la première fois, en 1924, dans le haras Kabiuk, par le Docteur Moritce ; elle a ainsi donné, dès le début, de bons résultats : sur trois ju-
di
ments restées stériles depuis cinq ans, et soumises à l’insémination artificielle, deux furent fécondées.
Mais cette méthode peut être surtout précieuse lorsque les étalons de valeur sont en nombre insuffisant ; on peut, en effet, recueillir, selon la méthode d’Ivanoff, le sperme émis lors d’un rapprochement sexuel normal, et féconder ainsi 10 à 15 juments ; d’où la possibilité, tout en ménageant l’étalon et en le préservant contre des contagions possibles, de multiplier les services de ces individus d'élite. Dans ce but, la méthode est employée de façon courante en Russie, où elle a rendu de grands services.
C’est là un exemple qui mérite d’être retenu et médité dans les pays qui, comme le nôtre, ont un nombre très réduit d’étalons perfectionnés.