ACTE I, SCéNE XII
beaucoup d'intensité, tu es profondément émue... Alors, le péril où se trouvent brusquement jetés ces deux enfants, ce péril évoqué par leur père t'a suggéré d'effrayantes images... (Tendrement.-) N'est-il pas vrai?
EDITH
Oui... (Un tressaillement.) C'est affreuX !
ANDRE
Affreux. (Une pause.) Mais, je l'ai dit, je ne partai^c pas la tragique certitude de Courtin.
EDITH levant la tête.
Non ?
ANDRÉ
Mais non!... Ce qu'il faut bien admettre, hélas, c'est que ses (ils appartiennent aux troupes les
[ilus exposées!... (Un hochement de tête douloureux.)
Ah!... (Une pause.) Quoi qu'il arrive, Courtin se comportera magnifiquement. Quelle àme! 11 n'a pas varié d'un fil depuis l'âge oii nous étions les deux élèves préférés de ton père ! Le pauvre
ami !... (Un temps. Edith est retombée dans son accable-
l'élévatiow
ment.) Ma chéfie, tu devrais prendre une tasse de thé très chaud, avec un peu de rhum.
EDITH
Oh 1 non... C'est complètement passé.
ANDRÉ, lui ayant posé, une seconde, la main sur le front.
Eh bien, Edith, elle fonctionne la machine infernale! L'empereur allemand l'a déclanchoe, — et bien délibérément, j'en suis convaincu (Cne pause.) Cet homme commet le plus grand crime de l'Histoire. (Unepgiuse.j 11 sera puni! Je le crois absolument. Car la conscience humaine existe!... Mais, le prix de cela!... (Un instant n se
cache la figure dans les mains, puis, se redressant :) Laissons ces pensées! A compter de cette minute, toute mon attention, toutes mes forces, je les dois. {Une pause.) Je vais me dévouer au servi <o de mon pays et de la cause qu'il représente, intégralement et passionnément! Mon Edith, jusqu'à la fin de ccUc prucrre, nous ne ferons que servir! A propos, c'est chose entendue : la Maison de la rue Lamennais devient un hôpital pour les blessures de la face. J'y ferai presque toutes les opérations moi-mèmo. Et, d'autre l'cirt, le Service