ACTE II, SCÈNE VIII i
'jDYîE, dune voix aîtérf^e.
Pour moi ? (André lui tend le ié'égramme, puis se retire dans l'embrasure de la fenêtre. Au bout d'une seconde, il se dirige vers la porte de son cabinet. Edith a ouvert et lu la
dépêche.) Je voudrais vous dire un mot... (André s'eit retourné.) Ce télégramme m'apprend... (Elle a
pâli affreusement. André fait un pas vers sa femme, mais elle,
très droite:) Non, non, ne craignez rien! Voici ce que contient ce télégramme : c( Blessé le dix mai. En traitement depuis avant-hier hôpital central, Rennes. Serais heureux recevoir votre visite. »
(Elle lui a tendu la dépêche; il Va prise. Un silence. Enfin:)
Vous voyez... le capitaine de Génois est peutêtre ea train de mourir...
ANDRÉ, les yeux sur la dépêche.
La vie de cet officier n'est certainement pas en péril.
EDITH
Qu'en savez-vous?
ANDRÉ, csitéfOTljxio.
Il a été blessé le dix. En aucun cas l'on n'évacuerait, au bout de cinq jours, sur une formation sanitaire lointaine, un blessé dont on considère-
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rait IVtat comm^^ alarmant. La question ne se pose pas. D'ailleurs, les termes mêmes du télégramme donaent a : enser qu'il ne s'agit pas d une blessure très série jse.
EDITH
On ne télégraphie jamais la vérité brutale!
ANDRÉ
Toutefois, l'urgence se traduirait par quelque parole pressante. Vous ne trouvez rien qui y ressemble.
(Il lui a re/iu.. le télégrummt.j EDITH.
Monsieur de Génois n'aurait pas lancé cette dépêche sans un motif d'une extrême gravité ! (Un silence. j yen peux répondre ! (Un silence. j Uennes, c'est la ligne de Brest... 11 y a un train à huit heures et quelque chose...
AJSDBE tré$ vif.
Je m'oppose à ce voyage, formellement!
ACTB II, Scf-NK .H. 'iPi.
EDITH
André, je partirai ce soir. Il faut que je parte !
ANDRÉ
Encore une fois, j'interdis ce voyage !
EDITH, doucement.
Mais, André, vous n'avez rien à m'intcrdire ! Je vous rappelle les conditions dans lesquelles nous vivons l'un près de l'autre.
ANDRÉ
Je vous les rappelle aussi ! Le jour de notre lurique explication, je vous ai offert de garder votre place à ce foyer. J'étais guidé par le souci de protéger, dans cette tempête, votre jeunesse et votre faiblesse. Je regrette profondément, Edith, que vous subissiez cette épreuve, mais qu'attendez-vous encore de moi? Me croyez-vous homme à accepter le partage, le va et vient?
EDITH
C'est à un hôpital, que...
ANDRÉ
A tolérer que ma femme s'installe au che\ et de
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son amant, et, lorsqu'il sera guéri, reparaisse dans notre demeure ? Dites-moi ?
EDITH
Je ne sais pas !... Il faut que je parte !
ANDRÉ
On ne vous retiendra pas de force. Mais je vous^ somme de réfléchir ! S'il vous r<^te quelque honnêteté au cœur, vous reconnaîtrez qu'en acceptant' mon offre, vous vous êtes, de votre côté, engagée.
EDITH
A quoi? A restera Paris lorsque...
A me respecter, à respecter, tout au moins, notre passé! A cet hôpital, il y a des médecins de Paris... Nissol entre autres, le médecin chef Votre apparition y fera scandale.
EDITH
Je m'efforcerai, par tous les moyens, de tenir ma visite secrète !