ACTE II, 5Cè>'E X
MADAME CORDELIER
Toi '. . . • Mon enfant... (Elle s'est assise 3 son côté, l'a pris dans ses bras. Un silence.) André, il y a près (l'iin
an ({lie j'assiste au drame de votre ménage ! Malgré mon affliction, je ne t'ai jamais posé, môme iiiie question indirecte...
ANDRÉ
Eh bien, ma mère. oui!... Edith a un amant.
MADAME CORDELIEK.
Monsieur de Génois?
ANDRE
Vous le saviez?
MADAME CORDELIEH.
Je Tai toujours pensé. Je l'ai vu ici, une .soûle lois, la voiljp de son départ pour Verdun
ANDRE
C'est ce même jour qu'Edilh m'a tout avoué, «jue j'ai tout appris. Tout appris, c'est une façon
<?if L'éLÉVAT10r<
de parler, car depuis!... Maman, voici une heure que je me débats dans un drame de conscience, vraiment atroce! Un devoir d'une cruauté inouïe s'impose à moi!
Mais lequel?
ANDRÉ
Monsieur de Génois a séduit cette petite infortunée, m'a volé ma femme par dévergondage pur. Edith n'a été pour lui qu'un amusement. Il avait conservé sa maîtresse, — la vraie, — une fille ramenée jadis de SiLïgon. A la déclaration de guerre, il a fait, à cette créature, cadeau de ses meubles, de tous ses bibelots, lui a confié son appartement, où d'ailleurs elle n'avait pas cessé de venir et où il recevait, en même temps que cette femme du ruisseau, ma femme! Ces lu» gubres détails, je les ignorais, bien entendu, quand, il y a trois ou quatre mois... au début de janvier, je trouve dans mon courrier une lettre signée : Lucienne Francil. C'est le nom de celte personne. Elle réclamait un rendez-vous, et faisait allusion à u::s correspondance intime, qui étaii de nature à m'intéresser vivement. Le len-
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d'innin, je la reçois à l'hôpital, dans mon cabinet. Dès la porte, aux yeux, je discerne une opiomane. Sans beaucoup de détours, cotte femme offre de me livrer des lettres d'Edith. Qiiatievingt-trois lettres. Elle n'a pas eu la peine de crocheter un tiroir pour les tenir. Génois, an départ, a laissé tous ses papiers en l'air. Mademoiselle Francil connaissait, d'ailleurs, l'existence de ces lettres : avant la guerre, monsieur de Génois lui en lisait des extraits pour la divertir! Maman, je m'excuse ! Comme il me répugne de dérouler cette histoire devant la femme que vous êtes !
(Il s'est mouché, s'est essuyé les yeux.)
Mon André !
ANDRÉ
Cette fille était poussée par le désir de me soutirer de l'argent, mais aussi par un dépit visible. Son amant la négligeait, la laissait sans aucunô nouvelle. Elle pratiquait à la fois un chantage et une vengeance. J'ai demande : « Pour les lettres, combien? » Elle m'a parlé de ses embarras d'argent, puis a fixé la somme, avec un sou-
400 l'éi.^.vation
rire. Dix mille francs. L'après-midi, l'échange s'opérait.
(Il s'eisuis U front. j
MADAME CORDELÎE»
Et cette Edith n'est pas morte de honte et ds douUur? Elle ose élever la voix!
ANOR&.
Mais, de tout ceci, Edith ne soupçonne rien.
MADAME CORDELIER
Comment!...
ANDRÉ
A l'époque, le capitaine de Génois se battait... Elle vient de me jeter à la figure ses états de services. Je les connaissais déjà, en partie. Il l'est conduit admirablement !
MADAMb CORDELIU.
Je ne vois pas 1© rapport!
ANDRÉ
Parler à Edith, c'était frapper dans le dos ce combattant! Ah! maman, on ne l'ait pas abs~