‹ L'élévation;Chapitre 73 sur 96 · ACTE TI, SCiN'E XI · texte numérisé non relu

ACTE TI, SCiN'E XI

derniers mois. Ainsi, je vous aurai fait tout le mai que Ton peut faire... J'en suis épouvantée! Je vais à Reunes, André, parce quïl faut que j'y aille î Vous ne connaissez pas le caractère d( monsieur de Génois : ce télégramme est terrii^lel ici, je ne vis plus. Non, vraiment, ce n'est pas vivre! Ma vie se joue, là-bas. près de co lit... (Les luTm&s venant:) Peut-être... peut-être tout est-il déjà terminé...

ANDRÉ

Edith, il faut vous calmer. (L'ayant conduite à un

fauteuil.) Mettez-vous là.

EDITH

Oui. (fi:iie s'assied) Je m'étais promis do me bien tenir... mais je nai plus de force. Excusez-moi! Cela fait bien des jours que j'attendais des nouvelles... Je n'ai pas dormi une minute.

ANDRÉ

Calmez-voub.

tDlTH.

Oui!.,. (Une pause.) André, il faut qur je vous dise une chose!.,. Je le dois, .jui, je c'.ois abso

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lument vous dire cette chose, avant que nous nous séparioas pour toujours. (Faisant eff on :j André... vous avez du mépris pour l'homme que j'aime. (Une pause.) Eh bien! c'est injuste, horriblement injuste!

ANDRÉ

Édilh, je croi»...

Oh 1 ne m'arrêtez pas 1 Celui que je défends n'est plus, à cette heure, qu'un pauvre blessé! Je ne p«:'ux pas m'éloi;.^ner sans répondre, oh! très posément, cette fois, à votre prédiction si pénible, si dure! Comprenez-moi! Je laime et je me moque des jugements ! Je braverais l'opmion de la terre entière ! Mais il m'est intolérable que vous, André, vous puissiez croire que j'ai brisé une grande vie comme la vôtre, pour me dégrader!... Cela n'est pas, ne sera pas!... Jamais, je ne me rendrai indigne de la douleur que j'ai vus dans vos yeux!... Je vous jure que vous vous trompez sur monsieur de danois! On vous a renseigné faussemunl. Tout le monJe doit le méconnaître : il se méconnaît lui-même! Mais la guerre a fait paraître son âme. Tout à l'heure, dans la colère, je vous ai crié la vérité : il a cherché toute la

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souffrance et tout le risque. Poum^-i, il n'est pas conduit par l'ambition des rocompenses... Ça lui est bien e'gal! Alors?... Alors il a servi une idée, une seule, celle du sacrifice absolu. Je peux témoigner de son entêtement I . . . Depuis le jour où il est parti, jusqu'au jour où... où il est tombé, il n'a fait que se dévouer, se dévouer... Il a l'âme d'un héros!... André, vous vivez bien au-dessuB des autres hommes, personne plus que moi n'en a conscience, mais la guerre a porté Louis de Génois aux mêmes sommets! Parfois, j'ai gravi ces sommets, pour vous rejoindre, et j'en ai respiré l'air... J'ai la certitude de ne pas déchoir!... Vous m'annonciez que je serais bientôt réduite au désespoir! André, pourquoi? Je crois qu'il m'aime autant que je l'aime. Il ne ment jamais, il ne m'aurait pas menti, chaque jour, devant la mort! Il a pu commettre dans sa vie, je n'imagine pas quoi... des légèretés de jeune homme. Ne le jugez pas là-dessus, et surtout, surtout ne craignez pas pour moi . Il est aussi incapable de me faire du mal que... d'abandonner son poste! S'il n'est pas... trop blessé, si ce n'est pas... uno chose alTreuse, si ma terreur a été vaine, si, dans la suite, il est encore protégé!... si... si on m^ le laisse, tout ce que le cœur peut donner <.t de-

sirer, je le posséderai... Je le possède. Voiis no le croyez pas ?

A^JDRÉ, ayant regardé en silence est anxieux et ardent visagt levé ver^ lui, cee yeux.

Si. Je le crois.

KDITU.

C'est vrai?

ANDRÉ

C est vrai.

EDITH

Ce n'est pas votre pitié qui parle?

ANDRÉ

Non. Je reconnais une erreur, une injustice.

EDITH

Mais... ce qu'on vous a raconté sur lui?...

ANDRÉ

N'existe pas à côté de ce que je viens d'eii tendre. Je vous en donne l'assurance! Allez, ma petite, vers votre bUssé, vers votre destin.

(Un temps.)

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