‹ L'élévation;Chapitre 89 sur 96 · ACTE 111, ScftNE II 20îi · texte numérisé non relu

ACTE 111, ScftNE II 20îi

Tun près de l'autre!... Mon chéri, tu te tourmentes...

LOUiS

Edith... une nuit... une nuit en Lorraine, dans notre cagna, j'avais écouté longtemps mes deux camarades qui échangeaient des souvenirs... Oh! de petites choses très banales... Mais chacune de leurs phrases commençaient par : ma femme. Et leurs yeux étaient si beaux!... Je me taisais. A la fin, je suis sorti. Il faisait une nuit pleine de brouillard... J'ai dépassé les fils de fer... Rien ne bougeait, ce soir-là. Et dans ce silence, dans cette solitude étranges, je t'ai vue ! Tu étais dans ton lit, assise, courbée, tu m'écrivais sur tes genoux... Parfois tu levais ton anxieux visage, plein de ma pensée... Je te voyais si bien, ma pauvre petite chose fidèle et palpitante ! Et, tout à coup, j'ai entendu ma voix qui disait tout haut : « Ma femme... » C'était la première fois!... Ma femme, ma femme!... Ah! quel appel jailli des profondeurs de mon instinct vers cette intimité divine, vers tout ce que je n'ai pas connu ! Je suis resté jusqu'au matin, dans cette lugubre plaine, peuplée de vivants invisibles et de morts — avec toi.

206 L'Él-éVATION

Oui, toute la nuit, avec toi, ma femme... Toute cette nuit... la nuit de nos noces.

EDITH

LouiS; tu pleures... Pourquoi pleures-tu?... C'est la faiblesse? 'Et comme n secoue Ici télé.) Si ! Mais si ! Tu t'es trop agité... la fièvre monte..

(Elle s'est levée.)

Lons.

Viens près de moi !

ÉDITII, qui recule.

Mon petit Louis, tu me regardes si tristement... Ton infirmière aussi ma regarde'e avec pitié...

LOUIS

Viens, ma petite.

EDITH

Ohî j'ai trop peur... On me ment... Tout lo monJe ment! Moi aussi je mens, car j'ai peur depuis que je suis là 1

LOUIS

Viens.

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