‹ L'élévation; piece en trois actes, représentée pour la premiere fois le 8 juin 1917, sur la scene de la Comédie-FrançaiseChapitre 60 sur 108 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

EDITH

Madame, j'ai la mine que je peux!

MADAME GILQUIN

Non.

EDITH

Mais...

MADAME GILQUIN

Non ! Voici dix mois que vous faites de l'hôpital avec une exagération absurde, une sorte de frénésie! Vous sacrifiez à plaisir votre santé et vous n'en avez pas le droit ! Vous êtes avant tout la femme du docteur Gordelier. Votre mari rend, actuellement, à son pays, d'incalculables services. Si vous tombiez malade et si vous troubliez un homme pareil dans son œuvre, quel beau travail! Je ne vous en dis pas davantage. Mais croyez-m'en, ma chère, reprenez votre figure d'autrefois et laissez la pâleur et la maigreur à celles qui souffrent. Voilà. Ayant exprimé tout haut ce que nous sommes plusieurs à penser, je me retire. L'heure de travailler pour nos prisonniers a sonné. Au revoir, Edith.

EDITH

Au revoir, madame.

MADAME GILQUIN, à Germaine.

Au revoir, ma petite, je vous félicite d'avoir plus de cliancc que moi ! Au reste, ce n'est pas difficile. (A ÉdUh.) Non, non, je connais le chemin. Je vous dis que je le connais!

(Elle file comme une flèche. Edith fait à sa saite cinq ou six pas dans l'antichambre, puis reparaît.)

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