ACTE II, SCÈNE VI
EDITH
Madame, j'ai la mine que je peux!
MADAME GILQUIN
Non.
EDITH
Mais...
MADAME GILQUIN
Non ! Voici dix mois que vous faites de l'hôpital avec une exagération absurde, une sorte de frénésie! Vous sacrifiez à plaisir votre santé et vous n'en avez pas le droit ! Vous êtes avant tout la femme du docteur Gordelier. Votre mari rend, actuellement, à son pays, d'incalculables services. Si vous tombiez malade et si vous troubliez un homme pareil dans son œuvre, quel beau travail! Je ne vous en dis pas davantage. Mais croyez-m'en, ma chère, reprenez votre figure d'autrefois et laissez la pâleur et la maigreur à celles qui souffrent. Voilà. Ayant exprimé tout haut ce que nous sommes plusieurs à penser, je me retire. L'heure de travailler pour nos prisonniers a sonné. Au revoir, Edith.
EDITH
Au revoir, madame.
MADAME GILQUIN, à Germaine.
Au revoir, ma petite, je vous félicite d'avoir plus de cliancc que moi ! Au reste, ce n'est pas difficile. (A ÉdUh.) Non, non, je connais le chemin. Je vous dis que je le connais!
(Elle file comme une flèche. Edith fait à sa saite cinq ou six pas dans l'antichambre, puis reparaît.)