‹ L'élévation; piece en trois actes, représentée pour la premiere fois le 8 juin 1917, sur la scene de la Comédie-FrançaiseChapitre 62 sur 108 · ACTE II, SCÈNE YII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE YII

Ce sont des êtres superbes !

GERMAINE

Edith, je suis fi ère de porter le nom de cet homme, oui, d'être la petite madame Ledru !... Fière comme je ne savais pas qu'on l'était. Cette nuit, je suis restée assez tard dans la chambre des enfants, assise entre leurs deux petits lits. Je regardais mon tout petit dormir, en serrant les lèvres tant qu'il pouvait, et en levant ses deux petits poings.... mon petit que son père n'a jamais embrassé. Je pleurais un peu, et je leur disais tout bas, à mes deux chéris : « Dormez. Vous êtes ses fils... Vous êtes les fils du capitaine Ledru. C'est mon François qui vous a faits. » Tu es bonne, Edith, tu es si bonne!... Tes yeux sont remplis de larmes... tu pleures.

EDITH

Mais...

GERMAINE

Oui, tu es merveilleusement bonne ! Tu m'é-

coûtes ! Tu me laisses intarissablement te parler a de lui!... Malgré toute ta sensibilité, je ne sais ^ pas si tu te rends compte de ce que tu fais pour moi en m'écoutant!... Parler de son absent, de son absent chéri et sentir à côté de soi une émotion sincère... merci!

(EHe t'embrasse arec U plus vire tendresse.) EDITH.

Au revoir, Edith. A samedi?

EDITH

Oui. Mais tu me quittes déjà?

GERMAINE

11 le faut. Mon bébé...

EDITH

Ah! oui... il aurait faim...

Page 1