‹ L'élévation; piece en trois actes, représentée pour la premiere fois le 8 juin 1917, sur la scene de la Comédie-FrançaiseChapitre 87 sur 108 · ACTE II, SCèNE XII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCèNE XII

pu refaçonner un homme!... Et puis... il y a la guerre !

MADAME CORDELIER

André, mais ta résolution était prise ! Que signifie ce changement?

ANDRE, qui n'a pas bougé, dont les yeux suivent encore le départ d'Edith.

Elle l'aime... trop.

MADAME CORDELIER

Je ne comprends plus !

ANDRÉ, se retournant.

Un grand amour s'est dévoilé à moi... Oui, je me suis trouvé devant la fierté, la ferveur... le ravissement d'un grand unique amour ! Alors je ne me suis plus senti le droit de parler.

MADAME CORDELIER

C'est de la démence !

ANDRÉ, da ton le plas simple.

Non, ma mère ! Car la vie n'offre rien de plus limpide, de plus précieux. Rien... Et si j'avais

déposé dans ce cœur, tout embelli par sa foi, la goutte de poison que je détiens, si j'y avais créé cette source d'infection permanente... ce désespoir qui eût flétri la jeunesse d'Edith, et tous ses rêves à toujours, je commettais la pire violence... je dérobais quelque chose à la pureté du monde 1

MADAME CORDELIER

Tu faisais ton devoir!

ANDRÉ

Ou je rendais honorablement le mal pour le mal ! Il faut prendre garde, maman !... Ah! j'aurais pu me venger ! J'ai tenu son bonheur entre mes deux mains. Voyez, elles sont tremblantes encore, de leur victoire !

MADAME CORDELIER, avec détresse.

Tu l'aimes ! Mon pauvre fils, tu l'aimes toujours !

ANDRÉ, Undis que le» larmes montent, débordent, inondent son visage.

C'est vrai... Et je soufi're... Je suis déchiré par son départ, par son amour pour l'autre...

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