‹ L'élévation; piece en trois actes, représentée pour la premiere fois le 8 juin 1917, sur la scene de la Comédie-FrançaiseChapitre 91 sur 108 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

EDITH

Vous ne croyez pas que l'éclat d'obus ait pu... ait pu toucher la colonne vertébrale?

MADAME DE SAUVAIGE.

Oh! non... L'opération a très bien réussi!... Evidemment, il s'agit d'une blessure sérieuse! Elle réclamera des soins très... longs. (A l'infirmier.) Vous avez fini, Richard?

RICHARD, qui a nettoyé la table de toiletle.

Oui, madame.

(Il salue et sort. On perçoit indistinctement le refrain d'une chanson comique, repris en chœur.)

MADAME DE SAUVAIGE, souriant.

Vous entendez la belle musique ? Ce sont nos soldats qui chantent... On leur donne un concert.

Il est pâle... Comme il est changé!... (Une panse.) A-t-il beaucoup de fièvre ?

MADAME DE SAUVAIGE.

Vous savez, les blessures, en général...

EDITH qui, à pas de loup, s'est approchée du lit, qui a décroché le tableau de températures.

Quarante, virgule trois !

MADAME DE SAUVAIGE.

Le jour de l'extraction !

EDITH

Trente-huit quatre, ce matin... Oui, la température baisse... C'est un bon signe!

MADAME DE SAUVAIGE.

Le meilleur!... Il s'éveille!. , Je vous laisse, madame. Je reviendrai vous pr/ndre...

EDITH, plus bas.

Une demi-heure, ce n'est pas trop? Je ne le fatiguerai pas?

MADAME DE SAUVAIGE, de même.

Non... Le docteur Berger l'a permis.

EDITH

Tant mieux ! Gela prouve qu'il n'est pas inquiet!...

Page 1