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SECONDE PARTIE

L'enthousiasme de religion est le plus puissant de tous. Il s'élance au-delà des temps et habite dans l'éternité. Il ajoute aux terreurs d'une âme craintive, et le solitaire vit immobile, l'œil attaché sur les menaces de l'autre vie et sur les profondeurs des enfers : il transporte une âme impétueuse, et l'ardent missionnaire vole aux extrémités du monde pour y porter les dogmes révélés, et y chercher le trépas ; enfin, donnant toujours à tous les caractères une nouvelle énergie, il dut embraser l'âme pure et tendre de Fénelon de l'amour de l'ordre, de la vérité et de la paix, réunis dans l'idée d'un Dieu.

Puisque Fénelon était destiné à l'erreur, cette erreur au moins ne pouvait être qu'un excès d'amour ('^).

1. Fénelon fut nommé à l'archevêché de Camhr.ii le 8 février 1695.

2. Le livre des Maximes des Saints, qui donna lieu à cette « déplorable querelle », parut vers la fin de janvier 1697. On doit déplorer en effet que la passion ait fini par se mêler au zèle religieux qui inspira tout d'abord les ailversaires de Fénelon, mais il faut reconnaître que leur zèle était clairvoyant, puisque le mysticisme dont ils s'incjuiélaient fut con<lamné par le St Siège.

3. « Ce beau et tendre génie, a dit Mgr (}erl>ct, en parlant de Fénelon, ne pouvait sortir de la route de la vérité qu'en poursuivant des erreurs qui fussent belles au sens où l'erreur peut l'être. »

C'était l'essence de son caractère. Et l'on conçoit sans peine qu'il fut vivement frappé de l'idée d'aimer toujours, et d'aimer sans intérêt et sans crainte (').

Il n'est point de mon devoir de discuter cette controverse théologique. Je ne retracerai point non plus l'histoire de cette secte appelée çuiélïsme, et j'écarte de Fénelon cet odieux nom de secte qui semble si peu fait pour lui. J'en crois ses protestations renouvelées tant de fois pendant sa vie et au moment de sa mort, contre l'abus qu'on pourrait faire de ses expressions pour les tourner en hérésie. Ce qui intéresse sa mémoire et notre admiration, c'est le contraste de sa conduite avec celle de ses adversaires. Ce n'est pas qu'on veuille obscurcir du moindre nuage la victoire décernée à leur doctrine; mais on ne peut se dissimuler tout ce que mêlèrent les intérêts humains à ces combats d'opinions et de dogmes. En parcourant les mémoires du siècle, on voit les athlètes de Port-Royal, fatigués d'une longue et pénible lutte, se retirer de la lice avec adresse, et alarmer la religion et la cour sur une hérésie naissante. On arme la jalousie secrète de tous ceux qu'avait blessés l'élévation de l'archevêque de Cambrai. Des Marais, l'évêque de Chartres, plus ardent que les autres, entraîne iVIadame de Maintenon (').Cette femme qui avait

1. Le livre des Maximes de Kénelun fait consister la perfection chrétienne dans un ctcU habituel de pur amour oii le désir des récompenses et la crainte des ihâti' ments n'ont plus départ, mais il rejette le système de Molinos d'après lequel «la perfection serait un acte continuel de contemplation et d'amour qui, une fois produit et tant qu'il n'a pas été révoqué, subsiste et dispense l'âme de tout acte vertueux, même de toute résistance positive aux tentations, pour la réduire à un état d'inaction absolue, dans une i/uiétude complète. — La doctrine de Molinos fut condamnée par une bulle du l'ape Innocent XI le 20 novembre 1687. Le bref d'Innocent XII du 12 marslôgg qui frappa \q%. Maximes des saints <l.conAAmna.,i\\l kohrbacher. les propositions qui supposent dès cette vie un état ha/iituel,mais non pas celles qui supposent simplement des actes ou un état transitoire de pur amour sans aucun rapport à notre béatitude. » Voir Histoire universelle de V È'^lise. Livre LXXXVIII, § iv.

2. Si Godet des Marais intervint dans cette affaire et y entraîna M™« de Maintenon, c'est qu'en sa qualité de directeur de Saint-Cyr, il était alarmé de v<jir s'introduire dans cette maison, fondée par M""= de Maintenon, la doctrine quiétiste qui, pour la pratique, « invitait à cette lil)erlé des enfants .le Dieu dont on ne se servait que pour ne s'assujettir .\ rien. »

plus de vanité que d'ambition, et plus d'ambition que de sensibilité ; qui ne pouvait ni être heureuse à la cour, ni la quitter ; plus jalouse de gouverner le roi que l'État, et surtout plus savante à gouverner l'un que l'autre ; cette femme qui eut une destinée singulière ('), se joignit à ceux qui sollicitaient à Rome la condamnation de l'archevêque, soit qu'elle fût blessée, comme on l'a dit, de n'avoir pas obtenu sur ses opinions tout l'ascendant qu'elle prétendait, soit qu'elle n'eût point la force de résister à Louis XIV ('), alors conduit par Bossuet.A ce nom justement respecté, à ce nom qu'on ne peut pas confondre dans la foule des ennemis de Fénelon, étouffons, s'il est possible, les idées peu favorables qui s'élèvent dans tous les esprits. Ne voyons, dans la violence de ses écrits et de ses démarches, que la dureté naturelle à un esprit nourri de controverse, et le zèle inflexible d'un théologien qui craint pour la saine doctrine. Il n'est pas en moi de fouiller dans le

1. Madame de Maintenon avoue dans une de ses lettres qu'elle était née ambi lieuse. «Je combattais ce penchant. Quand ces désirs que je n'avais plus furent remplis (par son mariage avec Louis XIV) je me crus heureuse. » Mais peu de temps après elle écrivait : «Je me meurs de tristesse dans une fortune qu'on aurait eu peine à imaginer ; et il n'y a que le secours de Dieu qui m'empêche d'y succomber. » — Fcnclon était loin de la blâmer de vouloir plutôt gouverner le roi que l'État; il lui écrivait en 1690 de se défier de ceux qui lui reprochaient « de se mêler trop peu des afifaires. Il ne vous convient point de faire des efforts pour, redresser ce (pii n'est pas dans vos mains ; le zèle du salut du roi ne doit pas vous faire aller au-delà des bornes que la Providence semble vous avoir marquées », et il lui dit comment elle doit s'y prendre pour conseiller, loucher et instruire le roi. Madame de Maintenon était capable de ce rôle, car, observe Rohrbacher « s'il est vrai que le style c'est tout l'homme, on peut bien dire, au style de ses lettres, que Madame de Maintenon était un des premiers hommes de son siècle si ce n'est pas le ])remier. »

2. « Fénelon avait déplu au roi, non seulement par l'éblouissante facilité de son éloculion, mais aussi par l'austère singularité de ses principes politiques. Louis XIV, après une conversation avec Fénelon, indiqua ce double mécontentement en disant qu'il venait de s'entretenir avec le plus bel esprit et le plus chi-

mériijue (le son royaume Quoique le roi eût beaucoup d'esprit, il ne pouvait

souftrir qu'on montrât en sa présence une supériorité qui humiliait son amourpropre. » (Maurv.)

« .Si l'on jette les }"eux sur une lettre oii Fénelon, dans l'épanchement de la confiance, avertissait madame de Maintenon que Louis XIV n avait aucutu idée de ses devoirs de roi, on supposera sans peine qu'une opinion aussi dure, dont F'énelon paraît trop pénétré pour n'en avoir jamais laissé échapper quelque révélation indiscrète, ne dut pas rester ignorée d'un monarque accoutumé aux louanges. > (V1LI.EMAIN.)

cœur d'un grand homme, pour y chercher des sentiments peu propres à faire chérir sa mémoire. Il est triste de représenter le génie persécutant la vertu. Je veux croire que Bossuet, qui avait vu s'élever la jeunesse de Fénelon et naitre sa fortune et sa gloire, qui même avait voulu lui imprimer de ses mains le caractère de la dignité épiscopale ('), ne le vit pas avec les yeux d'un concurrent, après l'avoir vu si longtemps avec les yeux d'un père; qu'il était vraiment effrayé des erreurs de Fénelon, et non pas de ses succès et de sa renommée ; qu'il poursuivit sa condamnation avec la vivacité d'un apôtre, plutôt qu'avec l'animosité d'un rival (^), et qu'en demandant pardon à Louis XIV de ne lui avoir pas révélé plus tôt une hérésie plus dangereuse encore que le calvinisme, il n'était agité que des saintes terreurs d'un chrétien et d'un évêque.

Mais s'il est possible de contester sur les reproches qu'on a faits à Bossuet, on ne peut pas se refuser aux éloges que mérita Fénelon. Jamais on n'a su mieux accorder cette fermeté qui naît de l'intime persuasion

1. Fénelon fut sacré dans la chapelle de Saint-Cyr, le lojuin 1695, par Bossuet assisté des évêques de Chàlons et d'Amiens. (Ramsay.)

2. « Les entraînements humains se mêlant aux plus saints motifs, le grand prélat franchit toutes les bornes de la charité et de la justice : témoin le véritable acharnement avec lequel il s'applique à tirer des écrits de Fénelon des conséquences rigoureuses qui avaient échappé au pieux évêque, et qu'il n'avait eues indubitablement ni dans l'esprit, ni dans le cœur: témoin aussi tant d'expressions dures ei outrageantes par lesquelles le rude polémiste, soit dans ses écrits publics, soit dans sa correspondance, rabaisse et llétrit le caractère, et incrimine les intentions et toute la conduite de son ancien ami. Mais qu'on ne se hâte pas, pour ces impétuosités, de mal juger l'éminent évêque. Pourcjui a lu tous les écrits de controverse et toute la correspondance de Hossuet sur cette matière, il ne peut être permis de le soupçonner d'avoir poursuivi la condamnation de Fénelon plutôt avec ranimosité d'un rival qUavec la vivacité d' un apôtre. Il était très convaincu que la propagation de ces doctrines serait d'une suite très dangereuse pour la foi et pour les mœurs. On doit le croire quand il dit : « \ul autre motif ne me fait agir que celui d'empêcher que les vaines dévotions ne prévalent contre l'ancienne piété enseignée par St Augustin et par St Thomas. » — < «^u'auriezvous fait — lui disait Louis XIV, après la décision ilu pape, — si j'avais soutenu M. de Cambrai? — Sire, — lui répontlit Bossuet, avec une intrépidité vraiment épiscopale, — j'aurais crié vingt fois plus haut. » Qu'on épluche à la rigueur la conduite de l'évêque de Meaux dans l'affaire du quiêlismc, on ne trouvera rien C|ui permette de révo(juer en doute les sentiments de zèle pour la pureté de la foi ()ui l'ont animé dans tout le cours de cette ardente polémique. — Godefroy, Hist. de la Litt.fr.

et du témoignage de la conscience, avec l'inaltérable modération, que les violences et les outrages ne peuvent ni vaincre ni fatiguer. En même temps qu'il persévère à désavouer les conséquences que l'on tire de ses principes, en même temps qu'il persiste dans le refus d'une rétractation qui pouvait prévenir sa disgrâce, il déclare que s'il ne croit pas devoir céder à ses adversaires, qui interprètent mal ses pensées, il ne résistera jamais à l'autorité du Saint-Siège, qui a le droit de les juger. Il attend ce jugement avec une soumission profonde ; il ne se plaint ni des déclamations injurieuses qu'on se permet contre lui, ni des manœuvres qu'on emploie pour le perdre : lui-même il couvre d'un voile tous ces ressorts odieux que font jouer les passions humaines : il défend à son agent à la cour de Rome de se prévaloir des découvertes qu'il a pu faire sur les intrigues de ses ennemis, et surtout de se servir des mêmes armes. Il écrit à Bossuet, qui le traite de blasphémateur : « Je prie Dieu qu'il vous enflamme de ce « feu céleste que vous voulez éteindre. » Il écrit à Beauvilliers : « Si le pape me condamne, je serai dé- « trompé ; s'il ne me condamne pas, je tâcherai, par « mon silence et mon respect, d'apaiser ceux de mes <l confrères qui sont animés contre moi. »

Enfui Innocent XII, par bi'ef du 12 mars, prononce sur le livre des Maximes.

Fénelon monte enchaire, annonce qu'il est condamné et qu'il se soumet; invite tous les peuples de son diocèse et tous les chrétiens à se soumettre comme lui : s'oppose au zèle des écrivains de Port- Royal, qui ne voient plus alors que la gloire de le défendre et le plaisir d'attaquer Rome; enfin il publie ce mandement qui nous a été conservé comme un modèle de l'éloquence la plus touchante et de la simplicité évangélique: «A Dieu ne plaise, « dit-il, qu'il soit parlé de nous, que pour se souvenir « qu'un pasteur a cru devoir être aussi soumis que le

« dernier de son troupeau (') ! » Je ne trace point ici un modèle imaginaire. Je n'use point du droit des panégyristes, d écrire quelquefois ce qu'on a dû faire, plutôt que ce qu'on a fait. L'éloge doit être fidèle comme l'histoire ; et l'éloquence, soit qu'elle loue, soit qu'elle raconte, a toujours à perdre en se séparant de la vérité. C'est cette vérité même, c'est Fénelon, c'est la foule des monuments historiques, c'est cet amas d'autorités que j'atteste ici. Je croirais affaiblir leur témoignage si j'avais eu la vaine prétention d'y ajouter. Oui, c'est lui, c'est cet écrivain si riche, si sublime, cet esprit si brillant et si délicat qui descendait jusqu'aux moindres détails de l'administration ecclésiastique, si pourtant on peut descendre en remplissant ses devoirs. Il prêchait

I. Dès que Fénelon eut reçu le bref d'Innocent XIII, qui le condamnait, i! écrivit à l'évéque d'Arras : On souffre, mais on ne délibcre pas : et il lut lui-mcme, dans la chaire de sa métropole, le mandement que voici :

« François, par la grâce de Dieu, etc.

« Xous nous devons à vous sans réserve, mes très chers frères, pui.sque nous ne sommes plus à nous, mais au troupeau qui nous est confié. Nos antein sei-vos vestros per [esiim. C'est dans cet esprit que nous nous sentons obligé de vous ouvrir ici notre cœur, et de continuer de vous faire part de ce qui nous touche sur le livre des .lAr.v/wt'j. Enfin notre saint père le pape a condamné ce livre avec les vingt-trois propositions qui en ont été extraites, par un bref du 12 mars dernier. Nous adhérons à ce bref, mes très chers frères, tant pourle texte du livre que pour les vingt-trois propositions, sinii)lemcnt, absolument, et sans ombre de restriction. Ainsi nous condamnons tant le livre que les vingt-trois propositions précisément dans la même forme et avec les uiémes qualifications, simplement, absolument et sans aucune restriction. De plus nous défendons sous la même peine à tous les fidèles de ce diocèse de lire et de garder ce livre.

« Nous nous consolerons, mes très chers frères, de. ce qui nous humilie, pourvu que le ministère delà parole que nous avons reçu du Seigneur pour votre sanctification n'en soit point affaibli ; et que, nonobstant l'humiliation du pasteur, le troupeau croisse en grâce devant Dieu. C'est donc de tout notre cœur que nous vous e.\hortons à une soumission sincère, et à une docilité sans réserve, de peur qu'on n'altère insensiblement la simplicité de l'obéissance pour le Saint-Siège, dont nous voulfttis, moyennant la grâce de Dieu, vous donner l'exemple jusqu'au dernier soupir de notre vie. A Dieu ne plaise qu'il soit jamais parlé de nous, S! ce n'est pour se souvenir qu'un pasteur a cru devoir être plus docile que la dernière brebis de son troupeau, et quil n'a mis aucune borne à sa soumission.... Donné à Cambrai, le 9 avril 1699. » (Kamsay).

« Quelquesmois après son adhésion au bref du ])ape qui venait de le condamner, Fénelon voulut perpétuer, dans sa métropole, le souvenir de son entière soumission au décret du Saint-Siège. Il fit présent à son église d'un très bel ostensoir en vermeil. L'ange qui en fondait la tige soutenait, avec ses deu.x mains élevées, la gloire oii le Saint-.Sacrement était renfermé, et foulait aux pieds sur le socle plusieurs livres hérétiques dont on lisait aisément les litres, l'armi les ouvrages de Luther, dcCalvin, Fénelon fit placcrun volume intitulé les Maximes des Saints.^ (.Maury.)

dans une église de village aussi volontiers que dans la I chapelle de Versailles ('). Cette voix qui avait charmé j la cour de Louis XIV, ce génie qui avait éclairé l'Euj rope, se faisait entendre à des pâtres et à des artisans, et nul langage ne lui était étranger, dès qu'il s'agissait d'instruire les hommes et de les rendre meilleurs. Il se mettait sans peine à la portée de ces esprits simples et grossiers. Il ne préparait point ses discours. C'était un père qui parlait à ses enfants, et qui leur parlait d'euxmêmes. Il était sûr d'être inspiré par son cœur; et il sentait que lorsqu'il n'aurait rien à leur dire, c'est qu'il cesserait de les aimer. Il ne combattait point les incrédules en parlant à des laboureurs. 1 1 savait que, s'il est des esprits infortunés et superbes, qui ne connaissent la religion que par des abus, le peuple ne doit la connaître que par des bienfaits.

Les siens se répandaient autour de lui avec abondance et avec choix. Son bien était vraiment le bien des pauvres. Le désintéressement lui était naturel, et quand le roi lui donna l'archevêché de Cambrai, il résigna l'abbaye de Saint- Valéry, disant qu'il avait assez et même trop d'un seul bénéfice. Il eût été à souhaiter qu'il pût en administrer plusieurs, La bienfaisance n'a jamais trop à donner. Ses revenus étaient distribués entre les ecclésiastiques qui, s'acquittant des devoirs de leur état, n'en recevaient pas assez de secours ; et

I. Toutes les semaines, il allait faire des conférences de piété et des examens Ihéologiques dans son séminaire. Lorsqu'il visitait son diocèse (et il s'acquittait exactement de ce devoir), il prêchait dans tous les villages ; mais ses discours n'étaient ordinairement que des exhortations improvisées et paternelles.il accommodaitles procès àsesdépens,réconciliait les ennemis les plus acharnés, etramenait la paix dans les familles. De retour à Cambrai, il confessait assidûment et indistinctement dans sa métropole toutes les personnes qui s'adressaient à lui : il y disait la messe tous les samedis. Unjour il aperçut, au moment où il allait monter à l'autel, une pauvre femme fort âgée, qui paraissait vouloir, et n'osait lui parler; il s'approclia d'elle avec Ijonté, et l'enhardit par sa douceur à s'exprimer sans crainte : Monseigneur, lui dit-elle en pleurant et en lui présentant une pièce de douze sous, je n ose pas; mais f ai bcaitcoitp decoiijianceen vos prières: Je voudrais vous prier de dire la messe pour moi. Donnez, ma bontu, lui répondit Fénelon en acceptant son offrande, (/^««(r:, votreaumôme sera agriablea Dieu. Après la messe, il fit remettre à cette femme une petite somme d'argent, et lui promit de dire une seconde messe le lendemain à son intention. {Le cardinal Mai;ry.)

ces maisons de retraite où le sexe, en se mettant à l'abri de la séduction, n'est pas toujours à l'abri de la pauvreté ; et ces asiles consacrés au soulagement de l'humanité, où quelquefois elle manque du nécessaire , et ces malheureux qui souffrent en secret plutôt que de s'exposer à rougir, et qui souvent périraient dans l'obscurité, s'il n'y avait pas quelques âmes divines qui cherchent les besoins qui se cachent. Mais quedis-je ! Il ne s'agit plus d'infortunes secrètes ou particulières. Une plus vaste scène de malheur s'offre à la sensibilité de Fénelon. Elle n'est point effacée de notre mémoire cette époque désastreuse et terrible, cette année, la plus funeste des dernières années de Louis XIV, où il semblait que le ciel voulût faire expier à la France ses prospérités orgueilleuses, et obscurcir l'éclat du plus beau règne qui eût encore illustré ses annales. La terre, stérile sous les flots de sang qui l'inondent, devient cruelle et barbare comme les hommes qui la ravagent : et l'on s'égorge en mourant de faim. Les peuples, accablés à la fois par une guerre malheureuse, par les impôts et par le besoin, sont livrés au découragement et au désespoir. Le peu de vivres qu'on a pu conserver ou recueillir est porté à un prix qui effraye l'indigence, et qui pèse même à la richesse ('). Une armée, alors la seule défense de l'État, attend en vain sa subsistance des magasins qu'un hiver destructeur n'a pas permis de remplir, Fénelon donne l'exemple de la générosité ; il envoie le premier toutes les récoltes de ses terres, et l'émulation gagnant de proche en proche, les pays d'alentour font les mêmes efforts, et l'on devient libéral même dans la disette. Les maladies, suite inévitable de la misère, désolent bientôt et l'armée et les provinces. L'invasion de lennemi ajoute encore la terreur et la consternation à tant de fléaux accumulés. Les campagnes sont désertes, et leurs habitants

I. L'année 1709 était une année d'excessive cherté : l'armée de Flandre était sans magasins. (Kamsay.)

épouvantés fuient dans les villes. Les asiles manquent à la foule des malheureux. C'est alors que Fénelon fit voir que les cœurs sensibles, à qui l'on reproche d'étendre leurs affections sur le genre humain, n'en aiment pas moins leur patrie. Son palais est ouvert aux malades, aux blessés, aux pauvres sans exception. Il engage ses revenus pour faire ouvrir des demeures à ceux qu'il ne saurait recevoir. Il leur rend les soins les plus charitables; il veille sur ceux que l'on doit leur rendre; il n'est effrayé ni de la contagion, ni du spectacle de toutes les infirmités humaines rassemblées sous ses yeux. Il ne voit en eux que l'humanité souffrante. Il les assiste, leur parle, les encourage. Oh! comment se défendre de quelque attendrissement, en voyant cet homme vénérable par son âge, par son rang, par ses lumières, tel qu'un génie bienfaisant, au milieu de tous ces malheureux qui le bénissent, distribuer les consolations et les secours, donner les plus touchants exemples de ces mêmes vertus dont il avait donné les plus touchantes leçons (') ! Hélas ! la classe la plus nombreuse des humains est, dans presque tous les États, réduite à un tel degré d'impuissance et de misère, tellement dévouée à l'oppression et à la pauvreté, que plus d'un pays serait devenu peut-être une solitude, si des vertus souvent ignorées ne combattaient sans cesse les crimes ou les erreurs de la politique. Plus d'un homme public, plus d'un particulier même a renouvelé ces traits d'une

I. Un jour qu'il se promenait autour des tables qu'il avait fait dresser dans ses appartements pour nourrir ces infortunés habitants de la campagne, il vit un paysan, jeune encore, qui ne mangeait point, et lui en demanda la raison : Hélas ! Monseigneur, lui dit le paysan, y^ n'' ai pas eu le temps, enfuyant de ma cabane, d'emmener une vache qui vie donnait beaucoup de lait, et nourrissait ma famille ; les ennemis me r auront enlevée, et je n'en trouverai pas une aussihontuc. Fénelon promit de lui donner une autre vache, si les soldats enlevaient la sienne. Après avoir fait d'inutiles efforts pour le consoler, il voulut avoir une indication précise de la chaumière qu'habitait ce paysan à une lieue de Cambrai : il partit ensuite à dix heures du soir, à pied, avec son sauf-conduit et un seul domestique: il se rendit à ce village, ramena lui-même la vache à Cambrai vers le milieu de la nuit, alla sur-le-champ en donner avis à ce pauvre laboureur, et dut goûter un bien doux repos après une si Ixjnnc action. (Z.^ cardinal Maury.)

bonté compatissante et généreuse. Mais leurs belles actions ont obtenu moins d'éloges, parce que leurs noms avaient moins d'éclat. Celui de Fénelon était en vénération dans l'Europe, et sa personne était chère aux étrangers, et môme à nos ennemis ; Eugène et Marlborough, qui accablaient alors la France, lui prodiguèrent toujours ces déférences et ces hommages que la victoire et l'héroïsme accordent volontiers aux talents paisibles et aux vertus désarmées. Des détachements étaient commandés pour garder ses terres, et l'on escortait ses grains jusqu'aux portes de sa métropole. Tout ce qui lui appartenait était sacré. Le respect et l'amour que l'on avait pour son nom avaient subjugué même cette espèce de soldats qui semblent devoir être plus féroces que les autres, puisqu'ils se sont réservé ce que la guerre a de plus cruel, la dévastation et le pillage. Leurs chefs lui écrivaient qu'il était libre de voyager dans son diocèse sans danger et sans crainte, qu'il pouvait se dispenser de demander des escortes françaises, et qu'ils le priaient de permettre qu'eux-mêmes lui servissent de gardes. Ils lui tenaient parole ; et l'on vit plus d'une fois l'archevêque Fénelon conduit par des hussards autrichiens. Il doit être bien doux d'obtenir un pareil empire ; il l'est même de le raconter.

S'il avait cet ascendant sur ceux qui ne le connaissaient que par la renommée, combien devait-il être adoré de ceux qui l'approchaient! On croit aisément en lisant ses écrits et ses lettres tout ce que ses contemporains rapportent des charmes de sa société ('). Son

I. Ce prélat était un grand homme maigre, bien fait, avec un grand nez, des yeux d'où le feu et IVsprit sortaient comme un torrent, et une physionomie telle que je n'en ai jamais vu qui lui ressemblât, et qui ne pouvait s'oublier, quand on ne 1 aurait vue qu'une fois : elle rassemblait tout, cl les contraires ne s'y combattaient point; elle avait de la gravite el do l'agrément, du sérieux et de la gaieté ; elle sentait également le docteur, l'évéque, le grand seigneur. Tout ce qui y surnageait, ainsi que dans toute sa personne, c'était la fmesse, l'esprit, les grâces, la douceur, et surtout la noblesse; il fallait faire effort pour cesser de le regarder. Tous ses portraits sont parlants, sans toutefois avoir pu attraper la justesse de J harmonie (|ui frappait dans l'original, et la délicatesse de chaque caractère que

humeur était égale, sa politesse affectueuse et simple, sa conversation féconde et animée. Une gaieté douce tempérait en lui la dignité de son ministère, et le zèle de la religion n'eut jamais chez lui ni sécheresse ni amertume. Son sommeil était court, ses repas d'une extrême frugalité, ses mœurs d'une pureté irréprochable. Il ne connaissait ni le jeu ni l'ennui. Son seul délassement était la promenade, encore trouvait-il le secret de la faire rentrer dans ses exercices de bienfaisance. S'il rencontrait des paysans, il se plaisait aies entretenir ; on le voyait assis sur l'herbe au milieu d'eux, comme autrefois saint Louis sous le chêne de Vincennes. Il entrait même dans leurs cabanes, et recevait avec plaisir tout ce que lui offrait leur simplicité hospitalière. Sans doute ceuxqu'il honora de semblables visites racontèrent plus d'une fois à la génération qu'ils virent naître que leur toit rustique avait reçu Fénelon. Sa vie, qui n'excéda pas le terme le plus ordinaire des jours de l'homme, puisqu'elle ne s'étendit guère au delà de soixante ans, éprouva cependant l'amertume qui semble réservée aux longues carrières. Il vit mourir tout ce qu'il aimait. Il pleura Beauvilliers et Chevreuse ; il pleura le duc de Bourgogne, cet objet de ses affections paternelles qui naturellement devait lui survivre. C'est alors qu'il s'écria : « Tous mes liens sont rompus. » Il suivit de près son élève. Une maladie violente et douloureuse l'emporta en six jours. Il souffrit avec constance, et mourut avec la tranquillité d'un cœur pur, qui ne voit dans la mort que l'instant où la vertu se rapproche de l'Etre suprême dont elle est l'ouvrage. Ses dernières paroles furent des expressions de respect et d'amour pour le roi qui l'avait disgracié, et pour l'Église qui le condamna.

ce visage rassemblait ; ses manières y répondaient dans la même proportion, avec une aisance qui en donnait aux autres, et cet air et ce bon goût, qu'on ne tient que de l'usage de la meilleure compagnie et du grand mondi-, f|ui se trouvait répandu de soi-mcnie dans toutes ses conversations. (A/i'inairei du diic Saint-.Simon.)

Grand Dieu ! car il semble que l'hommage que je viens de rendre à l'un de tes plus dignes adorateurs soit un titre pour t'implorer, confirme nos vœux et nos espérances. Fais que les vertus de tes ministres imposent silence aux détracteurs de leur foi ; qu'au lieu de ces prétendus secrets de la politique, qui ne sont que l'art facile et méprisable de l'intrigue et du mensonge, on apprenne de Fénelon qu'il n'est qu'un seul secret vraiment rare, vraiment beau, celui de rendre les peuples heureux ; que tous les hommes soient convaincus que leur vraie gloire est d'être bons, parce que leur nature est d'être faibles ; que cette gloire soit la seule qu'ambitionnent les souverains, la seule dont leurs sujets leur tiennent compte;que l'on songe que dix années du règne de Henri IV font disparaître devant lui, comme la poussière, toute cette foule de héros imaginaires qui n'ont su que détruire ou tromper; qu'enfin toutes les puissances de la terre qui se glorifient d'être émanées de toi, ne s'en ressouviennent que pour songer à te ressembler!

M. jfta. -cfta. jfi^ J^l, jftâ. jAj. j^ j/kj. iA^. Jij jfta. jAa. -c^i jAi..tAizAizAi.iAi/Ai>A^,;A; ^

Liste, par Fauteuils,

des membres de l'Académie française avec la date de leur

élection, depuis l'origine de l'Acadénaie jusqu'à nos jours, j ^

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1634. Pierre Bardin. — 1637. Nicolas Bourdon. — 1644. François Salomon. — 1670. Philippe Quinault. — 1689. Fr. de Caillières. — 1717. Cardinal de Fleury. — 1743. Cardinal de Luynes. — 1783. J. P. Claris, chevalier de Florian. — 1795. Comte de Volney, — 1820. Marquis de Pastoret. — 1841. Comte de Saint-Anlaire. — 1855. Duc Achille de Broglie. — 1870. Duvergier de Hauranne. — 1881, Sully-Prudhomme.

1635. P. Hay du Châtelet. — 1637. Perrot d'Ablancourt.

— 1665. Bussy de Rabutin. — 1693. L'abbé Paul Bignon. — 1743. Jérôme Bignon. — 1772. de Bréquigny. — 1795- Écouchard Lebrun. — 1807. F. G. M. Raynouard. — 1836. Mignet.

— 1884. Victor Duruy.

1634. Philippe Habert. — 1637. Jacques Esprit. — 1678- J. N. Colbert, arch. de Rouen. — 1708. L'abbé Fraguier. — 1728. Ch. d'Orléans, abbé de Rothelin. — 1744- L'abbé Girard. — 1748. Marc Ant. de Voyer d'Argenson, marquis de Paulmy. — 1788. Henri d'Aguesseau. — 1826. Brifaut. — i858.JulesSandeau. — 1884 Edmond About. — i886.LéonSay.

1634. Bâcher de Méziriac. — 1639. La Mothe le Vayer. — 1672. Jean Racine. — 1699. J. B. de Valincourt. — 1730. Lerigct de la Faye. — 173 1. P. Jolyot de Crébillon. — 1762. Claude de Fusée de Voisenon. — 1776. Jean de Boisgclinde Cucé, arch. d'Aix, — 1804. Bureau de la Malle. — 1807. Picard. — 1829. Antoine Arnault. — 1834. Scribe — 1861. Octave Feuillet. — 1891. Pierre Loti Viaud.

1635. Auger de Mauléon. — 1639. Daniel de Priézac. — 1662. Michel Le Clerc. — 1692. J. de Tourreil. — 17 14. J. Roland-

Malet. — 1736. Boyer, év. de Mirepoix. — 1755. Thyrel, abbé de Boismont. — 1787. Cl. C. de Rulhières. — 1795. Garât

— 1816. Cardinal de Bausset. — 1824. Hyacinthe de Ouélen, arch. de Paris. — 1840. Comte Mole. — 1856. Comte de Falloux. — 1886. Gréard.

1634. J. d'Arbaud de Porchères. — 1640. Olivier Patru. — 168 1. N. Potier de Novion. — 1693. P. Goisbaud du Bois. — 1694. Ch. Boileau, abbé de Beaulieu. — 1704. L'abbé Gaspard Abeille. — 1718. L'abbé Montgault. — 1747. Ch. Duclos. — 1772. N. Beauzée. — 1789. L'abbé. Barthélémy. — I795- Régis de Cambacérès. — 1816. Vicomte de Bonald. — 1841. Ancelot. — 1854. G. J. Legouvé.

1635. Pierre Séguier, garde des sceaux. — 1643. Cl. Bazin de Bezons. — 1684. Boileau-Despréaux. — 171 i.J. d'Estrées, arch. de Cambrai. — 17 18. Marquis d'Argenson. — 1721. Languet de Gergy, arch.de Sens. — 1753- Comte de Buffon.

— 1787 Vicq-d'Azir. — 1795- Cabanis. — 1808. Destutt de Xracy. — 1836. Guizot. — 1875. J. B. Dumas. — 1884. Joseph Bertrand.

1634. Faret. — 1646. P. du Ryer. — 1658. Cardinal d'Estrées. — 171 5. Maréchal d'Estrées. — 1738. Duc de la Trémouille. — 1741- Cardinal de Rohan-Soubise. — 1757. de Montazet, arch. de Lyon. — 1788. Comte de Boufflcrs. — 181 5. Baour-Lormian. — i855.Ponsard. — i868.Joseph Autran. 1877. Victorien Sardou.* '

1634. François Maynard. — 1647. Pierre Corneille. — 1685. Thomas Corneille. — 1710 Houdart de la Motte. — 173^- Bussy de Rabutin, év, de Luçon. — 1737- Lauréault de Foncemagne. — 1780. Guy de Chabanon. — 1795- Naigeon. — 1810. Népomucène Lemercier. — 1841. Victor Hugo. — 1885. Leconte de Lisle.

1626. Claude de Malleville. — 1648. J. Ballesdens. — 1675. Gérard de Cordemoy. — 1685. J. L. Bergeret— 1695. L'abbé de Saint-Pierre. — 1743. Morcau de Maupertuis. — 1759- ^^ Franc de Pompignan. — 1785. L'abbé Maury,depuis cardinal.

— 1795. Merlin. — 1816. Comte Ferrand. — 1825. Casimir Delavigne. — 1844. Sainte-Beuve. — 1870. Jules Janin. — 1875, John Lemoinne.

1634. Cauvigny-Colomby. — 1649. Tristan l'Hcrmite. — 1655. Pilet de la Mesnardière, — 1665. F. de Saint-Aignan.

— 1687. L'abbé de Choisy. — 1724. Ant. Portail. — 1736. Nivelle de La Chaussée. — 1754. Bourgainville. — 1786. Marmontel. — 1799. Bigot de Préameneu. — 1825. Duc de Montmorency.— 1826. Guiraud. — 1847. Jean Jacques Ampère.

— 1865. Prévost-Paradol. — 1871. Camille Rousset.

1634. Voiture. — 1649. Eudes de Mézeray. — 1683. Barbier d'Ancourt. — 1694. Fr. de Clermont-Tonnerre, évêque de Noyon. — 1701. N. Malézieux. — 1727. J. Bouhier. — 1747- Voltaire. — 1779. L. F. Ducis. — 1816. Comte de Sèze. — 1828. Baron de Barante. — 1867. Le Père Gratry. — 1873. Saint-René-Taillandier. — 1880. Maxime du Camp.

1635. Jean Sirmond. — 1649. J. de Montreuil. — 1651. Fr. Tallemant. — 1693. Simon de la Loubère. — 1729. Cl. Sallier. — " 1761. Gilles de Coctlosquet. — i784.P.de Montesquiou. — 1795. Sieyès. — 18 16. T. Gérard, marquis de Lally-Tollendal. — 1830. J. B. Antoine Sanson de Pongerville. — 1870. Xavier Marmier.

1634. Claude Favre de Vaugelas. — 1649. G. de Scudéry.

— 1668. Marquis de Dangeau. — 1720. Maréchal duc de Richelieu, (Louis-François-Armand). — 1789. Duc d'Harcourt. — 1795. Comte Lacuée de Cessac. — 1841. Alexis de Tocqueville. — 1859. Le Père Lacordaire. — 1862. Duc Albert de Broglie.

1634. B. Baro. — 1650. J. Doujat. — 1689. Eus. Renaudot.

— 1720. E. de Roquette. — 1725. P. de Pardailhan de Gondrin, év. de Langres. — 1733. Dupréde Saint-Maur — 1774. Lamoignon de Malesherbes. — 1795. Rœderer. — 18 16. Duc de Lévis. — 1830. Comte Philippe Paul de Ségur. — 1873. de Viel-Castel. — 1888. Amiral Jurien de la Gravière.

1634. J. Baudouin. — 1650. Charpentier. — 1702. de Chamillard, évêque. — 1714. Maréchal de Villars. — 1734. Duc de Villars. — 1770. Card. Loménie de Brienne, arch. de Toulouse. — 1795. Andrieux. — 1^33- Thiers. — 1878. Henri Martin. — 1884. Ferdinand de Lesseps.

1634. Cl.de l'Étoile. — 1652. Duc de Coislin. — 1704. Cardinal de Coislin. — 1710. H. C. de Coislin, évêque de Metz. — 1733. Surian, évêque de Vence. — 1754. D'Alembert. — 1784. Comte de Choiseul-Gouffier. — 1803. Portalis. — i8o7.Laujon.

— 181 1. Etienne. — 1817. Laya. — i833- Ch. Nodier.

— 1844. Prosper Mérimée. — 1871. de Loménie. — 1878. Taine.

1634. Jacques de Sérizay. — 1653. Pélisson. — 1693. Fr. de Salignac de la Motte Fénelon. — 171 5. Gros de Boze. — 1754. Louis de Bourbon Condé, comte de Clermont. — ^77^- Buirette du Belloy. — 1775. E. de Durfort, duc de Duras. — 1795. L'abbé Villar. — 1826. Ch. de Féletz. — 1850. Désiré Nisard.

— 1889. Vicomte Melchior de Vogué.

1634. J. L. Guez de Balzac. — 1654. Hardouin de Beaumont de Perefixe, arch. — 1671. F. de Harlay, archevêque de Paris. — 1695. André Dacier. — 1722. Cardinal Dubois. — 1724. Hénault. — 1771. Prince de Beauvau. — i79S.Domergue. — 1810. Saint-Ange. — 1811. Parseval de Grandmaison.

— 1835. Comte de Salvandy. — 1857. Emile Augier. — 1891. de Freycinet.

1634. Laugier-Porchères. — 1654. P. de Chaumont, évêque d'Apt. — 1697. Louis Cousin. — 1707. Valon de Mimeure. — 17 19. L'abbé Gedoyn. — 1744- Cardinal de Bernis. — ^797- F. de Neufchâteau. — 1828. P. A. Lebrun. — 1874. Alexandre Dumas.

1634. Germain Habert, abbé de Cérisy. — 1655. Cotin. — 1Û82. L'abbé de Dangeau. — 1723. Comte de Morville. —

1732. L'abbé Terrasson. — 1750. Comte de Bissy. — 18 10. Esménard. — iSii. Ch. Lacretelle. — 1856. J. B. Bîot. — 1863. Comte de Carné. — 1876. Charles Blanc. — i882.Pailleron.

1634. Servien. — 1659. Renouard de Villayer. — 1691. Le Bovier de Fontenelle. — 1757- A. L. de Séguier. — 1765. Bernardin de Saint-Pîerre. — 1814. Aignan. — 1824. Soumet.

— 1845. Vitet. — 1874. Caro. — 1888. Comte d'Haussonville.

1634. Guillaume Colletet. — 1659. Gilles Boileau. — 1670. L'abbé de Montigny. — 1671. Ch. Perrault. — 1704. Cardinal de Rohan. — I749- Guérapin de Vauréal. — 1760. Ch. de la Condamine. — 1774. J. Delille. — 18 13. Campenon. — 1844. Saint-Marc-Girardin. — 1874. Mézières.

1634. Saint-Amand. — 1661. J. C. Cassagne. — 1679. Verger de Crécy. — 1710. Antoine de Mesmes. — 1723. L'abbé Alary. — 177 1- Gaillard. — 1796. J. F. Cailhava. — 18 13. Michaud aîné. — 1840. Jean-Pierre Flourens. — 1868. Claude Bernard. — 1878. Ernest Renan.

1634. Pierre de Boissat. — 1662. Ant. de Furetière. — 1688. Jean de la Chapelle. — 1723. L'abbé d'Olivet. — 1768. Condillac. — 1780. de Tressan. — 1784. Bailly. — 1795- Sicard.

— 1822. Denys de Frayssinous, évêque d'Hermopolis. — 1842. Duc Pasquier. — 1853. Dufaure. — 1881. Cherbulicz.

1634. L'abbé de Bois-Robert. — 1662. Renaud de Segrais.

— 1701. Galbert de Campistron. — 1723. Destouches. — 1754. Louis de Boissy. — 1758. Lacurne de Sainte-Palaye.

— 1781. Chamfort. — 1795- Marie-Joseph de Chénier. — 1811. Vicomte de Chateaubriand. — 1849. Ducde Noaillcs.

— Edouard Hervé.

1634, Beautru de Séran. — 1665. L'abbé Testu. — 1706. M. de Saint- Aulairc. — 1743. Dortous de Mairan. — 1771-

François Arnaud. — i795.Collin d'Harleville. — i8o6.Comte Daru. — 1830. Alphonse de Lamartine. — 1870. Emile Ollivier.

1634. Louis Giry. — 1665. Claude Boyer. — 1698. L'abbé Genest. — 1720. L'abbé Dubos. — 1742. L'abbé du Resnel.

— 1761. Saurin. — 1782. Marquis de Condorcet. — 1796. Gabriel Legouvé. — 1812. Alex.Duval. — 1842. Ballanche. — 1848. Vatout. — 1849. Comte de Saint-Priest. — 1852. P. A. Berryer. — 1869. Comte de Champagny. — 1882. Ch. de Mazade.

1634. Ogier de Gombaud. — 1666. L'abbé Tallemant. — 1712. Danchet. — 1748. Gresset. — 1778. L'abbé Millot. — 1785. L'abbé Morcllet. — 1819. Lemontey. — 1826. Baron Fourier. — 1830. Victor Cousin, — 1867. Jules Favre. — 1880. Rousse.

1634. J. de Silhon. — 1667. J. B. Colbert. — 1684. J. de la Fontaine. — 1695. L'abbé de Clairambault. — 17 14. L'abbé Massieu. — 1723. C. F. Houteville. — I743- Marivaux. — 1763. L'abbé de Radonvillers. — 1798. Arnault. — 1816. Duc de Richelieu. — 1822. B. J. Dacier. — 1833. Tissot. — 1854. Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans. — 1878. Duc d'Audiffret- Pasquier.

1635. M. c. de la Chambre. — 1670. Régnier-Desmarais.

— 1713- Bern. de la Monnoye. — 1729. Poncetde la Rivière.

— 1730. Hardion. — 1766. Thomas. — 1786. Comte de Guibert. — 1795. Louis de Fontanes. — 1821. Villemain. — 1871. Littré. — 1881. Louis Pasteur.

1634. Marquis de Racan. — 1670. L'abbé de la Chambre.

— 1693. Jean de la Bruyère. — 1699. L'abbé Flcury. — 1723. J. Adam. — 1736. Séguy. — 1761. Prince de Rohan-Guémenée, arch. de Strasbourg. — 1785. Target. — 1806. Cardinal Maury ('). — 181 5. L'abbé de Montesquion de Fesenzac. —

I. Reçu en 1785, (fauteuil X) et remplacé en 1795, il rentra à l'Académie (fauteuil XXXII) .iprès avoir adhéré h 1 empire, et en fut exclu 'le nouveau en 1815 par la Restauration.

1832. Jay. — 1854. Sylvestre de Sacy. — 1880. Labiche. — 1888. Meilhac.

1635. D. Hay du Châtelet. — 1671. Jac. Bcnigne Bossuet, évêque de Meaux. — 1704. Cardinal de Polignac. — 1742. Giry de Saint-Cyr. — 1761. L'abbé Batteux. — 1780. Lemierre.

— 1803. Lucien Bonaparte. — 1816. Auger. — 1829. Etienne.

— 1845. Alfred de Vigny. — 1865. Camille Doucet.

1634. Ant. de Godeau, évêque de Grasse. — 1673. Fléchier, évêque de Nimes. — 17 10. Henri de Nesmond, arch. de Toulouse. — 1727. Arnelot, de Chaillou. — 1749. Maréchal de Belle-Islc. — 1761. L'abbé Trublet. — 1770. Marquis de Saint-Lambert. — 1803. Maret. — 1816. Laîné. — 1836. E. Dupaty. — 1852. Alfred de Musset. — 1858. Victor de Laprade. — 1884. François Coppée.

1634. de Bourzeys. — 1673. L'abbé Gallois. — 1708. Mongm. — 1746. L'abbé de la Ville. — 1774. Suard. — i8i7.Boyer.

— 1842. Patin. — 1876. Gaston Boissier.

1634. Le Roy de Gomberville. — 1674. Huet, évêque d'Avranches. — 172 1. Boivin. — 1727. Duc de Saint-Aignan. — 1776. Colardeau. — 1776. La Harpe. — 1803. Lacretelle aîné. — 1834. Fr-Xav. Droz. — 185 1. Comte de Montalembert.

— 1871. Duc d'Aumale.

1634. Jean Chapelain. — 1674. Isaac deBenserade. — 1691. E. Pavillon. — 1705. Brûlart de Sillery. — 1726. J. B. de Mirabaud. — 1761. Watelet. — 1786. Sedaine. — 1803. Devaisnes, — 1803. C. de Forges de Parny. — 181 5. V. de Jouy.

— 1847. Empis. — 1869. Auguste Barbier. — 1883. Mgr Perraud, évêque d'Autun.

1634. Valentin Conrart. — 1675. Roze. — /701. Louis de Sacy. — 1728. Charles de Secondât, Baron de Montesquieu.

— 1755. Châteaubrun. — 1775- S. de Beauvoirdc Chastellux.

— 1789. Aymar de Nicolaï. — 1803. Comte Louis- Phil. de

Ségur. — 1830. Viennet. — 1869. Comte d'Haussonville. — 1884, Ludovic Halevy.

1634. J. Desmarets de Saint-Sorlin. — 1676. J. de Mesmes. — 1688. L'abbé Testu de Mauroy. — 1706. L'abbé de Louvois.

— 1719. Massillon, évêque de Clermont. — 1743- Duc de Nivernois. — 1803. Regnault de Saint-Jean-d'Angély. — 18 16. Marquis de Laplace. — 1827. Royer-Collard. — 1847. Comte de Rémusat. — 1875. Jules Simon.

1635. Habert de Montmort, — 1679. L'abbé de Lavau. — 1694. J. P. de Caumartin, évêque de Vannes. — I733- Fr. de Moncrif. — 1771. J.de Roquelaur, évêque de Senlis. — 1818. Baron Cuvier. — 1832. Dupin aîné. — 1866, Cuvillier-Fleury.

— 1888. Jules Claretie.

Liste des Secrétaires perpétuels depuis la fondation de l'Académie française.

De

Conrart (Valentin).

De

Mézeray (Franc. Eudes de).

De

Regnier-Desmarais (Franc.

-Séraphin)

De

Dacier (André).

De

Houtteville (Claude).

De

Mirabaud (J. B. de).

De

Duclos (Charles Pineau).

De

d'Alembcrt (Jean).

De

Marmontel (Jean-François).

Interruption.

De 1803 à 1817. Suard (Jean-Bapt.-Antoine).

De 1817 à 1826. Raynouard (Franc. -Juste-Marie).

De 1826 à 1829. Auger (Louis-Simon).

De 1829 à 1833. Andrieux (Franç.-Guill.-Jean-Stanisl.)

De 1833 à 1834. Arnault (Antoine- Vincent).

De 1834 à 1870. Villemain (Abel-François).

De 1871 à 1876. Patin (Henri-Joseph-Guill.).

De 1876 à . Doucet (Camille).

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& — TABLE DES MATIERES. ■— i

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Pages

Notice historique sur V Académie française i

Avertissement aie sîij'et d'un choix de discours académiques. 1 5 Patru (1604- 1 681). Discours de réception prononcé le 3

septembre 1640 19

P. Corneille (1606- 1648). Discours de réception prononcé le 10 mai 1647 22

Armand de Cambout duc de CoiSLIN (1635-1702) Discours de réception prononcé le i" juin 1652 26

Jean Regnauld de Segrals (1624-1701). Discours de

réception prononcé le 26 juin 1662 28

QUINAULT (1635- 1688). Discours de réception fait en

BOSSUET (1627- 1704). Discours de réception prononcé le

8 juin 1671 36

Perrault (1633-1723). Discours de réception prononcé

le 27 novembre 1671 43

Fléciiier (1632-1710). Discours de réception prononcé

en 1673 48

Racine (1639- 1699. Reçu à l'Académie en 1673) 57

Discours prononcé à la réception de M. l'abbé Colbert, le 30 octobre 1676 58

Benserade(i6i2-i69i). Discours de réception prononcé le 2"] mai 1674 'ji

La Fontaine ( 162 i- 1695). Discours de réception prononcé le 2 mai 1684 "jj

Boileau-Des1'Réaux( 1636- 1 7 1 1 ).Discours de réception prononcé le 3 juillet 1684 83

Fontenelle (1657-1757). Discours de réception prononcé le 5 mai 169 1 92

Pavillon (1632- 1705). Discours de réception prononcé le 17 décembre 1691 97

FéNELON (1651-1715). Discours de réception prononcé le3i mars 1693 103

L\ Bruyère (1645-1696;. Préface de son discours de

réception m

Discours de réception prononcé le 15 juin 1693... 124

Massillon (i663-i742).Discours de réception prononcé le 23 février 1719 138

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