L'AME DE DAMON
L'àme de Damon !
Ces trois mots, ma plume et mon cœur tremblent à les écrire. La page m'épouvante de blancheur où je voudrais révéler l'être de douloureux mystère que fut cet Etre, ses curiosités, ses vues, sa manière, un peu de son passé — discrètement, pour ne point efTaroucber la pudeur respectueuse qu'il eut toujours de soi — surtout sa folie d'aimer et de souffrir.
Ce sera, d'abord, imposer silence à l'ironie dont n'auraient puseg'arder certaines lèvres en lisant le livre. Dieu, le beau scepticisme I
Las, il y a trop de larmes
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et de sang- aux plis de cette histoire... et quelque chose encore qui veut l'attention: la mise à nu d'une sensitivité la plus complexe et la plus acérée...
Aveuglé à la fascinante mimique des Illusions, il dut errer de longs jours dans l'enchantement de leur clairière. Leur indulgence le déchira ; c'est le destin des âmes élues.
Plus tard, mené au seuil de Vivre, il osa vouloir percer d'un regard, de l'éclair d'un seul regard, jusque le fond vertigineux des expériences sentimentales. Croyant, du coup, se tarir à jamais.
Vainement.
Le portail d'or de son devenir, vers quoi, aux enfantiles étapes, s'était tendue l'ignorance de ses mains, avec courage 11 le mura. Les ronces avides l'envahirent.
Alors, où d'autres, parmi la floraison lumineuse, dédient leur Welcome aux jours à naître, il inscrivit sa sombre devise ;
audaces.
Haine a la Vie !
Naïveté touchante des jeunes
A de telles victoires, les plus féroces revanches. Hélas !
Peu à peu, et malgré qu'il continuât de se juger le tout-puissant triomphateur des instincts, il vint à n'être plus qu'un trophée de défaite au pied des Omphales.
L'habile souplesse de leurs gestes, leurs regards de délicieux clinquant, ces ruses de la voix, les langueurs des boucles folles, leur grâce animale... tout l'eut bientôt conquis , terrassé , tout...
Au creux tiède de leurs robes, — aube de neige, spasme floral, poussière de regrets — il s'éperdit à attendre l'écho plaintif de son spleen ; mais les touffes voilées de leurs chapeaux ignorèrent toujours l'abondante fougue de ses désirs.
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Son rêve :
grêle et chaste comme la Damoiselle bénie, elle aurait eu la savante gravité de Lig-eia, les minauderies nacrées des promeneuses de VAssemlJlée galante^ et d'EUénore son sacré-cœur d'abnégation, de passionnée constance.
La réalité qu'il posséda :
d'élégantes bourgeoises s'estimant perverses, de fausses virginités trop expansives, assoiffées d'usuels plaisirs, de qui il s'efforçait d'animer les banales formes au souffle ardent de son âme...
Encore n'y réussit-il qu'à peine.
Son excessive timidité amoureuse, son mépris des gesticulations contemporaines fatalement devaient l'induire à de ces brutalités que n'excusent point les Petits Anges.
Simple arôme de linge frais de jeune fille, languide musique d'aprèsmidi d'été derrière des stores de feuilles, le souvenir d'Une-seule embaumait ses jours.
pour Ailleurs. 7
Elle sortait d'une maladie grave, quand il la connut, et c'est pour sa faiblesse qu'il l'aima, pour sa fragilité de fleur convalescente.
Toujours, d'ailleurs, se plutil à ne chérir que le chétif et le morbide : regards de chlorose où passent des vols de ramiers blessés, lèvres décolorées qu'agite un reflet de vie, ciels à la blême lumière avec Toeil opaque du soleil... et les nuances qui sont l'ag'onie des couleurs, et les échos pareils à des pas perdus sur une plaine de neig'e, et les mots douloureux, les mots résignés, comme des soupirs dans l'alcôve d'un malade.
Deux années coulèrent, de dang-ereuse inappétence, de stag-nante alaraxie jusque une nuit de débauche qui le laissa déjeté, les nerfs en miettes, fade et blême.
Au soir du lendemain, perdu dans le fauteuil ami — le crépuscule l'exaspérait, rose et bleu — il épelait d'incohérentes formules :
8 UembarQiuement
f( Le maximum de joie matérielle dont je suis capable est en raison inverse du minimum de joie spirituelle dont... etc. »
par bravoure, comme pour s'étonner soi-même. Un vol de moineaux chantait aux vitres.
Il poursuivit :
« Avoir cette âme, là, là, là !
Trou la la ! Et se dire que tout est si gai, pourvu que l'on vive... et que Ton aime, etc. »
Les aiguilles névralgiques lui fusèrent aux tempes ; sa nuque oscillait. La logique perverse reprit :
(( Ah, j'ai trouvé! Ah, ah, ah!
très bien î »
Victorieux, il se leva, et tout vacillant, sur l'air d'un refrain en vogue : (( Chaque fois que tu aimes^ tu meurs d'autant. »
puis, plus calme :
« C'est bien maître Janus qui dit cela. Oui... maître Janus. Continuons donc ! Dieu ! le beau suicide ! ! ! »
Et cette hantise s'insinua.
s'ancra en lui, irrésistible, fit de ses nerfs et de son sang le plus docile jouet, enfin le poussa aux extrémités pires : il faillit y perdre la vie.
Comment nous nous connûmes.
En cette buvette de laBibliothèque Nationale, aux hauts lambris de chêne clair, où viennent d'étranges jeunes femmes, pâles d'avoir trop scruté la douloureuse folie des sagesses humaines. De studieux vieillards, mal élevés, y parlent à voix basse par peur de profaner l'éternelle Illusion qu'emprisonnent ces murailles austères. On mange et l'on boit à peine : le commerce de l'Idéal assobrit.
Le hasard nous assit côte à cote à l'heure du déjeuner et nous échangeâmes des propos ; déjà nos yeux avaient battu de mêmes ironies au geste choquant ou impropre de tels autres.
Nous causâmes, inquiètement d'abord, comme craintifs. Mais aux noms de Laforgue et de Debussy s'en-
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flammait notre confiance et une demi-semaine s'écoula que nous nous savions assez pour nous plaire.
Vers quatre heures, une fois tombée l'exaltation factice du livre et comme on se sentait saturé de lignes, cette atmosphère nous paraissait stérilisante, trop sèche et fermée. Nous sortions ensemble.
x\h, les voluptueuses heures que nous vécûmes par ces bonnes aprèsmidi de printemps hâtif. Les arbres royaux des Tuileries, témoins de tant de triomphes, s'attendrirent à l'abondante ferveur de nos dialogues ; mais les statues nous regardaient passer avec pitié, plus mélancoliques de notre fièvre.
Damon était de stature moyenne, et son dos se voûtait tristement» Un pâle visage songeur, d'épais cheveux noirs collés au front, un long regard convalescent de tant de larmes pleurées jadis, et le sourire trop déçu sous une moustache d'or cendré : tel il me parut ces jours-là et plus jamais depuis, transfiguré par l'intime détresse où il se dévorait.
pour Ailleurs. 11
Il parlait trop vite, d'une voix hachée, aux rauques intonations, et c'était, au bout de chaque phrase (souvent inachevée] une halte pour se calmer l'esprit.
Son enfance maladive, dans un coin de campagne perdue, au grand soleil brutal du Midi, devant une route de poussière où, les crépuscules, passait le bêlement de troupeaux ; le supplice de cette vie aveuglée de lumière, parmi les grossièretés d'une telle nature ; son blettissement au creux des jupes maternelles jusque dix ans, comme en un refuge de tendre pénombre ; puis, l'éveil de ses croyances, la floraison vive de sa foi... tout le poème des naïvetés et des espérances, il le feuilletait sous mes yeux avec des pauses de regrets.
« J'ai besoin de vous parler de moi, disait-il dans un inexprimable sourire, et sans ridicule ni prétention. Vous ne m'en voulez pas?... »
Nous errions sous les jeunes
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feuilles parmi les rayons jaunes du soleil à son déclin.
« A treize ans, racontait-il, j'avais dans ma chambre un petit autel avec des chandeliers d'argent, des fleurs artificielles dans des vases à sujets relig-ieux, un calice et un ciboire miniature, un ostensoir... et je disais la messe chaque matin : c'étaient de gTandes joies ! L'odeur de l'encens m'extasiait, et quand, au moment de la communion, j'approchais de mes lèvres la minuscule hostie, il me semblait vraiment que quelque chose en moi se fondait, de divin, d'infini...
« Ah , les belles délices ! les inoubliables minutes puériles !
« Mais terribles instants, ceux où, pénétré du remords d'une mauvaise pensée, d'une impure curiosité, je me jugeais perdu à tout jamais pour la grâce, promis aux flammes éternelles. Ces soirslà, je m'endormais les mains jointes sur ma poitrine, dans l'affreuse attente de la mort qui se plaît à frapper le pécheur au sein de son péché.
« La Mort !.. la Mort !.. Ce
pour AUleu?'S, 13
mot m'affolait. Je croyais la deviner... tapie dans l'ombre, prête à me bondir dessus, guettant pour me sauter à la g'org'e... Ou bien, réveillé en soubresauts, un poids me broyait les côtes; c'était Elle, Elle !... et je me mettais, tout pleurant, à réciter des prières : Soi' veinez -vous ^ ô très pieuse Vierge Marie... et des ^t^e MayHa...
« Peu à peu, il me semblait que la chambre s'éclairait ; le flottement d'un voile bleu et blanc fraîchissait Tair et je me rendormais, calme, avec sur les paupières, la tendresse de baisers de clarté... peut être, ma mère, penchée sur mon sommeil?... »
Un silence, comme pour me laisser le temps de savourer son émotion, puis il reprit, les yeux vagues :
<v Je grandis ainsi dans la peur du Péché et de la Mort, dans la peur de la Femme et de l'Amour. Ces deux mois me jetaient en des angoisses indicibles. La Femme ! c'était l'être sept fois maudit qui vole les àmcs, qui souille et qui lue... L'Amour! c'était le mystère re-
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doutable, le mystère de larmes et de sang" vers quoi l'humanité tout entière s'exalte et souiïre. . . Et j'y song-eais perpétuellement.
« Age dangereux où s'insinue cette obsession ! Amollie aux sentimentalités chrétiennes, l'âme est comme un fruit mûr que le moindre toucher impur corrompt ou dessèche. Germe fatal qui vient au creux de nous-mêmes, du clair de lune par les nuits tièdes, du parfum des fleurs les jours d'orage, du bruit des jets d'eau dans les parterres, du rire frais des jeunes filles !
« Oui, le cœur se corrompt ou se dessèche, et l'on apprend la damnation de cette emprise, la torture de ce rêve infernal : vouloir atteindre l'àme au travers du corps possédé. J'en ai saigné plus qu'aucun être humain, moi !... Hélas !... » Et pâle, par ce pâle crépuscule plutôt pareil à une aube de journée grise et de la même détresse, ainsi Damon s'abreuvait de ses pleurs.
pour Ailleurs. 15
Le féerique Escalier cVor que lentement, que tristement descendent — pour quelles fêtes de fiançailles humaines? — les belles musiciennes de Burne Jones, n'est-ce pas bien le symbole de cette âme de flamme douloureuse?
Elles hésitent, rêves couronnés de sombres fleurs ; et sur les toits roses, les colombes continuent de s'aimer.
En les plis de leurs souples voiles niche l'essaim des regrets , des espoirs déçus ; leur visage s'éplore, mais d'une si douce résignation, et leur grave regard, pour la dernière fois, contemple la splendeur des marbres là-haut, la claire paix divine qu'elles quittent.
Toujours en elles comme un rythme ressouvenu de soir de printemps parmi des touffes d'asphodèles, survivra la mémoire mélancolique de leur disgrâce. — Mais quand même, de leurs lèvres languides, au son des violes et des cymbales, au son des théorbes et des llCites, elles diront, le long- des routes terrestres, le chant de la Vie, et les cœurs
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des hommes se fendront de pitié au passage de leur plaintive musique.
Après trois ans, nous nous retrouvâmes. Deux lignes de lui, reçues au moment d'un départ, m'apprenaient son séjour en Provence méditerranéenne.
Qu'était-il devenu depuis ses expansions des Tuileries jusque ce jour où nous nous revîmes, au fond d'une calanque de roches blanches, devant la grande
mer
Tout élan semblait cassé en lui, et ses paroles n'avaient plus d'ailes. La sèche indifférence, si pareille à la mort, lui glaçait l'être ; sa bouche blêmissait de mépris et de dégoût. Il était comme un flambeau agonisant, et les cendres l'étouffaient.
Vainement je tentai de Fexalter ; il retombait en ses silences noirs. Du passé, pas un mot ; pas un mot non plus de tout ce temps que nous venions de vivre loin l'un de l'autre ; mais quelque
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chose pesait sur sa langue, qu'il voulait dire et n'osait pas.
Quel destin avait pu le terrasser ainsi ?
Au rappel de certaines œuvres d'art qui jadis l'enflammaient, il haussa seulement les épaules.
— Et la musique ? demandai-je.
Il répondit :
— Non, pas même cela. Il n'y a plus que la mer.
Elle était, à nos pieds, d'un bleu de turquoise liquide, fraîche et tendre, pleine de caresses. Le plus complet paysage d'ardente simplicité vibrait devant nous, dans la lumière dorée de cet. automne.
Un énorme rocher rouge qui ensanglante l'eau de son reflet s'arrondit là-bas en croupe de monstre, et la petite ville poudreuse, toute blanche, sommeille au bord des flots luisants.
En cette santé sereine des choses, la misère de Damon sonnait comme un glas.
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Ici encore il traînait ses angoisses d'inassouvi que rien n'apaise, que tout ag-gTave ; c'était comme le poids d'un châtiment. Et nulle puissance de réaction, pour s'y soustraire. Vengeance terrible de la Vie qu'il osa haïr ; déchaînement contre lui-même des forces qu'il voulut dompter et de celles aussi dont il mésusait à sortir de soi, à fuir ce monde. Pour quels chimériques rivages de folie ? Pour quelles oasis d'anormales flores, de malsaines sources?
Malgré lui, maintenant, cette nature où il avait tant souffert de respirer, cette même nature allait le reprendre , toute résistance superflue, encore qu'il en ait eu le courage.
Des années, il les avait passées à fastueusement se modeler l'être selon la courbe rare, selon la complexe harmonie de trop dangereuses œuvres d'art. La pureté du plein air, l'abandon au soleil, le repos devant l'horizon infmi des vagues, seul remède, seul réconfort désormais.
Et plus tard, quand, repris par le besoin de vivre, il lui arrivera de
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pencher son reg'ard sur le gouffre où il roulait, que demeurerait-il en lui de ce passé aventureux?... à peine le souvenir confus d'un mauvais rêve.
« Oui, murmurait-il, un jour vient où l'ivresse ne suffit plus, dispensatrice des extases et des songes. Pauvre, d'avoir nourri la folie de croire que le salut est là, dans cette exaltation factice du cœur et des sens, dans cette voluptueuse solitude égoïste. Non, l'ivresse ne suffit plus. Où qu'elle ait cherché à s'apaiser, n'est-ce pas toujours et quand même l'insatiable soif des liqueurs d'oubli qui nous dessèche, le torturant espoir de combler notre ennui, ce trou sans fond creusé par l'expérience. Voilà notre illusion suprême, l'orgueilleux désir que nous chevauchâmes en vain :
vouloir ne vivre en soi-même que de soimême ; car, vous le savez bien aussi, malgré tout « nous sommes pleins de choses qui nous jettent dehors. »
Et il reprit après un long silence :
— Cette parole de Pascal, voici des mois que je me la répète. Et d'autre
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part, la résignation stoïque, le doute absolu ne nous deviennent-ils pas impossibles ? A la vue des misères qui grouillent autour de nous, la pitié ne nous prend-elle pas à la gorge ? Ah ! il y a au monde autre chose que nos souffrances et nos détresses de sensitifs à outrance... il y a des souffrances supérieures aux nôtres, plus dignes et plus belles, il y a des détresses sociales devant lesquelles nous ne devrions pas demeurer les yeux secs, chaudement revêtus de notre indifférence...
Mais il est trop tard...
(( Le mépris de nous-mêmes nous envahit : une voix haute s'élève qui nous crie l'inanité de nos rêves, la bassesse de notre égoïsme, la sottise de nos efforts... mais il est trop tard. Le mal est devenu inguérissable. . . et puis, voudrionsnous guérir si nous le pouvions... et le pourrions-nous, si nous le voulions?...
Hélas !... »
Crise terrible où je le vis se débattre, esclave encore de mille liens, mais déjà les bras levés vers l'aube de sa régénération.
powr Ailleurs. 21
Ce même jour, accoudés au parapet de briques roses, devant la maison basse qu'il habite, nous regardions se coucher le soleil à travers les feuilles des oliviers.
Une solennité profonde apaisait la mer et nos âmes ; l'un de ces inoubliables instants où l'on se sent si près de Dieu que Ton ose à peine respirer; l'infini entre en vous par tous les pores, et Ton pleure de joie, comme si l'on ressuscitait.
Longuement je contemplai Damon ; il était, dans la mollesse claire de cette soirée, une belle figure émue de résignation, de soupirs étoufl'és...
Tout à coup, ce fut comme une délivrance: un éclair d'énergie l'illumina. Le sang bleu de sa volonté reconquise transfigurait son blême visage. Il m'apparut grandi, fort d'une victoire décisive en cette lutte où il avait failli succomber.
Deux mots seulement, sur ses lèvres, mais de quelle voix mâle et vigoureuse :
« Attendez-moi. »
Au seuil de la petite maison
L'embarque'inent pour Ailleurs.
blanche, il reparut bientôt, joyeux, portant en ses bras, comme on élève un nouveau-né à la bonté du ciel, un gTand cahier manuscrit, recouvert de parchemin où ie lus:
journal de Damon.
« Prenez, me dit-il; voilà tout le passé, tout ce que je fus, tout ce que je ne serai plus jamais... Faites-en... ce qu'il vous plaira d'en faire... »
Et des larmes tremblaient en ses yeux, lui submergeaient le regard, des larmes qu'il essuyait de ses doigts émus... et quand il me serra la main, elle était toute trempée de pleurs.