‹ L'empire chinoisChapitre 104 sur 154 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

qu'ils seraientaujourd'huiincapablesd'obtenir les produits qui leur étaient si faciles dans les temps passés. Les sciences naturellesD'entreDtabsolumentpourriea dans leur système d'enseignement, etles connaissances qui leur viennent de la longue expérience des siècles n'ajanf, le plus souvent, pour gardiens que des ouvriers ignorants, on comprend que bien des notions utiles et intéressantes doiventnécessairemeatse perdre. Un contact plus intime avec l'Europe sera seul capable de conserver une foule de germes précieux qui menacent de périr, et qui pourront se développer un jour sous l'influence de la science moderne.

Le Sse-tcbouen, la plus remarquable, à notre avis, des dix-huit provinces de la Chine, est aussi celle où le christianisme est le plus florissant ; elle compte à peu près cent mille chrétiens, en général assez zélés, et remplissantfidèlementleursdevoirs;aussileurnonjbreaugmcnte-t-ild'une manière sensible d'année enannée. La prospérité decette mission vient de ce qu'elle n'a jamais été entièrementabandonnéecommebeaucoup d'autres. A l'époque même de nos plus grands désastres révolutionnaires, pendant que la France, sans culte et sans prêtres, ne pouvait guère se préoccuper des intérêts religieux de la Chine, les chrétiens du Sse-tchouen ont toujours eu le bonheur d'avoir au milieu d'eux quelques apôtres pleins de zèle et de ferveur, veillant avec soin sur les précieuses étincelles de la foi, en attendant que des temps meilleurs permissent à de nouveaux missionnaires de venir ranimer dans ces contrées le feu sacré de la religion. La province du Sse-tchouen est conflée à la sollicitude de la société des Missions

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étrangères, qui recueille maintenant les fruits de sa

persévérance et de son zèle.

Lachrétienté du Sse-tchouen, outre qu'elleest la plus nombreuse, présente encore une physionomie particulière. Partout ailleurs (1) les néophytes se recrutent, en grande partie, dans les Tilles et dans les campagnes, parmi les classes les plus indigentes. Il n'en est pas tout à fait ainsi dans le Sse-tchouen ; quoique la propagation de lafoi n'atteigne pas encore les sommités sociales, le plus grand nombre des chrétiens se trouve dans les rangs intermédiaires. 11 est évident qu'aux yeus de la foi le pauvre vaut au moins autant que le riche ; car il ne faut pas oublierque les bergers sont venus avant les rois adorer dans sa crèche le Sauveur des hommes. Cepeodantungrand nombre de Chinois ayant la simplicité de croire qu'on donne une certaine somme aux catéchumènesle jour deleur baptême, etqu'ils se fontchréUens par intérêt, il est avantageux peut-être, pour faire tomber ce préjugé, de voir le christianisme professé parles classes un peu aisées et qui ne sont pas forcées de vivre d'aumônes. 11 est, d'ailleurs, bon que les missions puissent se suffire à elles-mêmes, fonder des écoles gratuites pour les enfants des deux sexes, construire des chapelles et supporter les frais de leur entretien.

Quelquefois, on doit en convenir, ces conditions d'aisance et de prospérité ne laissent pas d'être nuisibles à la mission, en excitant la cupidité des mandarins, qui laissent volontiers les pauvres en repos, mais qui font toujours une surveillance active autour des maJ-

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