‹ L'empire chinoisChapitre 5 sur 154 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

<i délassement que nous pourrons trouver au mi- « lieu des travaux du saint ministère... (1). »

L'occasion nous a semblé des plus favorables pour accomplir ce dessein, et, à défaut d'autre mérite, nos observations sur les Chinois auront, au moins, un caractère d'actualité, puisque nous les livrons au public au moment oîi la situation politique de ce grand peuple excite l'attention et l'intérêt de lous les esprits.

Voilà, en effet, que cet empire immense, qui, depuis tact' d'années, semblait se complaire dans une profonde indifférence politique, et que les manifestations belliqueuses de l'Angleterre avaient à peine ému, voilà que ce colosse a été brusquement ébranlé sur ses vieilles bases par une de ces commolions terribles qui passent rarement sans altérer les formes anciennes, et qui laissent après elles quelquefois des institutions meilleures, toujours des cadavres et des ruines.

Si les causes premières de l'insurrection chinoise sont à peu près complètement ignorées en Europe, on connaît, du moins généralement, ses causes occasionnelles. C'est d'abord un trait isolé

(1) Souvenirs d'un voyage dam la Tartarit et le Thitet, \ p. 513.

de brigandage; puis la réunion de quelques scélérats cherchant à résister à la répression des mandarins. On voit bientôt surgir une petite armée, recrutée dans la lie des populations, et qui peut donner de sérieuses inquiétudes au Tice-roj de la province de Kouang-si... Enfin le vulgaire capitaine de voleurs, devenu hier chef de bande, se proclame généraUssime, fait intervenir la politique et la religion dans sa révolte, appelle à lui les sociétés secrètes qui pullulent dans l'empire, se déclare le restaurateur de la nationalité chinoise contre l'usurpation de la race tarlare-manlchoue, prend le titre d'empereur, sous le nom fastueux de Tten-te, d Vertu céleste » , se dit frère cadet de Jésus-Christ..., et c'est ainsi qu'un empire de trois cents millions d'hommes est mis à deux doigts de sa perte, et menacé d'une dissolution prochaine.

On s'étonnera peut-être qu'une petite rébellion de bandits ait pu grandir ainsi peu à peu au point de devenir formidable, et de revêtir un caractère en quelque sorte national ; mais, pour qui connaît la Chine et son histoire, il n'y a là rien de bien surprenant. Ce pays a toujours été la terre classique des révolutions, et ses annales ne sont que

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