C. LA GRANDE-PRINCIPAUTÉ DE FINLANDE
Les matériaux dont nous pouvons disposer ne nous font pas connaître la répartition territoriale en ce qui concerne
la propriété : aussi sommes-nous réduits à quelques renseignements généraux.
Le lecteur a vu que la superficie de la Finlande est de 6,844 milles carrés ou de 375,481 kilom. carrés, ce qui fait 37,548,100 hectares1. Partagés entre une population de 1,650,000 âmes, il y aurait 22 hectares par tête, ce qui dénote assez quelle doit être la qualité d'une partie des terres. On a vu, de plus*, que moins de 100,000 habitants étaient réunis dans les villes; la population rurale doit s'élever par conséquent à environ 1,550,000 âmes, nombre que Lindemann, pour l'année 1845, réduisait à 1,327,437. Enfin nous avons donné, d'après Rein et Lindemann, c'est-à-dire relativement à la même époque déjà un peu ancienne, le chiffre de chacune des classes dont la population se compose. Au moment de la cession de la Finlande faite par la Suède à l'empereur de Russie (voir p. 80), on y comptait d'ailleurs 26 villes et 28,735 hemmân. Ce dernier terme rappelle à la fois le mot français hameau et le mot allemand Heimalh. Il y a des hemmân de différentes espèces, selon qu'ils appartiennent aux nobles, à la Couronne ou aux paysans, selon qu'ils sont héréditaires ou que ceux qui les tiennent n'en ont que l'usufruit.
C'est l'État qui, en Finlande, est le plus grand propriétaire, car la noblesse n'est pas riche, les terres dépendant des 6 ou 700 pastorats du clergé ne sont pas étendues, et les paysans (bônder, plur. de bondé), quoique tous libres, soumis à un régime de stricte légalité et propriétaires quand ils veulent l'être , ayant pour cela d'ailleurs les deniers nécessaires, sont plus généralement à l'état de fermiers aisés*.
1. Au sujet de leur nature et valeur, voir Lindemann, Finnland und seine Bewohner, p. 89.