Oukase du 26 août. Voir Kœppen, ouvrage cité, p
2. Voir YVoldemar , Die Gelehrten und Schulanstalien des Ministeiiums, etc. (1865), p. 205. Dans le livre deBuschen, tabi. 15, on trouve figurées les proportions des cuites non chrétiens comparés aux cultes chrétiens.
(près de 80,000) parmi ses habitants. Quant aux autres parties du Midi, on trouve 74,557 juifs dans le gouvernement de Kherson, 23,455 dans celui de Iékatérinoslaf, et 12,061 dans celui de Tauride. Environ un tiers de ces derniers ne font pas partie de la grande majorité des juifs talmudistes, mais sont des Karaïtes ou Karaïm, juifs primitifs qui n'ont jamais accepté le Talmud et dont les pères, prétendent- ils, n'ont eu aucune part aux persécutions dirigées par les ancêtres du peuple israélite contre Jésus-Christ et les premiers chrétiens. De même qu'ils n'ont ainsi, disent-ils, aucun motif de haine contre les chrétiens, de même ils devraient pouvoir compter sur le bon vouloir des musulmans, car c'est d'un Karaïte que Mahomet a reçu en partie son instruction religieuse1. Kœppen a compté en tout 5,725 Karaïtes dans cinq gouvernements (Tauride, Kherson, Vilna, Kovno et Volynie).
D'après la Statistique officielle, la classe du clergé des Hébreux se composerait de 4,865 personnes, dont 2,430 du sexe masculin et 2,435 du sexe féminin. Le nombre des rabbins était, en 1842, de 954, et celui des synagogues de 604, indépendamment de 2,340 oratoires. Le culte israélite est sous l'autorité du ministère de l'intérieur, et M. Schubert parle de 62 inspections; ailleurs on mentionne 2,097 anciens et 798 trésoriers. Les rabbins et les chefs de synagogues sont élus par les communautés respectives et sont subordonnés aux kahals ou consistoires. L'organisation des écoles a été réglée par les oukases du 13 novembre 1844 et du 4 mai 1859. Il existait autrefois une école de rabbins à Brest-Litofski (gouv. de Grodno); en 1847, le gouvernement en ouvrit deux à Vilna et à Jitomir, et, en 1863, la première comptait 336 élèves, dont 65 pensionnaires de la
1. Voir sur les Karaïtes les ouvrages indiqués, t. II, p. 689, note 3, et Kohi, îieisen m SUdrussland, t. II, p. 236.
Couronne, la seconde, 206 élèves, dont 33 de ces mêmes pensionnaires1. En seconde ligne viennent 5 écoles entretenues par la Couronne, à Odessa (ancienne école bourgeoise), Berditcbef (Volynie), Staro-Konstantinova (idem), Vinnitza (Podolie) et Kichinef. Celle de Berditchef en parait être actuellement la principale. Puis, en troisième ligne, figurent sur les états 99 écoles primaires , avec 3,635 élèves (en 1863). De plus, 732 garçons et 240 filles fréquentent des écoles populaires gratuites qui ont surtout pour destination de répandre parmi les israélites la connaissance de la langue russe.
Israélites du royaume de Pologne. D'après les t Matériaux» publiés par M. iMilutine, il y en a 640,333, ce qui fait 12 p. 100 de la population ou 1 à 8-9. Ils ne cessent d'augmenter leur nombre. Dans les villes, la proportion qu'ils présentent devient encore plus forte, car ils forment à peu près le quart de toute la population urbaine. A leur clergé appartiennent 819 personnes, rabbins, interprètes de la loi, chanteurs, etc.5. Ils ont 530 synagogues ou oratoires et 362 cimetières. C'est surtout dans le gouvernement de Varsovie que les israélites sont nombreux ; à Varsovie même, on en compte 42,723. Parmi les autres gouvernements, c'est celui d'Augustow qui en renferme le plus, puis Lublin.
G. Culte musulman.
C'est surtout sur le Volga moyen et inférieur, en Crimée et dans l'isthme caucasique que ce culte se pratique en Russie. Il y date des Mongols et des Tatars, race vaincue par les Mongols. Au moment où ceux-ci fondaient l'empire
t. Woldemar, ouvrage cité, p. 208.
2. Nous trouvons ailleurs 294 rabbins et 523 officiants ou personnes auxiliaires.
du Kiptchak1, ils étaient encore lamaïtes ou bouddhistes, et comme tels d'une tolérance remarquable, attestée par des iarliks ou décrets qui, même aujourd'hui, pourraient servir d'exemple dans bien des pays chrétiens8. Mais déjà le khan Berké (1255-1266), troisième fils de Djoutchi3, fit connaissance avec l'islamisme, et non-seulement l'embrassa luimême, mais le recommanda à son successeur Mengou- Timour et aux principaux de sa cour. Mengou adopta cette foi nouvelle, mais sans peser sur ceux de ses sujets qui préféraient rester fidèles à la religion de leurs ancêtres, et par rapport aux chrétiens, sa tolérance alla jusqu'à permettre qu'un évêque russe résidât près de lui à Saraï. Ouzbek (1313- 1341), petit-fils de Mengou, se montra plus ardent sectateur de Mahomet: aussi sous lui la conversion du peuple fit les plus grands progrès. Lui qui, à son avènement au trône, avait rendu un de ces iarliks que nous venons de citer avec éloge, qui avait marié sa soeur Kontchak à un prince russe sans l'empêcher d'embrasser le culte de l'Église d'Orient, qui recevait avec bienveillance des messages du pontife de Rome, fut ensuite soupçonné, à l'occasion de l'apparition de son parent Chtchelkân* dans la Grande-Russie (1319), de vouloir convertir de force les Moscovites à sa foi. Cette accusation pourrait bien être mal fondée; mais Chtchelkân, musulman fanatique, y donna lieu par sa conduite à Tver, et depuis ce temps, le fanatisme fit des progrès parmi les Tatars en général. Le mahométisme fut depuis la religion dominante non-seulement dans la tsarie de Kasan et dans
LVoir t. II, p. 698.
2. Voir celui de 1313 dans St.-Petersburqisches Journal, mars 1776, p. 45- 50. Cf. Karamzine, t. IV, chap. vu (p. 161).