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conques. Le 17 avril 1863, toujours sous le règne d'Alexandre II, le soldat a été exempté des peines corporelles; cependant cette disposition ne paraît pas en empêcher l'application légale dans certains cas, car, dans les notes qui nous ont été obligeamment communiquées, nous lisons ce qui suit: «I! n'y a que les soldats incorrigibles qui, par sentence des conseils de discipline, soient transférés dans la catégorie des gens passifs de la peine corporelle (pas plus de 50 coups de verge), de la privation de l'avancement et de la perte du droit de profiter des congés. » En serait-il de même, au criminel, de la cruelle peine des baguettes , naguère fréquemment infligée , et que ces mêmes notes passent absolument sous silence? nous aimons à croire le contraire.
Le code militaire fait partie du digeste spécial relatif à l'armée, et qui, en russe, est intitulé Svod votennykh postanovlénii. Ce Svod, dont la dernière édition a paru en 1859 (t. 1^X11), est divisé en cinq parties, chacune subdivisée en livres. Voici les titres de ces cinq parties: lre (t. I-IV), Organisation des administrations militaires; 2e (t. V et VI), Lois concernant le service militaire; 3e (t. VU), Instruction pour les troupes; 4° (t. VI1I-XII), Règlements économiques; 5e Lois pénales (t. XII dans l'édition de 1855). Cette dernière partie est subdivisée en deux livres : 1° Crimes et châtiments, 2° Tribunaux mililaires: Des volumes complémentaires paraissent annuellement. Les notes mentionnées contiennent l'observation suivante : « Vu les nombreuses améliorations introduites dans l'armée depuis 1859, le code a vieilli, au point de nécessiter une nouvelle édition revue et corrigée, que l'on ne tardera pas à faire paraître, dès que les principaux changements seront définitivement appliqués. Le nouveau code pénal est entièrement achevé; il doit paraître incessamment. » 11 sera, nous n'en doutons point,
un bienfait de plus du règne d'Alexandre II et répondra aui hautes lumières, à l'esprit de justice et d'humanité qui caractérise l'éminent ministre de la guerre actuel, M. le général Dmitri Milutine.
Écoles militaires1. On a vu plus haut (p. 702) qu'il existe, au ministère de la guerre, une direction générale des écoles militaires. Elle est composée du «chef» de ces écoles, de son adjoint, d'un vice-directeur, d'un conseil administratif, d'un comité pédagogique, de la chancellerie et de quatre sections. Nous devons à l'obligeance du chef lui-même ce renseignement, que les établissements placés sous son autorité renfermaient, en 1864, un total de 12,637 élèves, avec 837 professeurs ou maîtres, et 40 fonctionnaires, directeurs, inspecteurs, etc. Cependant ce n'est là qu'une faible partie de la jeunesse qui reçoit l'instruction sous les auspices du ministre de la guerre. Dans un ouvrage quasiofficiel tout récent*, on sépare les établissements qui lui sont directement subordonnés de ceux qui le sont au «chef* dont on vient de parler, et l'on donne les chiffres suivants: pour les premiers, 1,217 établissements avec 53,938 élèves, dont 696 du sexe féminin; pour les seconds, 21 établissements avec 6,983 élèves tous du sexe mâle, total, 60,921 élèves. Négligeant cette distinction d'une signification purement locale, nous prendrons pour base de la nôtre la nature différente des établissements.
Académies et écoles spéciales. Au ressort du ministère de la guerre appartiennent quatre académies, dont deux ont pour annexes une école spéciale et qui toutes possèdent de riches collections.
Académie d'état-major. Elle relève du quartier-maître
1. Voir Schubert, p. 363; Tanski, p. 308-327; général de Bismark, p. U- 18 ; Haxthansen, t. m, p. 393-395; Brix, p. 37-40 ; Woldemar, p. 242.
2. Woldcmar, Gdehrten- und Scfudanitalten t etc. (1865), p. 241
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général. Destinée à former, par un cours de deux ans, des officiers d'état-major, elle est ouverte à tous ceux des officiers subalternes qui, après avoir servi dans la troupe au moins 4 ans, ont subi avec avantage un premier examen à leur régiment et un second à rétablissement même. Le nombre des admissions n'est pas limité. Pour passer de la lre classe à la 2e, il faut encore soutenir un examen; l'examen de sortie désigne ensuite ceux qui, passant à l'étatmajor, sont avancés en grade. A part des deux classes est une section géodésique, également de deux classes, où les
élèves étudient les mathématiques spéciales, la géodésie et l'astronomie. Après leur sortie, ils achèvent leurs études, pendant deux ans, à l'observatoire de Poulkova, près de Pétersbourg.
Académie et école d'artillerie. La première est instituée pour répandre parmi les officiers de cette arme, dans un cours de deux ans, une instruction supérieure. Dans la seconde, les élèves sont exercés à la pratique. Organisée pour 148, l'école d'artillerie forme une batterie de 4 pièces. On n'y est admis qu'après examen ; le cours est de trois années , en autant de classes.
Académie et école du génie. Destinés à fournir des officiers instruits au corps du génie ou au bataillon de sapeurs, ces deux établissements sont organisés d'une manière analogue aux précédents. L'école forme une compagnie de 126 élèves.
Académie de médecine et de chirurgie. C'est, pour ainsi dire, une faculté de médecine relevant directement du ministre de la guerre. Le nombre des étudiants n'est pas limité1, mais seulement 50 d'entre eux sont entretenus aux frais du gouvernement. Après leur sortie, ceux-ci sont tenus de servir l'État pendant un certain nombre d'années. L'Aca-
i. En 1861, il était de 062. ' ' " '
demie se divise en trois sections: dans celle de médecine et de chirurgie, le cours est de 5 ans; dans la section des vétérinaires, il est de 4 ans, dans celle de pharmacie, de 3 ans. Cette académie possède une belle bibliothèque , un laboratoire, des cabinets de physique, de minéralogie, de zoologie, d'anatomie, un musée des divers instruments de chirurgie, les cliniques nécessaires et un hôpital pour les chevaux. — En dehors de cette institution savante, il existe 7 écoles d'officiers de santé, dans lesquelles, en 1861, 746 élèves recevaient leur instruction.
Écoles militaires proprement dites. Elles sont au nombre de 4, savoir: à Moscou, l'école Alexandre; à Pétersbourg, l'école Paul, l'école Constantin et l'école Nicolas des porteenseignes de la garde. Les écoles militaires n'admettent que les jeunes gens qui ont terminé le cours des gymnases militaires ou civils destinés à préparer des officiers instruits pour toutes les armes. Les 300 élèves, nommés € porteenseignes» de chacune des trois premières, forment un bataillon de 4 compagnies, subdivisées en 4 sections. Le cours est de 2 ans, en 2 classes. L'école Nicolas forme un escadron de 150 élèves et fournit des officiers à la cavalerie, particulièrement à celle de la garde. Ces écoles donnent annuellement à l'armée de 4 à 500 officiers.
Corps de cadets. Il n'en existe plus que 4, avec leur ancienne organisation provisoirement conservée. Ce sont: le corps des pages de l'Empereur, le corps des cadets de la Finlande, le corps des cadets d'Orenbourg et le corps des cadets de la Sibérie. Ensemble, ils fournissent annuellement environ 80 officiers. t ;
Gymnases militaires. Malgré leur nom, ils ne sont pas organisés sur le pied militaire. On en compte 121, savoir:
1. Nos informations sont plus récentes que celles qu'on trouve dans le livre de M. YVoldemar,
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$ à Pétersbourg, 2 à Moscou; les autres à Orel, Toula, Voronège, Kief, Poltava, Novgorod, Polotsk et Tambof. Dans ces gymnases, les études durent 5 ans, et, par conséquent, il y a 5 classes où Ton donne l'instruction élémentaire et en partie classique. Les exercices militaires et le maniement des armes y sont remplacés par la gymnastique. Les élèves sont entretenus aux frais de l'Etat. Cette création nouvelle, qui est une transformation des anciens corps de cadets, annonce de la part du gouvernement des intentions auxquelles il est juste de rendre hommage. La Russie devant cesser d'être avant tout un État militaire, il est naturel que sa jeunesse se forme, en grande partie,. pour les carrières civiles par des études appropriées, surtouj générales.
Écoles pour les porte-enseignes (iounkerskiya outchilischcha). Ces écoles, toutes militaires, sont seulement en voie de création et destinées à des jeunes gens d'une catégorie particulière. Les porte- enseignes (iounkeri) servent dans les régiments un certain nombre d'années dans le but de parvenir au grade d'officier. La durée de leur service avant l'avancement varie «selon les droits qu'ils ont acquis par les études ou par la naissance. * Ainsi, les jeunes gens d'extraction noble servent deux ans; les fils d'officiers , de docteurs en médecine, de marchands d'une des trois guildes et de prêtres, les fils d'officiers de santé, de pharmaciens, de bourgeois notables, etc., six ans, et ainsi de suite jusqu'à douze. Il y aura des écoles d'infanterie et des écoles de cavalerie: une des dernières figure plus haut. Des autres, il en existe 4, savoir: celles de Moscou, Vilna, Varsovie et Helsingfors; 4 autres seront ouvertes sous peu à Kasan, à Odessa, à Kharkof et à Kief, de manière que chaque arrondissement militaire ait son école. Les écoles d'infanterie sont organisées pour 200 porte-enseignes; celles de cava-
lerie le seront pour 150. Chacune formera soit une compagnie, soit un escadron. On n'y reçoit que les porte-enseignes de bonne conduite dont l'admissibilité a été constatée par un premier examen au régiment et un second à l'école. Le cours est de 2 ans en 2 classes : il embrasse toutes les branches nécessaires aux officiers des différentes armes. Les 8 écoles désignées pourront en fournir annuellement . environ 800.
Écoles militaires primaires. Destinées surtout à donner l'instruction élémentaire aux enfants de soldats en activité de service ou en retraite, elles sont ouvertes en outre à ceux de . parents nobles , d'employés ou de membres du clergé. D'après une note qui nous a été communiquée, il en existerait 21, contenant chacune de 150 à 800 élèves. Cependant, d'après d'autres données1, ces écoles seraient bien plus nombreuses; l'artillerie seule en aurait 13, dont 3 pour les filles; celles-ci avec 116 élèves, les autres avec près de 2,000; et sous l'autorité préposée aux troupes irrégulières, il y en aurait 1,123 de garçons et 37 de filles, les premières avec près de 42,000 élèves, les secondes avec 580.
Le lecteur voit quelle extrême importance a en Russie le ministère de la guerre : aussi le titulaire occupe-t-il la première place parmi tous les chefs de l'administration*.