‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 37 sur 367 · Voir t. II, p · texte numérisé non relu

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Milles carrés.

En Europe 93,000

En Asie 243,000

En Amérique 24,300

Totaux .... 360,300

observation, qu'il lui manquait la clef de sa maison. Mais la même réclamation, si elle avait été fondée, eût été applicable au Sund.

Incontestablement en possession de ses limites naturelles, et au delà, la Russie n'était pourtant pas encore à son apogée. Le règne d'Alexandre Ier (1801-1825) devait, non pas l'y élever, mais l'en approcher notablement. Durant cette période, plus véritablement glorieuse que le règne de Catherine II, l'empire fut agrandi de quatre côtés différents, de celui de la Caucasie et de la Perse, de celui de la Suède, de celui de la Turquie et de celui de la Pologne. Envisageons successivement chacun de ces côtés.

Du côté de la Caucasie et de la Perse se passèrent, au commencement de notre siècle, des événements d'une haute importance pour la Russie et qui n'en avaient pas moins pour l'Europe entière, en particulier pour celles de ses nations qui ont rêvé et rêvent encore la domination de l'Asie. Nous avons déjà parlé de la réunion de la Géorgie (en russe Grousie) avec l'empire, opérée sous Paul Ier, et à la suite de laquelle Alexandre, par oukase du 24 septembre 1801 , érigea une nouvelle province, dont le Karthli, le Kakheth et le Somkheth composaient l'ensemble. Cette réunion ne resta pas sans avoir les plus graves conséquences : elle rendit nécessaire l'assujettissement, alors commencé seulement, de toute cette magnifique région du Caucase, qui, en deçà et au delà des monts1, forme aujourd'hui une lieutenance (espèce de vice-royauté) n'ayant pas moins de 8,000 milles carrés ou d'environ 440,000 kilom. carrés*

1. La seule Transcaucasie est d'environ 3,600 milles carrés ou de près de 200,000 kilom. carrés (voir t. II, p. 45), avec 3,600,000 habitants {ibid., p. 128).

2. Cf. t. II, p. 45. Variante, 396,500 kilom. carrés, t. I", p. 209. Mais notre chiffre ci-dessus est calculé d'après les évaluations rectifiées de M. Schwei- Uer. Voir t. II, p. 24.

(389,101 verstes carrées), avec une population qui n'est pas beaucoup au-dessous de 4 millions1. Écoutons ce que disent à ce sujet les historiens russes. «Les rois d'Iméreth et les princes de Mingrélie, coreligionnaires des tsars, avaient déjà recherché la protection de notre cour sous le règne d'Alexis Mikhaïlovitch*; le chamkhal de Tarkou (dans le Daghestan septentrional), les khans de Derbent et de Bakou donnèrent des preuves de leur dévouement à la Russie dès les temps de Pierre le Grand8, et les princes qui régnaient dans le Chirvan, le Ghéki, le Gandja et le Karahagh, intimidés par les victoires du comte Zoubof, s'étaient déjà rangés sous la protection de Catherine II. Mais il fallut rendre leur soumission complète; il fallut abaisser beaucoup d'autres khans, beks, outzméïs et sultans ayant des possessions jusqu'alors indépendantes entre la chaîne du Caucase et le cours de l'Araxe, sous peine de renoncer à toute espérance de posséder jamais la Grousie d'une manière sûre et profitable. Cette mission difficile, Alexandre Ier la confia au général prince Tsitsianof4, lui-même Grousien de naissance, quoique partisan dévoué de la Russie , à la fois brave capitaine et habile administrateur, et qui avait une connaissance parfaite de la Transcaucasie, où sa famille était une des plus considérables, unie par des liens de parenté avec le dernier roi de Grousie George XIII, qui avait épousé une princesse

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