‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 173 sur 359 · Voir plus haut, p. 109 et suiv · texte numérisé non relu

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quable , sous le rapport des lacs , que dans sa partie du nordouest , où le plateau anciennement connu sous le nom de nions Alaunus , et jusqu’à ce jour sous celui de forêt de Volkhonski, s’aplatit dans celte môme direction du nordouest et dans celle du gouvernement de Pskof, au moyen de quelques gradins auxquels , en les qualifiant de montagnes, on a fait trop d’honneur. Cette partie du nord-ouest est le district d’Ostaschkof du gouvernement de Tver. Nous l’appelons la nylon centrale des lacs : on peut aussi la désigner comme le pai/s des sources, car on trouve là, dans le voisinage de celle du Dniepr, du fleuve russe par excellence, la source du majestueux Volga, cettegrande artère del’empire, et la source de la Duna, fleuve moins directement national, mais important , puisqu’avec la Neva , il achève la jonction des mers du sud , si éloignées pourtant du plateau en question , avec la mer Baltique. La ville d’Ostaschkof est toute entourée de lacs, au moins du côté de l’ouest et du nord. Le principal, celui sur lequel elle est située, est le lac Séllglier, qui a 37 verstes de long, 175 verst. carr. de superficie, et forme, par des contorsions de toute espèce, un grand nombre d’iles et de presqu’îles '. Le lac Pcno , plus à l’ouest, est un peu moins grand , mais toujours considérable, surtout si l’on y ajoute le lac Ovséloug et celui de Sterje, qui, en communication avec lui et entre eux par des canaux de jonction, en forment le prolongement vers le nord. C’est du lac Péno que sort le Volga pour se diriger vers le petit lac Volgo , et de là à l’est jusqu’à Kasan. D’un autre petit lac appelé Dvinetz s’échappe la Dvina occidentale ou Duna, et nous nommerons en outre ceux de Sig, Sabro , Sviatoîé, Gloubokoïe , Sércmo , Lasso, etc.

1. Voir la carte très-spéciale qui accompagne un savant rapport de M. de Kœppen, intitulé Ueber den Wald- und Wasser-Vorralli im Gebiele der obern und mittlrrn Wotga , 1 8-4 1 . Voir aussi la 8mc partie de la Podrobnàia Karta Kos.rii (Carte générale de l’Empire de Russie).

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Le gouvernement de Tver renferme beaucoup d’autres lacs que nous passerons sous silence; et au delà de ses confins avec le gouvernement de Novgorod , de son côté très-riche en petits lacs , on en trouve des centaines , mais peu importants, surtout si on les compare au lac llmen ou au Biélo-Oséro dont il a été question. 11 y en a également beaucoup dans le gouvernement de Iaroslavl, où le plus grand est celui de Eostof ou de Néro, qui a près de 12 verstes de long, sur 8 de large, et une superficie de 52 verst. carr.; et, après lui, le Nokh-oséro. Plus au sud-est, encore dans la même région centrale, sont le lac Pleschtchèïévo, dans le gouvernement de Vladimir, et ceux, en assez grand nombre , qui couvrent la partie septentrionale du gouvernement de Riaisân, le lac de Goucefsk, le Sviatoié, le Vélikoié, le Pagojskoïé, le Martinovo, etc. Dans le gouvernement deKoslroma, les lacs de Tchoukhloma et de Galitch, appartenant aux deux districts de mêmes noms , méritent encore une mention , ainsi que les petits lacs de Solova, de Toula et Ivanof, dans le gouvernement de Toula. Il sera question du dernier à propos du berceau du Don.

Région de la plaine sarmatique. — Il a été dit plus haut' qu’elle se partage entre les provinces balliques, la Lithuanie et laPologne. Elle embrasse donc, avec le royaume qui subsiste sous ce dernier nom , toute la partie occidentale de l’empire Russe, avec les bassins fluviaux de la Duna, du Niémen, de la Vistule, du Dnièstr, du Boug et quelques parties de ceux du Dnièpr. On peut lui assigner une superficie de 5 à 600,000 kilomètres carrés.

Dans la description des lacs de cette région , nous partons du nord-est ou de l’escarpement occidental du plateau de

t. Voir p. 124 cl suiv. — F.-H. Muller, p. 321 et suiv., emploie celle dénominalion dans un sens beaucoup plus vaste, qu'il ne faut pas confondre avec celui que nous y attachons ici et dans le passage cité.

Valdaï. De là, nous avancerons vers la mer Baltique, et ensuite dans la direction de la mer Noire.

Le lac Ilmen (nom qui parait être finnois et signifier plat ou ouvert) , est précisément au bas de cet escarpement , dans la partie occidentale du gouvernement de Novgorod , un peu au sud de la vieille ville historique , berceau de la monarchie russe. L’historien goth Jornandès le connaît déjà sous le nom de fucus Musianus 1 , qui est sans doute le môme que celui de Moïsk , qh’il portait anciennement. On estime que son niveau est à 400 pieds (33 mètres) au-dessus de la mer Baltique, et on lui donne une superficie de 790 verst. carr. , par conséquent plus étendue de moitié que le lac de Genève. Son plus grand diamètre, deTouest à l’est, est de 40 verstes; sa largeur est de 30, du nord au sud, c’est-à-dire du point où le Volkhof en soft pour aller arroser Novgorod , au côté directement opposé. Les rives de l’ilmen sont plates tout à l’entour. Le Volkhof est un puissant écoulement du lac, dont il porte les eaux au Ladoga , avec lequel il le met en communication; mais, par compensation, l’ilmen reçoit le tribut de plusieurs rivières dont nous décrirons plus loin le cours, le Chélôn, à l’ouest, le Lovalh au sud, et au nordest le Msta, dont le cours, allongé par des détours forcés, embarrassé de rapides et de cascades, fait ressortir les mouvements du terrain au nord du plateau de Valdaï.

Le lac Péïpous, dont le lac de Pskof est le prolongement méridional , s’étend plus à l’ouest , séparé de l’ilmen par la largeur du gouvernement de Saint - Pélersbourg , dans le

1. Selarini a G vitale Nova (Novgorod) et Sclaiino Bumunenxe , et tacu qui appellatur Mutianu», nuque ad Danaxlrum , et in Boream Vitcla tenue commorantur. De origine actuquc Getarum, II, éd. Panckouckc, p. 228. — Voir pour les notions historiques se rattachant à ce lac et aui origines de Novgorod, F.-H. Muller, t. II (avec le litre particulier Stromxyxtem der Wolga), p. 24 et suivantes.

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atr

sud duquel abondent à leur tour les petits lacs. Les Russes appellent le Péïpous lac desTchoudes ( Tchoudskoié-oséroJ , car il n’est plus en pays slave proprement dit. Enclavé entre l’Ingrie (gouvernement de Saint-Pétersbourg), l’Esthonie et la Livonie, il n’a sur ses bords que des populations finnoises* que les Slaves désignent sous le nofn de Tchoudes ', comme ils désignent sous celui de Nicmtzi* les Allemands. Le lac de Pskof est en outr^cnlouré du gouvernement tout à fait slave du même nom. Il est réuni au premier par un large canal.

Le Péïpous seul , bien plus grand que l’Ilmen , a 2,483 verst. carr. , sur lesquelles 1,132 reviennent au gouvernement de Saint-Pétersbourg , 1,02G à la Livonie , et4 325 à l’Estbonie. 11 a une longueur de 80 verstes sur 60 de largo. Sa circonférence est de 267 V, verstes. On estime sa profondeur à 14 mètres. 11 renferme quelques îles , mais dont une seule, celle de Porka- saar ou Piri-saar, dans laquelle sont trois villages, est un peu considérable. Il est bien poissonneux: le sahno marœnnla, espèce de hareng, appelé ici rcbbs , y abonde surtout; on y pêche en outre des brochets , des perches , une espèce de carpe, des lottes , des merlans , etc. Ce lac ouvre une communication facile entre les quatre gouvernements d’alentour; et même avec le golfe de Finlande, avec lequel il est en communication par la Narova, qui en est l’écoulement, comme laNéva est l’écoulement du lac Ladoga. Celte roule fluviale pour pénétrer dans l’intérieur de la Russie était déjà connue au XIIIe siècle des commerçants de Lubeck et autres de la ligue Anséatique , qui la pratiquaient pour aller à la grande Novgorod5. Ce-

1. Tchoud, au pluriel Tchuuili ; Tchnukhoneti , au pluriel Tcliuiikhonlu.

2. Sirmeti, au pluriel Xiemtii , signifie proprement inuet. Or, on regardait connue muets ceux dont on ne comprenait pas la langue.

Hic ego harbarus suin, nec intrtliqor ulli.

3. Dans le t. Il de Muller, p. fii-66, on parle expressément des Sarwa- (ahrlcn , expéditions A Narva , par la Narova.

pendant le lit marécageux de cet émissaire est encore embarrassé par des cascades , comme celle des environs de Narva, laquelle, du reste, peut compter parmi les beautés de la nature dans cette contrée. Beaucoup de petites rivières versent leurs eaux dans le Péïpous : la plus considérable est le Grand-Embach ou Embacli tout court , écoulement du lac Wirtzærw (Virtserf) et qui, dans son cours de plus de 100 verstes de l’ouest à l’est , traverse la ville^le Dorpat.

Le lac de Pskof, plus au sud et tourné vers le sud-est, a une superficie de G93 verst. carr. , sans compter le canal assez long et fort étroit à son entrée, qui le réuniL au Péïpous, au sud de l’ile de Porka. La superficie de ce canal qui malheureusement s’ensable progressivement, est en outre de 281 verstes carrées. Long de plus de 20 verstes , selon Bienenslamm ', le lac appartient surtout au gouvernement de Pskof, auquel on en attribue 354 verst. carr. ; on en donne 41 au gouvernement de Saint-Pétersbourg, et seulement 7 ou 8 à celui de Livonie. Il reçoit au sud la Vélikaîa , sur laquelle est située la ville de Pskof (Pleskau), à quelques verstes du lac, et qui traverse du sud au nord tout le gouvernement.

Le lac Wirtzærw , dont nous avons déjà- fait mention à l’occasion de l’Embach, son émissaire, est presque au centre de la Livonie, dans le district de Dorpat ou Derpt. On lui donne 240 verst. carr. de superficie; 35 verstes de long, du nord au sud , et de 3 à 12 de large. Ce n’est plus , on le voit, qu’un petit lac.

Bienenstamm en énumère 324 autres, la plupart trèspoissonneux, dans ce seul gouvernement, et sans encore

I. Geographucher Abris* der drri drutschen Ostsee-Prorimrn Ituxxlands , p. 135. Possart, t. I, p. 54, se trompe quand il parle de 50 verstes de long sur •10 de large. — La superficie a été calculée par M. de Kœppen sur la carie du général de Schubert.

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en épuiser la liste, tant s’en faut. Les principaux sont, après le Wirtzærw, le la cLoubdn, qui, dans le district deWenden et sur les confins du gouvernement avec celui de Vitebsk , a près de CO verstes de circonférence et 77 verst. carr.; celui d’ AUouktsé , long de 7 verstes, large de 3; celui de Marienbourg , long de 3, dans le district de Wenden; enfin celui de Bourtnek, non loin deWolmar, dont la circonférence est d’environ 27 verstes.

Dans l’Esthonie, on compte 228 petits lacs dont aucun ne mérite d’être mentionné nominalement.

En Kourlande ', il y en a plus de 300 , dont le plus grand est celui (TAngern, district deTuckum (Toukoum). Séparé par une langue de terre du golfe de ltiga, il a 17 '/, verstes de long, sur 2 à 2% de large. On le considère à tort comme un haff ou une baie, malgré le petit cours d’eau qui le fait communiquer avec le golfe. Après lui vient le lac d'Usmailcn (Ousmaïten) , entre le district de Goldingen et celui deTuckum : il a 35 verstes de circonférence et jusqu’à 24 mètres de profondeur. Le lac de Libau , entouré au nord et au sud de deux autres lacs, peut, plutôt que le lac d’Angern , passer pour un haff: il communique avec la mer près du port de Libau , qui fait partie du district de 11asenpoth.

Dans l’ancienne grande-principauté de Lithuanie, les lacs abondent également , surtout dans le district de Troki , du gouvernement de Vilna, mais ils ont peu d’éteudue. Les principaux sont : dans les gouvernements de Kovno et de Vilna, ceux de Narolch , Drisviaty* , Snouda ou de Braslaf et Svirskoi ; dans celui de Grodno, dont fait aujourd’hui

t. Voir la carte de la Kourlande qui accompagne la description spéciale de ce gouvernement par Bienenstamm et revue par M. PDugsten.

2. C'est sans doute par une faute d'impression qu'on lit Duswiaty dans le Tableau de la Pologne, par Malte-Brun et Oiodzko, t. I, p. 35.

partie la province de Bélostok', le lac d’Augustow, au nord de Knycliine, etc. , etc.

La même observation s’applique au royaume de Pologne. Dans la multitude des lacs , les seuls que l’on puisse citer sont: les lacs Duzia , Métèlc, Obèlia, Saïno , dans le gouvernement tTAngustow; celui deZamosc, dans le gouvernement de Lublin; celui de Goplo, célèbre dans l’bistoire, dans l’ancien gouvernement de Kalisch, aujourd’hui gouvernement de Varsovie, du côté du 'grand-duché de Poznan (Posen) ; plusieurs autres dans le même gouvernement de Varsovie, près de Chodecz , Lubien, Brdow, Orlé, Bialé, Idworz, etc., etc. Malte-Brun* attribue à ces petites nappes d’eau une profondeur incommensurable. «Tous ces lacs,» dit-il , après avoir parlé du Goplo, « ne s’élèvent pas de 15 à 20 pieds au-dessus des eaux de la Baltique, tandis qu’il est probable qu’ils ont jusqu’à plusieurs milliers de pieds de profondeur.»

Région du terreau noir. — On a vu1 2 3 qu’elle embrasse une superficie restreinte , comparativement aux autres régions/savoir d’environ 330,000 kilom. carr. , répartis sur les gouvernements de Volynie, Podolic, Kief, Tchernigof, Poltava et Kharkof. Mais il faut bien se garder de croire quelle représente seule le sol agricole de la Russie, qui, au contraire, est répandu sur la plupart des régions de la Russie moyenne dont nous traitons dans ce moment et qui est six fois grande comme la France.

Nous pourrions, à propos de lacs, passer celle-ci entièrement sous silence: il n’y en a point de notables, si ce n’est

1 . C'est une correction h faire dans notre ouvrage Im Russie . la Pologne et la Finlande, p. 555, et sur la plupart des cartes même récentes. En revanche , le gouvernement de Korno a été sépare de celui de Vilna.

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