Voir Kopppen, ouvrage cité, p
hydrographie; bassin du don.
Don inférieur appelé aussi Donetz , appartient surtout à la Petite-Russie et à la région du terreau noir. Car , après avoir pris naissance dans le district de Karotcha du gouvernement de Koursk, à 50 verstes au nord de Bielgorod, il entre, à Yoltchansk, dans le gouvernement de Kharkof (autrefois Slobodes d’Oukraine), et, suivant sa pente naturelle, il le parcourt du nord au sud dans une grande partie de sa longueur, après avoir reçu déjà à gauche la Karotcha. Forcé toutefois par les obstacles que lui oppose le surgissement du terrain, à s’infléchir vers l’est, il coule dans cette direction, accompagné sur sa rive droite de falaises et de talus, et après avoir formé un grand coude à l’ouest en se rapprochant du hassin du Dnièpr, arrosé en cet endroit par la Vorskla et par FOrel. Il arrive ainsi à Zmiyef, petite ville de district au sud de Kharkof. Au-dessous d’Isoum , il est grossi par l’Oskol , cours d’eau considérable qui vient aussi du gouvernement de Koursk (partie orientale), et donne son nom à deux villes qualifiées, l’une de Vieux-Oskol, l’autre de N’ouvel- Oskol. Séparant ensuite le gouvernement de Voronège de celui d’Iékatérinoslaf , il passe à Slavianoserbsk, dans la Nou- . vellc- Servie, et entre bientôt dans le Pays des Kosaks du Don , au sud du fleuve principal et parallèlement avec lui. Dans son cours lent et sinueux , à travers cette steppe un peu moins aride ici qu’ailleurs, il reçoit plusieurs affluents , dont la Kalitva et la Bystraïa , à gauche , sont les principaux. Enfin , après avoir rallié encore , à droite , la Koundrioutcha , le Donetz se divise en deux bras et commence à former une île très-considérable '. C’est le bras de gauche appelé Donetz sec (Soukhoï Donelz) qui se réunit au. Don , lequel vient border File du côté de l’est , à environ
1. Voir la grande carie, D, 9, et Kceppen, p. 227. — M. Le Plave, un des compagnons de voyage de M. Anatole Demidof, esl entré dans de grands détails au sujet du Donetz. Voir la note suivante.
1 20 kilom. de son embouchure. La grande route de Moscou, qui passe le Donetz à Kamenskaïa, et qui, à l’ouest de l’immense courbe décrite par cet affluent du Don, en est comme la corde, traverse le fameux bassin houiller qui est une des espérances d’avenir pour la Russie (car, on le sait, sans houille , pas de grande puissance possible aujourd’hui), et qui commence sur la Grouchevka, petite rivière se dirigeant du nord au sud pour se réunir au Touzlof, et, conjointement avec lui, au Don inférieur près d’Axaï ’. Au bras du Don qui , avec le Donetz inférieur , forme l’île dont nous avons parlé, se réunit le Sal, rivière chère aux Kosaks, qu’un assez long cours amène de la steppe des Kalmuks, gouvernement d’Astrakhan.
Plus au sud , et presque parallèlement avec le Sal , coule le Manytch , principal affluent de gauche du Don et à peu près le dernier. Sorti de la région Koumane , que le lecteur connaît (voir p. f45),-il est essentiellement une rivière de la steppe. «Ici, dit Hommaire*, qui a fait du bassin et du cours du Manytch une étude toute spéciale, point d'accidents de terrain : c’est le désert de la Russie dans toute son uniformité, et le bassin du Manytch, aux eaux bourbeuses et jaunâtres, est parfaitement en harmonie avec les contrées
1. On s'cst mis, en Russie, à la recherche (i'uuc mine de houille, comme on allait autrefois à la recherche de l’or, et avec plus de raison. Celle matière est traitée dans le magnifique ouvrage de M. Anatole Démidof, Voyage dans la Russie méridionale el la Crimée . Paris, 1842, 4 vof. in-8°, avec atlas. Ce voyage, auquel M. Dcniidof, véritable Mécène en ce qui concerne la Russie, a bien voulu nous convier avec d'autres hommes plus capables que nous de lui être utiles, s’est fait en 1837 : nos occupations ne nous oui pas permis d'accepter cet honneur. Voir encore sur la question houillère le travail plus récent de M. de Kœppen, Rri.se in' s Land der Donischen Kosaken , p. 198-226; puis aussi la carte citée dans la note précédente. — Hommaire de Ilell ne dit que quelques mots de la chaîne carbonifère de Bakhmout , gouvernement d'Iékatérinoslaf.
2. T. I, p. 371. Voir aussi t. III, p. 312 et suiv., et ci-dessus, p. 71 et
suiv. et p. 146. ^
hydrographie; bassin dd don.
qu’il traverse. Mais ces plaines si monotones , ajoute-t-il , n’en sont pas moins une source de richesse pour les Kosaks : on y élève d’immenses troupeaux de chevaux et de bétail , et plusieurs milliers deKalmouks y trouvent leur subsistance.»
Le Manytch coule dans la grande dépression Caspienne dont il a souvent été question. La longueur de son cours dépasse 400 kilomètres ; sa largeur , très-inégale , n’est que d’une dizaine de mètres sur un point, tandis que sur un autre, elle en a mille et au delà (en tenant compte, il est vrai, des limans). A propos de son origine, on ne peut guère parler de sources. 11 se forme dans la steppe des Kalmuks, au sud-ouest du gouvernement d’Astrakhan et tout près de ses confins avec le gouvernement de Stavropol , un peu au nord de laKouma.Son vrai berceau, ce sont les mares salines qui se trouvent là , à environ 120 kilom. de la côte occidentale de la mer Caspienne', et que nous avons signalées. Si près d’une grande nappe d’eau , ce n’est pourtant pas là que le Manytch va se décharger; au contraire, suivant le sillon qui lui est tracé , il traîne son eau saumâtre et croupissante et que les poissons dédaignent, jusqu’au Don, et presque jusqu’à la mer d’Asof, à une longue distance, s’arrêtant en été, vaincu par le dessèchement, du moins dans sa partie supérieure, et ne reprenant un peu de force qu’après la saison des pluies. Rejoint du côté gauche par le Kalaous, «faible ruisseau sortant des collines du gouvernement du Caucase (Stavropol)» , dit Hommaire, mais qui, au rapport de Klaproth* , est une des plus grandes rivières de la steppe de la Kouma, il va former, selon le même savant, ou du moins traverser le lac Bolchoï-Umen (Grand-ümen) , qu’on appelle aussi lac de Manytch1 , et qui