CHAPITRE V. — CLIMATOLOGIE RUSSE
CLIMATOLOGIE ROSSE. NOTIONS GÉNÉRALES D'HYPSOMÉTRIE ET DE MÉTÉOROLOGIE.
Maintenant que le lecteur connaît à fond le sol de la Russie, il est suffisamment préparé à étudier avec nous le climat de ce colossal empire. Car le climat, comme on sait, ne dépend pas seulement de lu latitude : beaucoup d’autres circonstances locales contribuent à le déterminer, l’altitude ou élévation au-dessus du niveau de la mer, l’éloignement de celle dernière, le voisinage de grandes masses d’eau, la situation des pays relativement aux chaînes de montagnes, etc. A cet égard, des faits nombreux ont déjà été enregistrés.
La division du sol en plaines et en pays de montagnes fait en grande partie la matière du chapitre 111 de ce volume, où l’orographie occupe toute la place qui lui appartient.
Une quantité de notions hypsométriqucs se trouvent éparpillées dans ce même chapitre; mais, pour plus de commodité, nous allons les réunir ici synoptiquemcnt, d’abord en ce qui concerne la limite des neiges perpétuelles dans les montagnes, et ensuite par rapport à des points divers du territoire.
La limite inférieure de la neige permanente qui , en France, est à environ 2,050 mètres au-dessus du niveau de la mer *, est très-variable en Russie. Elle est le plus bas sur
I. Voici quelques indications pouvant servir de points de comparaison.
Sous l'équateur, ou à 0“ de lat., elle commence à 4,800 métier.
Le premier de ces chiffres parait ne pas être admis par M. Hitler; car, selon lui (t. III, p. 580), la limite inférieure de la neige dans l'Himalaya resterait à la hauteur prodigieuse de plus de 6,300 mètres, sans doute du l'été du sud. Notons pourtant que cela n'est pas d'accord arec les données de la carte n° 2 de l'excellent Atias physique de M. Henri Berghaus.
les confins de la Finlande et de la Norvège , où elle commence déjà à la hauteur de 1,000 mètres, et ensuite au Chiveloutch, dans la presqu'île de Kamtchatka, où elle commence à 1,650 mètres. Au Tchokondo, en Sibérie, cette limite est à peu près à la même hauteur qu’en France : elle descend un peu au-dessous de 2,550 mètres. Dans le Caucase, elle s’arrête bien plus haut, sur quelques points à 2,700 mètres, sur d’autres à 3,000; sur le Kazbek et l’Elbrouz, la limite est même à environ 3,300 mètres. Plus au sud, sous le 42e degré de lat., elle s’élève jusqu’à 3,600 mètres, et sur le Grand Araralh , sous la latitude de 39° 42', jusqu’à 4,400*.
Quant aux différentes altitudes que nous avons enregis-
trées , en voici le tableau récapitulatif :
mètres.
Russie d’Europe. Lit du Volga à Kasan* 20
Saima (lac) 100
Ouslioug-Véliki 110
Pcrm 116
Moscou * 134
Pinsk (plaine de) 136
Vologda 140
Plateau de Valdaï, au minimum. . . 220
Plateau de Valdaï, au maximum. . . 360
Griasovetz (gouvernement de Vologda) 252
Séligher (lac) 280
1. Voir Ritter, t. X, p. 500; et Uumboldt, t. lit, tableau de la page 3G0.
2. L'édifice de l'université à Kasan est à la hauteur de C0 mètres : de la les varianles dans les indications.
3. D’après M. le professeur Pérévnschlcblkof (Asie centrale, t. III, p. 59). Il faut corriger d'après cela l'altitude moindre indiquée à la page 169. A en croire l’ Annuaire du Bureau de » iMiigilude-t, ce serait 300 mètres. Mats lé encore il Tant distinguer entre le lit de la Moskva et le point le plus élevé de la ville ou la position de l'Université et de l'Observatoire.