‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 303 sur 359 · Reise, t. Il, p · texte numérisé non relu

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et le plateau granitique volyno-podolien , auquel succède le Caucase , dans une direction presque parallèle et à une distance peu considérable, ferment cette plaine triangulaire, égale , pour l'étendue , au reste de l’Europe. Sur ces remparts cristallins se présentent les diorites et les porphyres , éléments volcaniques , et , comme chose inséparable d’eux pour ainsi dire, les soulèvements on renversements, ainsi que les caractères particuliers qui se présentent dans les couches de l’Europe occidentale , relativement à ces formations influencées par des éruptions volcaniques. Près du lac Onega, aux confins de la Russie avec la Finlande et dans le bas pays baltique se rencontrent, en même temps que les diorites et les porphyres , les grauwackes , les schistes et le calcaire, et à une faible distance de là nous voyons ces couches de la formation de transition remplacées par le sable, l’argile plastique et le calcaire sédimentaire. Dans les monts Ourals, on reconnaît l’action d’éruptions volcaniques anciennes de toute espèce , qui ont déterminé non-seulement des modifications dans les roches, mais aussi la dislocation des couches le long de la chaîne. Dans le voisinage des montagnes houillères du Donetz, dont les couches sont relevées et où le charbon est posé entre le solide grès houiller et le schiste argileux, se présentent le diorite et le porphyre noir du plateau granitique volyno-podolien. Partout, ici, où, vers les frontières, se montrent des gisements qui diffèrent du caractère général des couches et des roches tel que nous l’a fait connaître l’intérieur du pays, on ne se mettra pas inutilement en quête de roches volcaniques anciennes.

«C’est le développement libre et sans trouble des formations neptuniennes dans l’intérieur du pays qui explique d’une part la grande étendue qu’occupe une seule et même formation , étendue qui s’avance par 2 à 300 milles d’All. dans la même direction, et d’autre part le caractère identique

NAITRE ET PRODUCTIONS DU SOL

des roches dans les mêmes couches , aussi loin que nous les trouvons. L’un et l’autre constituent un état de choses particulier qui, dans toute l’Europe, n’appartient, dans cette mesure , qu’à la Russie.»

«Dans les limites des trois murailles cristallines de la Russie d’Europe , les formations renfermant des fossiles présentent deux systèmes séparés et déterminés. Le système septentrional embrasse les formations les plus anciennes jusqu’au nouveau grès rouge; le système méridional, les formations crétacées et tertiaires. La formation jurassique est commune à tous deux.»

Prenons séparément chacune de ces grandes divisions de la Russie d’Europe en y ajoutant encore une troisième , et laissons provisoirement de côté la Russie d’Asie sur laquelle nous n’avqns jusqu’ici, quant à sa' constitution géologique, que des renseignements incomplets et sporadiques, pour ainsi dire , ne se rapportant qu’à certaines localités déterminées , séparées entre elles par d’énormes distances et ne formant pas une suite continue.

Dans la partie septentrionale de la Russie d’Europe* dominent deux éléments, en Finlande le granité, du Biélo— Oséro à l’Oural la formation permique, qui appartient, comme nous l’avons dit p. 199, au groupe paléozoïque, tandis que le granité est de nature azoïque, c’est-à-dire ne renfermant en lui aucune trace de vie animale ou autre. Ces deux formations couvrent d’immenses espaces, la seconde surtout, qui règne dans les gouvernements de Perm, Orenbourg, Kasan, Nijegorod , laroslavl , Koslroma , Viatka .et Vologda , sur une étendue deux fois grande comme celle de la France. La for-

t. Voir la carte d’Eïraan, Archiv, t. I, et celle qui accompagne l'édition allemando (de M. G. Leon hardi du savant ouvrage de M.Y1. Murchison, de Vcrneuil et de Keyserling, fondamental en cette matière. Le lecteur voudra bien se reporter à la page 106, note 1.

CHAPJTRE VI.

mation permique est complexe : elle se compose de grès , de marne, de conglomérats et de roches calcaires renfermant souvent des masses de gypse et de sel gemme , quelquefois imprégnés de minerais de cuivre et de soufre, et offrant des débris bien déterminés d’espèces animales ou végétales

Si la formation granitique qui occupe à peu près toute l’étendue entre le golfe de Finlande et les lacs Ladoga et Onéga , arrive jusqu’à l’extrême nord, il n’en est pas tout à fait de même de la formation permique. Une troisième les encadre toutes deux, celle-ci au nord-est et celle-là au sudouest : c’est le groupe dévonien caractérisé par le vieux grès rouge et qui appartient aussi aux roches paléozoïques. A ce groupe se rapporte tout le bassin de la Petchora , l’extrémité nord-est du gouvernement d’Arkhangel et de la Russie d’Europe ; puis toute la partie baltique de la plaine sarmatique, les gouvernements de Kourlande et de Livonie, ceux de Novgorod et de Pskof, ceux de Vilebsk et de Smolensk, et même une partie des gouvernements de Kalouga, Toula, Orel et Voronége. De plus, des combes du nord-est se détache un espace de la même nature géologique, dans les gouvernements de Vologda et de Kostroma. Au total, la formation dévonienne s’étend à un espace de plus de 300,000 kilom. carrés.

L’Esthonie et l’Ingrie ne participent pas de cette nature : ces provinces présentent une formation plus ancienne, la première du groupe paléozoïque d’après Murchison, et qu’il a appelée silurienne. Ce sont des schistes reposant aussi sur , des roches schisteuses , mais ayant éprouvé une révolution et offrant par suite des traces de vie animale1.

Ce n’est pas tout. Au centre de l’empire, non pas à Moscou même, mais tout autour de ses coteaux, se trouve le

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