Voir plus haut , p. 20, note
aspect général; orographie.
une rivière qui y prend son origine. La presqu’île d’Alaska forme , avec les îles Aléoutiennes , une démarcation remarquable tant par rapport au climat que pour les végétaux et les animaux
Orographie rn*ie.
Le lecteur connaît maintenant l’aspect général du pays, depuis sa frontière du côté de l’occident jusqu’à sa plus extrême limite orientale. Mais il ne connaît pas encore l’intérieur , la répartition et la structure de ses chaînes de montagnes , ses points culminants , la nature alpestre dont il est doté à quelques-unes de ses extrémités, les riches réservoirs d’eau enfin, d’où découlent la plupart de ses fleuves.
Mais avant de traiter de l’orographie russe proprement dite, qu’il nous soit permis d’entrer dans quelques considérations hypsométriques , principalement empruntées à M. A. de Ilumboldt qui , avec les Pallas , les Malte - Brun , les Klaprolh , les Ch. Rilter et les Balbi , est un des plus brillants flambeaux de la science , au service de laquelle , obscur travailleur , nous nous sommes voué nous-rnème , et qui n’a , en France , qu’un si petit nombre d’interprètes.
A l’exemple de l’illustre savant de Berlin , s’il est permis de qualifier ainsi un homme qui , à vrai dire , est un citoyen du inonde entier , nous avons signalé la Basse-Europe comme une simple continuation de la Basse-Asie, séparée d’elle par les monts Ourals. La Russie, à elle-seule, les compose l’une et l’autre. Cependant, en Europe, la dépression commence beaucoup plus à l’ouest : on peut dire quelle s’étend depuis les landes du Brabant jusqu’aux rives de l’Obi , prés de Barnaoul.
1. Vœller, Hat Kai*erthum Ruttland, p. 86. — Sur les dernières découvertes faites dans celte région, en 1812, voir le Voyage du lieutenant Sagoskine, dans Erman, Archiv , t. VI (1846), p. 499-552, 613-672, et t. VII, p. 429- 512. Sur les langues, parlées dans l'Amérique russe, voir ibid., t. VII, p. 126-143.
Selon l’observation du même savant , ces immenses plaines se ressemblent. Si l’on en excepte le pinus cembro des forêts de Sibérie , elles sont couvertes des mêmes espèces de conifères ; elles produisent des chênes et des bruyères seulement à l’ouest de l’Oural1, et offrent, malgré leur uniformité d’aspect , plusieurs particularités de relief. Dans la région cis-ouralienne, comme dans la trans-ouralienne, les pentes se relèvent vers le sud ; mais dans la région orientale, le relèvement est beaucodp plus lent et très -distinctement dirigé vers le sud -est, c’est-à-dire, vers le lac Baïkal. A égale distance du littoral septentrional de l’Europe et de l’Asie, les plaines cis-ouraliennes offrent des intumescences partielles , bien plus nombreuses et plus considérables que les plaines sibériennes de l’est , et les premières elles - mêmes offrent de grandes inégalités. Car les plaines lialtiquesonldcs intumescences qui dépassent 200 mètres, et leur point culminant qui, selon le célèbre astronome Struve, est le Munnamæggi, à douze lieues au sud de Dorpat, atteint même la hauteur de 332 mètres. D’un autre côté , tandis que Pinsk, sur le Pripett, et le plateau de Volynie, Moscou, Nijni- Novgorod et Kasan , correspondent , par leurs positions centrales en Pologne et en Russie , à cette région de la France centrale qui est comprise entre Bourges*, Nevers, Moulins et Tours , la dépression des plaines de l’intérieur de la Russie
1. Ceci parait avoir échappé à M. Alph. De Candolle, puisqu'il dit : «En avançant du sud au nord, les grandes familles, romme les légumineuses et les composées, diminuent et augmentent graduellement. Tout cela continue jusqu'err Laponie , eicepté dans certains districts , où des causes locales déterminent udc modification plus rapide. Entre l'Europe septentrionale et la Sibthie , aucune limite véritable. La moitié des espèces phanérogames de Saint-Pétersbourg se retrouve encore en Daourie; les genres sont presque tous semblables, et si l’on comparait deux pro\inccs près de l'Oural, l’une en Europe, l’autre en Asie, la transition serait insensible. » Géographie botanique raisonnée, t. Il, p. 1306.
2. Bourges est située à la hauteur de 156 mètres au-dessus du niveau de la mer; Poitiers, à la hauteur de 118 mètres. Voir notre Statistique de la France, t. I, p. 6t.
aspect général; orographie.
d’Eürope , est tellement grande qu’on s’est longtemps refusé à la conviction que devait inspirer une longue série de hauteurs barométriques moyennes. Kasan est de 135 pieds anglais plus élevé que le niveau moyen du Volga1 ; celui-ci n’est élevé audessus du niveau de la mer Baltique que d’un peu plus de 17 mètres. M. Erman ne croit la hauteur absolue de la ville basse de Tobolsk, malgré son grand éloignement de la mer Glaciale, que de 18 toises. «Vers le sud, ajoute M. de Ilumboldls, c’est-à-dire vers l’Altaï et la chaîne méridienne de Kouznetsk , la pente des plaines se relève. Je n’ai encore trouvé la belle ville de Barnaoul, dans la vallée de l’Obi , et dans une position bien plus méridionale que Tobolsk, qu’à une élévation de 60 toises; c’est moins que la hauteur de Milan au-dessus de l’Adriatique. Tobolsk semblerait à peine surpasser de 4 toises la hauteur de Paris.
Au delà de l’Oural , on ne voit point d’abord de montagnes, surtout du côté du sud , car on peut à peine donner ce nom aux rides peu continues, aux collines composées, dit M. de Humboldt, de roches d’éruption qui s’élèvent, rangées de l’est à l’ouest , dans la steppe des Kirghises de la moyenne borde , à partir du méridien de Sémipalatinsk. Ces hauteurs, peu considérables, sont celles d’Arkal, d’Aldjane,' de Tchengbiz-taou , de Karkarali’ et de Kent ou Kent-Kazlyk. «En somme, une étendue de pays de vingt - deux degrés en longitude , ajoute notre auteur, par conséquent, double de la largeur de la
1. C'est sans (Imite par une faute d'impression que, dans une note de la page 170 du t. I de Y Asie centrale , on place Kasan seulement h 9 toises au-dessus du niveau de la mer Baltique. I.a hauteur de Pinsk serait de B8 toises, celle de Moscou, de 47 , celle- de Perm, de 58. D'après d'autres données, le niveau moyen de la petile rivière de Moskva, près de Moscou, serait de 5fi‘/, toises plus élevé que celui des eaux de la N'éva , près de l'Amirauté de Saint-Pétersbourg.