‹ L'Empire des Tsars et le RussesChapitre 167 sur 283 · Svod Zakonof, t. IX, arlicles 19J et 2H · texte numérisé non relu

Svod Zakonof, t. IX, arlicles 19J et 2H

Le véritable privilège de la noblesse russe, celui qui, n'appartenant qu'à elle seule, lui donnait un caractère distinctif, était le droit de posséder des terres habitées, c'està-dire des terres peuplées de serfs. L'émancipation a emporté ce privilège avec le servage, elle n'en a pu encore efïacer les traces séculaires. C'est à cette prérogative que la noblesse a dû jusqu'à nos jours le monopole presque exclusif de la propriété territoriale, de la propriété individuelle et héréditaire. En dehors de ses mains il n'y avait au lendemain de l'émancipation que les immenses domaines de l'Étal et les terres récemment concédées aux paysans émancipés. Dans la langue courante, le terme de propriétaire, de pomèchtchik ou de zemlevladclets, demeure toujours synonyme de noble, de dvorianine. C'est de cette qualité de propriétaire individuel que le dvoriantsvo tire un de ses principaux titres aux sympathies des pays de l'Occident, où le môme mode de propriété est en usage. Vis-à-vis du mougik, simple usufruitier d'un bien collectif, vis-à-vis du paysan possédant en commun une terre inaliénable, le pomèchtchik peut être regardé comme le représentant de la personnalité, de l'individualisme moderne, en môme temps que de la culture européenne. C'est aussi de cette qualité de propriétaire foncier que, dans la Russie nouvelle, la noblesse tire toute son importance et en môme temps toutes ses prétentions. Elle a aujourd'hui ce qui lui manquait au moyen âge, une base d'influence dans le sol, et c'est sur cette base relativement récente que les théoriciens de la hiérarchie voudraient élever au prolit de la riche noblesse une sorte d'aristocratie territoriale. Que faudrait-il pour que de telles vues aient des chances de succès, pour (jue, dansce pays agricole et rural, fCit assurée ladoiniiiation du grand propriétaire, du i\ob\o pomèchtchik? 1! faudrait d'abord que la propriété fîlt stable et que le iiioiiopulc en fût garanti à la noblesse dans l'avenir comme dans le passé. Or il n'en est rien; avec le servage et la quaiilicution de « terres habitées », est tombée l'unique barrière

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