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PROPRIÉTÉ COLLECTIVE ET AGGLOMÉRATIONS RURALES

catégorie sans qu'on ait soin de joindre ensemble les parcelles attribuées au môme ménage. Chaque lot {nadêl) se compose ainsi le plus souvent de morceaux de terre, séparés les uns des autres et enclavés dans les lots d'autrui. La part d'une àme ou d'un tiiujlo peut être faite de parcelles dispersées en six, sept, huit, neuf, dix endroits éloignés, et parfois plus. Pour se rendre compte de la petitesse, de l'exiguïté des parcelles ainsi obtenues, il suflit de se rappeler que l'étendue moyenne des terres, allouées aux anciens serfs lors de l'émancipation, est de 3 à 4 hectares par mdle, cl que souvent, les paysans n'ayant racheté que le minimum légal, la part de chacun est notablement inférieure. Dans les communes bien peuplées et mal pourvues de terre, ce parcellement du domaine communal aboutit à un fractionnement sans fin, à un véritable éiniettement du sol. L'enquête agricole cite des parcelles, dans le gouvernement de Koursk entre autres, qui n'ont que 2 mètres de largeur. Sous le régime de la propriété individuelle, il est rare que les partages de succession aboutissent à un plus grand morcellement. Le système d'allotissement, aujourd'hui en vigueur.ajoute ainsi les défautsde l'individualisme, qui morcelle la terre à l'excès, aux défauts du communisme, qui diminue l'attachement au sol et l'énergie au travail'. Les inconvénients du parcellement communal sont nombreux. C'est d'abord que les morceaux de terre épars, qui forment un lot, ne constituent point un ensemble se prêtant à une culture rationnelle. C'est ensuite que le paysan, obligé de faire valoir à la fois de minces lopins de

1. Les ilirficultéâ et les dérauU de rallollissement communal sont parfois aUénuèâ par la division des terres entre des groupes et sous-groupes qui subdiviseul ensuite leurs lots entre leurs membres. Les champs, et avec eux les impôts, sont par exemple rèfwrtis d'abord par centaines, puis par diiaines^ ou encore par cinquièmes, par quarts, par tiers, sans que ces diverses dénominations, qui varient de contrée à contrée, répondent toujours à leur sens élymolugique. Ces partages préliminaires, par fractitiis de villages, ont surtout lieu dans les grandes comniimautés ob la lépattilion directe, par cime oa par mcMiage, >erait trop compliquée.

Icrre, situés parfois à plusieurs lieues de dislance, dépense une bonne part de son temps et de ses forces en voyages inutiles, à tel point qu'il n.'est pas rare de voir des parcelles éloignées, entièrement abandonnées de leurs détenteurs. C'est encore que beaucoup de terrain est perdu en limites et beaucoup de grain en semence. C'est enfin que ces parcelles emmêlées manquent de libre issue et sont fréquemment si étroites qu'elles en deviennent difficiles à labourer ou à herser. Par là, les cultivateurs se tiennent mutuellement dans une dépendance, fatale à toute initiative individuelle. Les voisins, incapables d'agir seuls, sont contraints de s'entendre, et l'on arrive à la culture obligée, au fhirzwong des Allemands. On est conduit à remettre à la commune le soin de décider du temps, si ce n'est toujours de la nature des travaux. L'égalité mathématique n'a ainsi triomphé dans l'allotissement qu'au détriment de la liberté dans la jouissance. L'excès du morcellement ramène indirectement à une sorte d'exploitation commune, ou du moins simultanée, que des moyens de culture perfectionnés pourraient rendre profitable, mais dont la routine, aujourd'hui régnante, fait une entrave de plus au progrès.

On ne saurait corriger de tels défauts, sans renoncer à la décevante chimère de lots absolument identiques et aux pratiques enfantines d'une égalité, toute grossière et matérielle, qui semble vouloir attribuer à chacun une motte de terre pareille. Au lieu de donner à chaque famille un morceau de chaque classe de (erre, il faudrait composer des lots arrondis, de grandeur variable, selon la qualité du fonds ou l'éloignement du village. De tels lots, équivalents en valeur, pourraient comme aujourd'hui être tirés au sort. Une pareille réforme ne mettrait cependant pas toujours un terme à l'cxtrômc morcellement du sol Dans lo8 communes les plus pauvres, les lots resteraient (rmio exiguïté (iue,de génération en génération, viendrait encore Aggraver l'accroissement de la population'.

1. A Java, ou domino égalomunl la propri6l«i collective, dos causes sembla'

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