‹ L'Empire des Tsars et le RussesChapitre 27 sur 283 · LRS RACES ET LA NATIONALITÉ · texte numérisé non relu

LRS RACES ET LA NATIONALITÉ

A côté tie celte question de la filiation et de la valeur native du peuple russe s'en place une autre tout aussi importante pour le politique, celle du degré de cohésion de ce vaste empire. L'unité physique du sol ne suffit pas pour assurer l'unité politique, il faut aussi l'union matérielle ou morale des populations, une certaine parenté du sang ou de l'esprit, sans quoi pas d'unité nationale. Y a-t-il en Russie, comme en France ou en Italie, une nationalité compacte, fortement cimentée par l'histoire, ou bien est-ce, comme la Turquie d'hier ou l'Autriche d'aujourd'hui, une marqueterie de peuples hétérogènes ayant chacun ses traditions et SCS intérêts ?

Le sol russe est fait pour l'uiiilo. Nulle part il n'y a sur une telle surface une telle homogénéilé ; en môme temps nulle part il n'y a plus de races diverses. Le contraste, qui se montre partout en Russie, est à cit égard des plus frappants. L'aire géographique la plus uniforme est occupée par les familles humaines les plus dilTérentes. Races, peuples, tribus s'y enchevêtrent à l'infini, et leurs divisions sont accusées et rehaussées par la diversité du genre de vie, des langues, des religions. On y trouve toutes les confessions chrétiennes, — des orthodoxes, des arméniens, des catholiques, des prolestants, avec des sectes inconnues de l'Occident ; on y rencontre toutes les croyances de l'Asie avec celles de l'Europe, — juifs talmudisles et karaïtes, mahométans sunnites et chiites, bouddhistes, chamanites et païens de toute sorte. La seule éiiumération des diverses races de la Russie d'Europe est elïrayante ; on n'en compte pas moins d'une vingtaine, et si l'on ne veut oublier aucun groupe, aucune peuplade, il faut doubler ou mieux tripler ce chilîre.

Nous possédons plusieurs cartes ethnographiques de la Russie ; l'une, celle de M. Rittich, est à la fois récente et excellente'. Les Russes ont fait plus : dans le musée Dach-

1. Celle carie oiTre 46 couleurs ou signes ilifTércntSj publiée en 1877 oa

kof, fondé à Moscou à l'occasion du congrès slave de 1867, ils ont essayé de donner une représentation à la fois scientifique et pittoresque, comme une carte vivante et animée des différentes populations de l'empire. A l'aide de mannequins de grandeur naturelle et de figures en cire modelées d'après les moulages les plus exacts, on a réuni, dans toute la variété de leurs types et de leurs costumes, les peuples et les tribus de la Russie. Au nord de la vaste salle qui sert de carte, à côté du Toungouse, du Iakoute, du Bouriate de Sibérie, se voient dans leurs vêtements de peau de renne le Samoyède, qui rappelle l'Esquimau, et le Lapon, qui fait souvenir du .Mongol. Au-dessous, à l'ouest, viennent le paysan finnois de la Finlande et le paysan esthonien des provinces baltiques, trahissant tous deux par leur face plate une lointaine parenté avec le Lapon et le Samoyède. A l'est, figurent les représentants des autres groupes de la race finnoise disséminés dans le bassin du Volga, et montrant des traits de moins en moins européens, de moins en moins nobles : des Permiens, des Yotiaks, des Tchérémisses, des Mordves, des Tchouvachcs, au milieu desquels se distingue par sa beauté orientale une jeune Tatare de Kazan dépouillée de son voile. En face, à l'occident, sont les paysans letton, samogitien et lithuanien, puis le Biélo-Russe, au visage carré, contrastant avec un marchand et un artisan juifs à la mine longue, au nez effilé. Au milieu de la salle, sur une large estrade, trône le maître de l'empire, le Grand-Russe, dans toute la diversité de ses métiers et de ses costumes provinciaux, — les hommes en grandes bottes, ou en laptl d'écorce, avec la chemise rouge ou le long caftan, les femmes en riches sarofancs, avec des kokochniks en forme de diadème ou des potclielo/cs en forme de couronne. Au-dessous des Grands-

18"fi pnp ta Soci(^t6 f^éop^raphiquo do Pélorshoiirp ot prnvéc par Ilyine, elle eut, parle* délaiU el l'exartitiuic, fort 8iipériotiro h celle do Kœppen. — Pour In Sibérie, oli do xoniMahlcN oUidus hoiiI encore bien moins avancées, je cilorai hi rnrlo de M. Vcniotikur,

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