‹ L'Empire des Tsars et le RussesChapitre 29 sur 283 · RAISONS DE LA MULTIPLICITÉ DES PACHS · texte numérisé non relu

RAISONS DE LA MULTIPLICITÉ DES PACHS

seurs de s'y consliluer en nations, en peuples indépendanls les uns des aulres. Au lieu de provenir do la lente élaboration des conditions physiques, la multiplicité des races et dos tribus n'est chez elle qu'un héritage historique. En dehors des landes glacées du nord, où ne peuvent vivre que des peuplades de chasseurs ou de pécheurs, en dehors des steppes de sable ou de sel du sud-est, faites pour des pasteurs nomades, celte complexité de races et de tribus, loin d'être le résultat d'une adaptation au sol, loin d'être en harmonie avec le milieu extérieur, était en opposition avec lui. Au lieu de diversifier les races, la nature tendait à les rapprocher et à les ramener à l'unité. A tous ces peuples difl"érenls le sol refusait des frontières entre lesquelles ils pussent se retrancher, se grouper, mener une vie isolée.

Dans l'immence quadrilatère compris entre l'océan Glacial et la mer Noire, entre la Baltique et l'Oural, pas une montagne, rien de ce qui partage, rien de ce qui divise. Dans toutes ces plaines, aucun de ces compartiments naturels qui servent de limite et comme de cadre aux peuples. Sur cette surface unie, les différentes races ont été obligées de se répandre comme au hasard, ainsi que des eaux qui* no trouvent pas de faîte pour les séparer, point de bords pour les contenir. Alors môme que les coutumes, la religion, la langue, les empêchaient de se mêler, elles étaient contraintes de vivre à côté les unes des autres, de se pénétrer, de s'entre-croiser de toute façon, comme des rivières qui se jettent dans le même lit, et qui à leur confluent roulent sans les confondre leurs eaux dans le même fleuve. Ainsi épars et juxtaposés, souvent enclavés les uns dans les autres, les peuples et les tribus de la Russie n'ont pu atteindre à une pleine individualité nationale. Épuisées en se déversant sur de trop grands espaces, ou réduites en minces fragments et comme brisées en morceaux, toutes ces races se sont plus facilement laissé soumettre à une domination unique, et, sous cette domination, elles se sont plus

rapidement unifiées et fondues les unes dans les autres. De cette fusion, commencée depuis des siècles, sous l'empire du christianisme et de la souveraineté moscovite, est sorti le peuple russe, cette masse de 65 ou 70 millions d'hommes, qui vis-à-vis des autres populations forme comme une mer en train de ronger ses côtes, une mer semée d'îlots qui s'éboulent peu à peu dans son sein.

Ce peuple qui se donne le nom de russe, quelle en est la filiation? Occupant le centre de l'empire entre les races diverses qu'il a repoussées aux extrémités, il contient encore do nombreuses enclaves finnoises et tatares, témoins persistants de Télcnduc de l'aire anciennement occupée par des tribus analogues. Dans leurs caries ethnographiques, les Russes représentent les diverses populations en leur distribution locale actuelle. On prend un signe extérieur, la langue, et l'on compte pour Russes et Slaves tous les hommes qui parlent russe. Aucune méthode de dénombrement n'est plus simple, seulement il ne faut point oublier qu'une telle classification ne prouve rien quant à l'origine des peuples, et que, pour la race, la langue est de tous les signes le plus équivoque. Pour adopter l'idiome russe, les tribus finnoises ou tatares, en train de se russifier, n'infusent pas dans leurs veines un sang slave, pas plus que les Celles des Gaules ou les Ibères d'Espagne n'ont pris un sang latin avec une langue latine. Au point de vue de la généalogie des peuples, ces cartes ethnographiques, uniquement fondées sur le langage, apportent des données et non des résultats. Pour une telle recherche, il faut réunir des éléments hien plus complexes; avant la philologie, il faut consulter l'anthropologie, c'est-ù-dire la conslilution physique, les traits, le squelette môme des habitants, ce qu'ils ont directement hérité de leurs plus lointains ancêtres; et, par maliiein-, les types ne se laissent pas dénombrer et classer avec la môme précision que les langues ou les religions.

Ce qui nous importe cependant pour déterminer la placo

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