‹ L'Empire des Tsars et le RussesChapitre 5 sur 283 · XII PRI^FACE · texte numérisé non relu

XII PRI^FACE

Je ne parlerai pas des écrivains qui m'ont précédé dans cet ordre d'études, tels que Haxtliausen et Schnitzler, tels que MM. Xavier Marmier, de Molinari, Léouzon-Le-Duc,ou de ceux qui s'y sont engagés parallèlement avec moi, tels que MM. Wallace, Ralston, A. Rambaud, L. Léger, Courrière. Aux uns et aux autres je suis souvent redevable, et je renvoie souvent à leurs ouvrages. La Russie est assez vaste pour que plusieurs écrivains trouvent à y faire leur moisson. Je me permettrai seulement une remarque à propos des travaux publiés sur la Russie, en France et à l'étranger, durant les dernières années. Je rappellerai aux lecteurs que, au lieu d'être le dernier venu, j'ai d'ordinaire en réalité pris les devants.

Le premier volume de ces études est consacré au pays et aux hommes, au caractère national et à l'élat social, particulièrement à l'examen des différentes classes, encore si diverses, enlre lesquelles se partage la nation : lu noblesse, la bourgeoisie naissante, la plèbe des villes, le peuple des camj)agnes. C'est, pour ainsi dire, la scène vivante sur hupielle se joue le drame émouvant de riiisloire russe contemporaine.

Le second volume traite des institutions, de l'adminlHlralion centrale et locale, des assemblées provinciales cl municipale», de la police, de la justice, de la censure

^lémrnU d'un* <^lii«lo tur lot n'ttortu racliéi do la puli(ii|uc russe. Voy. : Un Itonnne d' tUal ru»êt conitmporain, d'oprt^t M currc8|ion(ianco iuédito (Paria, lliàdioUc).

PRÉFACE. xiii

ot de la presse, et, comme conclusion, des réformes politiques que la Russie attend des héritiers de l'empereur Alexandre II.

Le troisième volume sera consacré à la religion qui, chez le peuple russe, demeure encore la première puissance morale, — à l'Église orthodoxe orientale, si mal connue en Occident, aux nombreuses sectes qui, aujourd'hui encore, germent ou se propagent au sein des masses populaires, et, mieux que les institutions de l'État, révèlent, avec le caractère du peuple, ses idées, sa manière de voir et ses aspirations.

Si vaste que soit ce cadre, il n'embrasse point encore toutes les questions que peut suggérer la Russie; il n'embrasse même point toutes celles que j'ai moi-même traitées dans la Revue des Deux Mondes : finances, armée, politique extérieure. Il y aura là peut-t*tieplus lard matière à un autre volume.

Ce que j'ai voulu surtout peindre dans cet ouvrage, c'est la Russie et le peuple russe chez eux, en eux-mêmes, dans leur vie nationale et leur développement interne. Le lecteur trouvera peut être parfois dans ces tableaux une sorte d'hésitation de la main, un dessin trop peu arrêté, trop de dégradations d'ombre et de lumière; dans quelques pages, il croira même découvrir certaines incohérences et comme d'apparentes contradictions.

Il m'eût été facile de ne donner prise à aucun reproche de ce genre. Pour cela, je n'eusse eu qu'à me laisser

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