‹ L'empire des tsars et les Russes 3, La religionChapitre 241 sur 353 · s Indien, t. H, p · texte numérisé non relu

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2. Sbornik prav. sved. o rask.y t. H, Sved. o Mo?ifa7iskoi sekté*

MUETS, NFEURS, NON-PRTANTS. 451

déploient librement chez les non-priants, némoliaki. Ici on voit le raskoly parvenu au dernier terme de son évolution, aboutir aux antipodes de son point de départ. Le fondateur des non-priants est, croit-on, un cosaque du Don, nommé Zimine, passé des popovtsy aux sans-prêtres. C'était un brave soldat, décoré de la croix de Saint-Georges; son enseignement lui valut d'être expédié au Caucase, en 1837. On ne sait ce qu'il y devint. Sa doctrine repose sur une conception originale, celle des quaire âges ou saisons du monde. Ces quatre âges sont : le printemps ou l'âge antépalernel, de la création à Moïse; Tété ou Tâge du Père, de Moïse au Christ; l'automne ou l'âge du Fils, du Christ â Tan 1666; l'hiver ou l'âge de l'Esprit, qui a commencé avec l'hérésie nikonienne pour continuer jusqu'à la fin des temps. Ce calendrier théologique dérive manifestement de l'idée de maints raskolniks que le règne de l'Antéchrist forme une des grandes époques de l'histoire humaine ; ce qu'il a de particulier, c'est que, pour les non-priants, l'ère de l'Antéchrist devient l'âge de l'Esprit.

La hiérarchie ayant laissé s'éteindre le flambeau de la foi, le culte ancien est abrogé. Le salut ne peut plus être obtenu à l'aide de rites matériels. Toutes les cérémonies extérieures ayant perdu leur vertu. Dieu ne doit plus être adoré qu'en esprit, il n'accepte qu'un culte spirituel. Les prières de nos lèvres ont cessé de lui plaire; Dieu n'a que faire des oraisons lues dans les livres ou apprises de mémoire. La seule prière qui lui agrée est celle qui sort du cœur et est prononcée en esprit. Et encore, à quoi sert-il de rien demander à Dieu ? Notre Père céleste ne sait-il pas, sans que nous le lui demandions, tout ce dont nous avons besoin? Poussant leur principe jusqu'à ses dernières conséquences, les non-priants repoussent les fêtes, les jeûnes, les reliques, les images, et jusqu'à la croix devenue inutile sous le règne de l'Esprit. Ils ont renoncé au baptême, aussi bien qu'aux autres sacrements. Ils se marient sans prières ni cérémonies, disant qu'il suffit du consentement des époux

et des parents. Ils condamnent les rites des funérailles comme une sorte d'impiété, soutenant que le corps qui appartient à la terre doit simplement être rendu à la terre.

Le principe du culte de TEsprit, ils rappliquent aux Écritures, affirmant qu'elles doivent être entendues dans un sens spirituel. Partant de cette maxime, ils ne voient que des allégories dans les dogmes du christianisme ou les faits évangéliques. La naissance, la passion, la mort, la résurrection du Christ ne sont pour eux que des symboles. Ainsi la vierge Marie est la vertu dont naît le Verbe divin. Ils interprètent de même le second avènement du Sauveur, le jugement dernier, la résurrection des morts, qui s'accomplit chaque jour par la conversion des pécheurs. Selon certains investigateurs, ils en seraient venus à nier Timmortalité future, disant qu'après la mort il n'y a rien

Tel est le dernier terme du raskol. Après avoir, durant plus de deux siècles, poussé des branches en tout sens, cet arbre touffu, qui a ses racines dans la superstition, a pour dernier fruit le rationalisme; sur cette tige arrosée du sang des martyrs, la fleur suprême est le déisme. Si peu de sans-prêtres vont aussi loin que les non-priants, beaucoup en religion inclinent également à une sorte de radicalisme. L'absence de toute hiérarchie, les controverses des sectes, la libre interprétation de l'Écriture, demeurée la seule autorité debout parmi les bezpopovtsy^ les acheminent sur les roules du rationalisme. Des vieux livres qu'ils s'obstinent à garder, ils tirent peu à peu des idées nouvelles, qui eussent singulièrement scandalisé leurs premiers pères. Ces héritiers des défenseurs de la lettre prolestent de plus en plus contre le litléralisme. Le plus choquant de leurs dogmes, le règne actuel de l'Antéchrist, est devenu, pour beaucoup, le principe d'un renouvellement spirituel. L'entendant d'une manière allégorique, ils ont étendu la même méthode à d'autres croyances. Dans leurs

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