LE BOUDDHISME ET L'ESPRIT RUSSE
n'a pas exercé sur les compatriotes de Tolsloï et de Dostoievsky la même fascination que sur les Anglais, les Américains ou les Allemands. Si, à l'exemple de leurs deux grands romanciers S certains Russes semblent imbus d'une sorte de bouddhisme latent, c'est d'instinct et à leur insu. La foi du Bouddha, qui a gagné dos adeptes en Angleterre et en Amérique, n'a pas fait de prosélytes en Russie. Je ne connais guère qu'une exception, une femme, Mme Blavatsky. Non contente de proclamer la supériorité du bouddhisme, cette Russe y a cherché « le syncrétisme de l'Orient et de l'Occident, de la science moderne et de la théurgie antique. Après avoir épuisé les plaisirs de la vie mondaine, Mme Blavatsky a parcouru l'Inde; elle s'y est abouchée avec les brahmanes et les fakirs et en a rapporté les principes d'une théosophie hc rmétique qui compte des initiés dans les deux mondes^.
1. Pour Tolstoï, voyez p. 546. Pour Dostoievsky, voyez, à la fin dos Frères Karamazof^ Tapparition du moine Zosime en rêve au jeune Alexis, là où le stareLs enseigne que, les animaux, le bœuf, le cheval^ étant sans péché; le Christ est avec eux, avant d*étre avec l'homme.
2. Mme Blavatsky a fait paraître, dans le Vestnik Evropy, sous le pseudonyme de Radda-Bay, des études sur les sciences occultes des Indous. Depuis, elle a été Tune des fondatrices et en quelque sorte la prophétesse de la a Société Théosophique )j qui a eu successivement pour organes : the Theosophist de Madras, r Aurore du jour nouveau, le Lotus publié à Paris. Le plus célèbre ouvrage d'Hélène Blavatsky, Isis Unveiled^ a été écrit en anglais^ sous la dictée, aflirmait-elle^ de maîtres mystérieux et invisibles, l/iniliatrice du a bouddhisme ésotérique », morte en 1^91. a été, depuis lors, convaincue de charlatanisme par plusieurs de ses disciples anglais et américains. Sa sœur. Mme JiMiaMî(wsky, a écrit sa biographie, tandis que M. Vsevolod Solovief. sous le litie de Prêtresse d'Isis, donnait d'elle un portrait moins bienveillant.