‹ L'empire des tsars et les RussesChapitre 83 sur 255 · ZEMSTVOS : PREPONDERANCE DE LA NOBLESSE · texte numérisé non relu

ZEMSTVOS : PREPONDERANCE DE LA NOBLESSE

respectueux des vieux usages par tradition, une si prompte élévation des aiïranchis de la glèbe au niveau de leurs maîtres de la veille eût pu avoir de réels inconvénienls. En tout autre pays, cette juxtaposilion d'hommes si différcnls par les idées et l'éducation, ce mode de représentation par catégories, par conditions sociales, ayant des intérêts aussi divers, ne serait probablement point sans péril. En Russie, les diverses classes ont pu avoir des délégués distincts, dans la même assemblée, sans que dans CCS zemstvos il y ait encore rien eu qui ressemblât à une lutte de classes. L'avenir montrera si un tel mode d'élection doit compromettre la paix sociale, si la Russie peut toujours échapper au naturel antagonisme du seigneur et du paysan, du barine et du moujik, de la propriété individuelle et de la propriété commune. En tout cas, tant que ces deux modes de propriétés subsistent côte à côte et se partagent à peu près le sol, il semble difficile que chacun d'eux n'ait point aux Étals provinciaux ses représentants particuliers. Le dualisme de la représentation rurale n'est guère qu'une des conséquences du dualisme de la propriété foncière*.

Une des raisons qui font régner la paix dans ces assemblées composées d'éléments si hétérogènes, c'est que les deux classes les plus importantes, les propriétaires et les paysans, s'y tiennent en équilibre, ou mieux, que la prépondérance y appartient d'ordinaire à la classe la plus cultivée, aux propriétaires'. La composition des zemstvos de district varie naturellement suivant les régions et suivant la répartition des terres entre la noblesse et les communes, entre l'un et l'autre mode de tenure du sol.

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