‹ L'empire, les Bonaparte & la courChapitre 28 sur 59 · BALLON -CAPTIF · texte numérisé non relu

BALLON -CAPTIF

Un péril, oui, je vous l'accorde !

Mais, de peur de la voir s'échapper, La Charité tenait la corde î

Je mt rappelle aussi un rondeau sur les chapeaux, très alerte, très vif, qui passait en revue tous les chapeaux, ceux des mignons de Henri III et ceux des gardes-fran-

çaises de Louis XV, en s'arretant au feutre des mousquetaires de Louis XIII pour arriver au chapeau gondolé de l'incroyable, au demi-chapeau du gandin et à l'apothéose de l'immortel petit chapeau.

Le canon Krupp, ce héros comique 1867 devenu le tragique héros de 1870, avait aussi son couplet.

Pour cette pièce ayez de l'indulgence, Tant de kilos ont droit à des égards !

Chansons sur un volcan ! fêtes aux lendemains sinistres! L'orage s'amassait; mais, devant ce noir horizon, que faisaient les hôtes des Tuileries ? Encore une fois, ils riaient et M. de Massa rimait, sur un vieil air, le vaudeville final de sa revue :

air : Alle%-vous-en gens de la noce.

L'Europe est, dit-on, en grabuge, Faut-il armer ou désarmer ?

Pour cela nous avons un juge...

Pas n'est besoin de le nommer !

N'a-t-il pas le poing sur la hanche Pour faire respecter nos droits ? Il l'a prouvé plus d'une fois, Et pour lui donner carte blanche, Il a huit millions de voix !

Parlons de la grande-duchesse, Il faut bien rire avec les fous,

"Mais des recettes qu'elle encaisse, Un grand État serait jaloux !

Gérolstein, c'est bien regrettable, Sur la carte n'est point tracé ; Sans quoi Ton serait bien vexé Que ce duché si profitable Ne fût pas encore annexé !

Annexions ! raillerie des Prussiens ! Quelle ironie terrible ont aujourd'hui ces badinages !

Mais les revues de M. de Massa ne sont rien, et le plus surprenant est de rencontrer, parmi les auteurs dramatiques des Tuileries, — qui ? le général Frossard.

Le futur maréchal de Forbach s'amusait à tourner le couplet et instruisait le Prince impérial en écrivant pour lui des scènes de vaudeville. On se souvient que le petit prince et le jeune Conneau jouèrent, une fois, sur le théâtre aujourd'hui brûlé des Tuileries, un vaudeville de E. Labiche, la Grammaire, une des plus jolies comédies du répertoire du Palais-Royal. L'héritier présomptif s'exerçant aux rôles de Geoffroy et d'Hyacinthe !

Mais il arriva que le général Frossard , trouvant que la pièce était incomplète, voulut ajouter des scènes spéciales et des couplets et de son propre esprit à l'esprit de Labiche. Abandonnant pour un jour ses plans de campagne, il bâtit un scénario, inventa une charade et rima un dénouement. Quelle tête encyclopédique 1

L'œuvre inédite du général Frossard paraîtra sans doute curieuse. Je ne crois cependant point qu'elle fasse oublier Forbach .

Le sujet de la Grammaire est connu. Un ancien négociant , retiré au village. Caboussat , ignorant et ambitieux de ceindre l'écharpe du magistrat municipal, étudie la Grammaire et pâlit sur ce Noël et Chapsal que Jules Vallès voulait supprimer, et il hésite à marier au fils de l'archéologue Poitrinas, sa fille qui est son orthographe vivante, lui écrit ses lettres et ses professions de foi , sauvant ainsi l'honneur de son père qui, grâce à elle, passe pour un savant 1

Tout s'arrange à la fin. L'archéologue Poitrinas est aussi sot que Caboussat et tout finit par des chansons et par un mariage . Le général Frossard , complétant la pièce, avait ajouté le dénouement qui suit * :

caboussat, à Poitrinas.

Mon cher ami , avant de nous rendre à la séance de l'Académie, pour ma réception, je veux vous faire une proposition.

poitrinas, d'un ton de supériorité.

Parlez, mon ami, je suis tout disposé à vous satisfaire.

caboussat.

Je vous propose de deviner une charade.

POITRINAS.

Une charade ! . . . en latin?

CABOUSSAT.

Oh! non, en français. Je ne sais même pas si l'or-

i. Toute cette scène fut trouvée écrite de la main de M, Frossard,

tbographe y sera bien. {Bas., Vous savez que ce n'est pas la mon fort.

POJTRINAS.

Je vous écoute.

JEAN

Moi aussi.

POITRINÀS,

Cela ne te regarde pas , toi !

CABOUSSAT.

Mon premier est une fâcheuse maladie, qui est comme la confiance ; elle se gagne. — Ce n'est pas avec mon second qu'on la guérit, cette maladie; c'est avec autre chose. — Souffrez que je n'en dise pas davantage. -7 En tout cas, j'aime mieux avoir à mon troisième le second que le premier. — Quant à mon tout... ' ■

POITRINAS.

Ah ! voyons le tout !

CABOUSSAT.

Le tout, mon cher ami, vous l'affectionnez beaucoup, vous le poursuivez sans cesse, mais vous ne l'attrapez pas toujours! Cherchez-moi ça!

poiTRiNAS, cherchant.

Je crois être sur la voie!

JEAN

Romaine?..,

POITRINAS.

Ça ne te regarde pas. {A Caboussat.) Mon ami, ce doit être choléra-morbus. Une maladie, morbus, c'est limpide.

TOUS

Oh! oh!

CABOUSSAT.

Vous n'y êtes pas !

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